Critiques

IRRESPONSABLE (Critique Saison 2) Une flamme qui ne vacille pas…

SYNOPSIS: Julien, désormais pion à mi-temps dans le collège de son fils Jacques, où travaille également son ex Marie, continue de se la couler douce chez sa mère Sylvie. Mais quand un évènement inattendu remet en question la cohabitation avec cette dernière, Julien se retrouve contraint de chercher toutes les solutions possibles pour devenir enfin autonome. Sauf qu’apprendre à vivre en adulte indépendant pour la première fois à 32 ans n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît…

« On se sent bien devant Irresponsable comme avec une série doudou dans laquelle on peut se lover confortablement. C’est ce qui en fait le prix. Certes ce n’est pas une série parfaite, ce n’est pas un ovni totalement novateur,  forcément certaines inspirations semblent évidentes (Judd Apatow, Woody Allen…), les enjeux dramatiques mettent un peu de temps à se mettre en place, mais elle fait souffler sur la fiction française un vent de fraicheur tellement agréable qu’on n’a qu’une envie. Vite les retrouver. » écrivions-nous en mai 2016 lors de la première saison d’Irresponsable, série créée par Frédéric Rosset, ex étudiant de la Femis et qui nous avait plus qu’agréablement surpris. S’il a fallu attendre un petit peu plus longtemps que ce que nous escomptions, la saison 2 de ce qui est devenu l’emblème de la série de comédie de 26 minutes fine et pétulante arrive enfin sur OCS. Avec toujours la même équipe pour présider à sa destinée: Frédéric Rosset bien sûr, Camille Rosset (co-scénariste), Stephen Cafiero (réalisateur) et son quatuor de comédiens principaux, Marie Kauffmann, Nathalie Cerda, Théo Fernandez et Sébastien Chassagne.

IRRESPONSABLE SAISON 2 1 CLIFF AND CO

On aurait pu craindre que, ployant sous les dithyrambes, la série et ses forces créatives ne se reposent sur leurs lauriers et ne nous resservent la même soupe ad nauseum. Fort heureusement, le succès n’est pas toujours paralysant et c’est nanti d’une vivacité explosive, d’un état d’esprit toujours joyeux et d’une flamme qui ne vacille pas, que la série revient pour une nouvelle salve de dix épisodes. Et c’est une réussite totale qui bonifie ses bons points d’origine et se paye même le luxe de faire sa mue en poursuivant une veine entamée en seconde partie de saison une. En faisant appel à une tendresse qui imprègne certains moments clés de la saison et qui démontre avec force que la comédie n’est jamais aussi puissante que contrebalancée par une sincérité et une émotion diffuse, la saison 2 d‘Irresponsable trouve le parfait équilibre. Le mouvement de balancier, entre la drôlerie des situations, la force comique des dialogues d’un côté et la dramaturgie propice à un lâcher prise des personnages qui peuvent enfin se laisser aller à leurs sentiments, de l’autre, est parfait. On se surprend à rire que, l’instant d’après, une réplique, un geste ou une interaction entre les personnages nous émeut. Irresponsable n’en devient pour autant jamais un drame évidemment mais la série ose emprunter certains sentiers avec subtilité, sans avoir besoin d’appuyer ses effets et en conservant la justesse de son regard ainsi que sa faculté à dénicher le rire dans les situations difficiles. Il faut dire que la qualité des dialogues, l’acuité à dénicher le bon mot, le sens avéré des punchlines est un art que Camille et Frédéric Rosset maitrisent de mieux en mieux et on sent leur écriture presque libérée de l’envie de bien faire qu’on pouvait ressentir par moments en saison une. Si les thématiques sont à nouveau brillamment explorées (les responsabilités, l’éducation, la solitude, l’insouciance…), pour pinailler, on avouera trouver l’épilogue de cette saison quelque peu tiré par les cheveux, même si il a le mérite de poser parfaitement les bases de la saison 3 qui sera potentiellement la dernière.

IRRESPONSABLE SAISON 2 2 CLIFF AND CO

Si c’était déjà le cas, c’est encore plus vrai avec ces nouveaux épisodes mais il y a une musicalité dans l’écriture d’Irresponsable qui donne le tempo aux situations et offre aux comédiens la possibilité de faire mouche par une inflexion vocale ou une attitude irrésistibles de drôlerie. Ce talent, rares sont les auteurs en France à le posséder. Cette musicalité est renforcée par la réalisation de Stephen Cafiero, qui ne surligne jamais ce qui est dit mais accompagne et embellit le mouvement avec fluidité et efficacité. Pour que la partition devienne symphonie, Irresponsable peut surtout s’appuyer sur une formidable distribution. Marie Kauffmann, Nathalie Cerda et Théo Fernandez ainsi que deux nouveaux formidables personnages -qui font leur arrivée dans la série et que l’on vous laissera le plaisir de découvrir- sont absolument parfaits emportant sur des sommets de fantaisie des scènes absolument jubilatoires. Et puis bien sûr il y a Sébastien Chassagne. Si en saison une, il nous avait bluffé, il a depuis fait parler la poudre dans plein de projets différents où il a fait montre d’un talent fou (Transferts, Quadras…). A ce niveau là ce n’est plus du potentiel même si le festival de Luchon lui a décerné le Prix du meilleur espoir masculin (et meilleure réalisation pour Stephen Cafiero). Ce qu’il fait dans la saison 2 d’Irresponsable est littéralement prodigieux. Avec son air de ne pas y toucher, sa façon unique de s’approprier les dialogues et une faculté  à faire rire sans jamais surjouer  il est le moteur de la série qu’il propulse à la vitesse de la lumière à un très haut niveau. Si Irresponsable reste à ces hauteurs-là en saison 3, on commencera à manquer de superlatifs.

Crédits: OCS

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