Critiques

VINGT-CINQ (Critique Saison 1 Episodes 1×01 – 1×03) Quand on aime on ne compte pas…

SYNOPSIS: Jeremy ne se remet pas de sa rupture avec son amour de jeunesse. Entouré de son groupe d’amis d’enfance, il recommence à zéro. Entre humiliations, erreurs, et premières fois ratées, à l’approche des 30 ans, la petite bande réalise qu’ils n’ont pour l’instant rien accompli.

D’abord il y a le label. OCS Signature a imposé sa singularité, sa perception de l’époque, sa maturité dans un format encore trop snobé par la grande majorité des chaines de télévision en un temps record et en autant de séries, abordant des genres divers et variés tout en respectant des budgets que d’aucuns qualifieraient d’anecdotiques. De In America à Templeton, de José à Alphonse Président en passant par les éclatantes réussites que sont Missions, Irresponsable et Les Grands, OCS Signature est désormais une marque respectée et attendue (qui connait aussi des couacs comme La Bouse) mais qui ose se lancer dans des aventures osées, différentes et prometteuses avec à leur bord des auteurs et des comédiens qui jouissent, sinon de suffisamment de moyens mais possèdent au moins une liberté qui leur donne des ailes créatives. Avec Nu et Vingt-Cinq, toutes deux présentées lors de l’édition 2018 du Festival Séries Mania, OCS peut à nouveau se targuer de propositions originales qui ne possèdent guère d’équivalent dans le paysage audiovisuel français. Avec Vingt-Cinq, elle retrouve cette tonalité qui sied si bien à ses plus belles réussites, celle de la dramédie, dont elle épouse les codes avec virtuosité et réussit même le prodige de le signifier dès la toute première scène qui est un exemple d’entrée en matière cinglante comme peu de séries françaises parviennent à le faire. Mélange renversant d’humour, de mélancolie, de situations à la fois dramatiques et pathétiques, qui une fois en fusion forment un ensemble d’une implacable cohérence, Vingt-Cinq possède un univers bien à elle qui balance entre sincérité, générosité et attendrissement. Sur les trois premiers épisodes que nous avons pu découvrir, elle développe sa personnalité atypique, nous émeut et nous amuse et invente ses propres codes, sa propre grammaire, entre poésie décalée et humour burlesque.

Écrit et réalisé par Bryan Marciano (qui a contribué aux scénarios des Gamins et du Brio) en collaboration avec Noé Debré, Yohan Gromb et Anthony Marciano, Vingt-Cinq tire sa force de dialogues justes et percutants dits par une distribution remarquable. L’auteur-réalisateur qui tient également le premier rôle balade une dégaine désabusée et un naturel ahurissant. Autour de lui, Pablo Pauly (Patients) continue de démontrer qu’il prend une ampleur de plus en plus folle, aussi à l’aise dans la comédie débridée que pour faire passer des émotions fortes. Bonnes pioches également avec Alexandre Boublil et Pierre Lottin aux physiques et aux phrasés expressifs qui nous valent des moments savoureux. Quid des femmes dans cette série pour laquelle nous n’avons cité que des hommes jusque là? Elle sont loin d’être accessoires et comme dans la vie elles sont le déclencheur de tout, nous poussant à nous remettre en question et nous obligeant à nous poser les bonnes questions sans pour autant ne représenter que le côté rationnel. Elles ont tout autant leur grain de folie et de personnalité à défendre et que ce soit Léa Millet, Marie Petiot, Juliette Bettencourt ou Esther Garrel, elles le font de manière éclatante. Pas étonnant par ailleurs et même vraiment cohérent de trouver à la production Géraldine Nakache tant notamment Tout ce qui Brille ou Nous York transpirait des mêmes préoccupations et de cette même appétence pour la dualité entre l’émotion et la comédie.

Vingt-Cinq, avant d’être une fiction générationnelle, est une fiction universelle, de par les thématiques qu’elle aborde et grâce à l’empathie et au naturel véhiculés par les comédiens. Si la série stigmatise le malaise d’une génération qui se cherche, tâtonne et avance en marchant sur des œufs vers un avenir incertain, elle parlera à tout le monde en ce qu’elle raconte des préoccupations qui vont au-delà de l’âge et de la condition. Elle aborde des sujets qui nous concernent toutes et tous (la déprime, la précarité de l’emploi, le sexe, l’appréhension du futur, l’envie de se ranger et la peur d’être prisonnier, la perte du désir, le délitement des sentiments…) et c’est fait avec une telle sensibilité et une telle approche des rapports humains que l’on ne peut-être que touché par ce miroir qui nous est renvoyé. Parfaitement équilibrée entre ses élans mélancoliques et sa drôlerie, entre son amertume et ses bouffées d’espoir, Vingt-Cinq nous a renversé. Le miracle perdurera t-il sur l’ensemble des 12 épisodes? On attend  la suite avec l’envie et l’appréhension qui précèdent les grandes histoires d’amour.

Crédits: OCS

 

 

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