Critiques

VINGT-CINQ (Critique Saison 1) Le plus bel âge de la saison…

SYNOPSIS: Jeremy ne se remet pas de sa rupture avec son amour de jeunesse. Entouré de son groupe d’amis d’enfance, il recommence à zéro. Entre humiliations, erreurs, et premières fois ratées, à l’approche des 30 ans, la petite bande réalise qu’ils n’ont pour l’instant rien accompli.

On avait adoré les trois premiers épisodes de Vingt-Cinq la nouvelle série OCS Signature présentés lors du dernier Festival Séries Mania. Ils nous avaient emballés littéralement tant par la richesse d’écriture, la profondeur des sentiments qu’ils véhiculaient, la force du pouvoir d’identification qui traversait l’écran et l’empathie phénoménale que dégageait les personnages et par conséquent les comédiens et comédiennes qui leur prêtaient leurs traits. Si on avait été renversés par cette entame de saison, si nos cœurs battaient la chamade au rythme de la découverte d’une série qui tutoyait aussi vite les mêmes sommets qu’Irresponsable et Les Grands, notre emballement était forcément escorté des doutes et des craintes que le reste de la saison soit à la hauteur de ces débuts parfaits. On avait beau y croire et avoir la conviction que cette pépite ne pouvait pas s’écraser sur le mur de nos illusions, nous devions en avoir le cœur net. Inutile de faire durer le suspense plus longtemps, nous avons regardé l’intégralité de la saison 1 de Vingt-Cinq (et l’on insiste bien sur le 1 car il n’est pas possible qu’une telle réussite ne déploie pas plus avant de telles qualités d’observation, d’écriture et de finesse) et du premier au dernier épisode notre enthousiasme ne s’est pas démenti un seul instant.

Quel plaisir de découvrir une série qui parle autant de nos souvenirs que de notre époque, qui s’inscrit dans une génération tout en parvenant à faire écho à toutes les autres, une série qui vous touche, vous émeut, vous fait sourire, une série qui invente et qui avance avec des accents de nostalgie, d’humanité et de profondeur dont le label OCS Signature peut aujourd’hui s’enorgueillir. Avec à son catalogue des séries de plus en plus capables de capter l’ère du temps et de parler à un public de plus en plus large sans pour autant renoncer à ses spécificités ni renier ses principes de base, OCS permet à des auteurs d’éclore et de montrer la force de leur talent dans un écrin de liberté. Avec Vingt-Cinq c’est Bryan Marciano qui démontre ses qualités, sa force d’écriture, l’acuité de son œil pour croquer des situations touchantes avec verve et sensibilité, l’humour et la mélancolie qu’il porte en lui, le sens du décalage et de la musicalité des dialogues, comme le fils spirituel d’un Francis Veber et d’un Claude Sautet (comme le dit pour ce dernier la productrice associée de la série Géraldine Nakache) et sans être seulement un démiurge, il partage avec une équipe incroyable les fruits d’un travail de développement de cinq ans.

Autour de Bryan Marciano, tendre et lunaire, c’est une distribution chorale harmonieuse qui donne naissance à une bande de  potes dont on voudrait faire partie. Il y a les mecs bien sûr, Pablo Pauly déchainé et hilarant, Alexandre Boublil révélation d’une redoutable justesse, Pierre Lottin surprenant et émouvant. Mais il y a aussi les filles et pas des moindres, leurs rôles étant finement écrits et les caractéristiques attendues paraissant même être inversées. Grâce à Léa Millet, pétillante, Juliette Bettencourt, pétulante, Esther Garrel, délicate et Marie Petiot épatante, les filles sont maîtresses de leur destin, elles ne sont pas des femmes objets, ni des utilités, elles mènent la danse tandis que les gars sont fragiles, que leurs carapaces se craquellent et qu’ils cherchent à forger leur identité à l’âge où ils devraient façonner ce qu’ils vont devenir. On est vraiment dans une série de 2018, juste dans ce qu’elle raconte, moderne dans son propos et qui offre des interactions réjouissantes entre les protagonistes. Formellement, la réalisation de Bryan Marciano est intelligente, avec des idées qui prennent en compte les contraintes budgétaires tout en faisant des propositions qui font au final une force de ces contingences (l’épisode 9 est à ce titre une véritable réussite narrative). Cocasse, tendre, inventive, pleine d’à-propos et de finesse, la série s’impose avec maestria comme une éclatante réussite. On pourrait chercher des détails, faire des micro-reproches histoire de pinailler et de ne pas paraître trop acquis à la cause, mais non, rien à faire, Vingt-Cinq est d’ores et déjà le plus bel âge de la saison.

Notre critique des 3 premiers épisodes ici

Crédits : OCS

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s