Critiques

NOX (Critique Mini-Série) Nox ne fait pas que genre…

NOX AFFICHE CLIFF AND CO

SYNOPSIS: Lorsque sa fille Julie disparaît dans les sous-sols de Paris sans laisser de trace, Catherine Susini est persuadée qu’elle seule pourra la retrouver. Ancienne flic, à la retraite autant qu’à la dérive, elle devra se résoudre à faire équipe avec Raphaël, le coéquipier de sa fille. Ensemble, ils vont quitter la surface et s’enfoncer dans les tréfonds de Paris pour se lancer dans une course terrifiante et effrénée aux allures de descente aux enfers.

Ça commence comme un polar dont la télévision française est friande, même si d’emblée, l’enveloppe est différente, une ambiance sombre et poisseuse, une histoire glauque, mais une enquête, de prime abord, traditionnelle. Puis petit à petit, subrepticement, Nox va glisser dans le noir absolu pour devenir une mini-série de terreur absolument glaçante. Si les séries françaises sont désormais régulièrement capables de s’affranchir des conventions pour pousser les curseurs de plus en plus loin (Profilage, Engrenages, Le Bureau des Légendes, Les Témoins, Transferts…), on ne s’attendait pas à ce que Nox, nouvelle mini-série de six fois 52 minutes aille aussi loin et passe avec une telle maestria de l’enquête policière à la série de genre, du thriller à l’horreur. Et pourtant on aurait pu avoir quelques indices en regardant les noms qui président aux destinées de Nox. Fred Cavayé (A bout Portant, Mea Culpa…), qui en a eu l’idée originale, Quoc Dang Tran (Intrusion) et Jérôme Fansten. Des gens qui aiment et respectent la fiction de genre et la portent à son firmament avec un sens du rythme, une intrigue ingénieuse et une plongée au plus près de la psyché et de la noirceur de l’âme humaine. Avec la complicité à la réalisation de Mabrouk El Mechri (JCVD, Sans Issue, Maison Close…), qui manie la caméra avec un punch et une dextérité saisissante, Nox nous promène dans les dédales des sous-sols parisiens, nous fait croiser les populations et les milieux interlopes les plus dangereux et anxiogènes (le métro, les combats clandestins, le dark net…) et nous brinquebale entre anxiété et claustrophobie avec une redoutable efficacité.

Un récit aussi sombre soit-t-il doit bénéficier de personnages qui soient suffisamment forts et humains pour créer à la fois la tension propice au thriller, l’empathie nécessaire lorsque la terreur s’installe et parvenir à susciter l’inquiétude et l’angoisse quand les personnages principaux sont mis en danger. Si la série se pare d’un récit intriguant qui navigue entre le conte et le mythe de la descente aux enfers (Dante et Béatrice, Orphée et Eurydice, de l’aveu même de Quoc Dang Tran), Nox raconte aussi en creux la violence qui gangrène la société et pousse certaines personnes à céder au côté obscur et à commettre des actes délétères. Des actes d’une cruauté absolue que Nox ne se contente pas de suggérer et qui nous poussent dans nos retranchements intimes, face à nos peurs les plus profondes. La série ne détourne pas les yeux de la violence et assume pleinement sa dimension terrifiante laissant le téléspectateur groggy avec notamment un pic de tension extrême à l’épisode 4 qui n’est pas à mettre devant tous les yeux.

L’ingéniosité du scénario réside aussi dans tout ce qui est laissé à l’appréciation du téléspectateur. Catherine Susini, le personnage incarné par Nathalie Baye par exemple se révèle dans les non dits, dans son incapacité à accomplir son rôle de mère, dans son désir irrépressible de rédemption. Sa quête pour sauver sa fille l’amène à ne se raccrocher qu’à son but en faisant fi totalement de la légalité. Nathalie Baye est excellente dans ce rôle de forte tête qui jure et ne craint rien, ni personne, si ce n’est de ne pas retrouver sa fille. L’actrice fait preuve d’un aplomb impitoyable et d’un jeu remarquable d’efficacité. Face à elle Malik Zidi, en flic pétri de culpabilité et qui veut à tout prix retrouver sa coéquipière pour trouver la paix intérieure est formidable d’intensité et de fièvre prêt à exploser comme une cocotte minute. Maïwenn, dont le personnage de Julie est tout l’enjeu de la série est forcément moins présente à l’écran mais elle a quelques scènes très puissantes à jouer. On retrouve également l’excellentissime Frédéric Pierrot, et les présences surprenantes dans ce registre des saisissantes Noémie Lvovsky et Valérie Donzelli. A noter également pour parfaire le prestige de Nox, les participations de Lubna Azabal et de Sergi Lopez. En nous rappelant par certains aspects des réussites étincelantes comme Intrusion, En Immersion ou Au-delà des murs, Nox, prenante et addictive à l’instar des meilleurs page turner, est une réussite totale qui ne craint pas d’aller là où ça fait mal sans céder la moindre concession à la bienséance d’une télévision française qui n’est jamais aussi forte que lorsque le noir la drape.

Crédits: Canal + / Gaumont Télévision

 

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2 réponses »

  1. L’histoire est peu banale seulement l’erreur de casting est justement Nathalie Baye.on y croit pas une seconde à son personnage de flic en retraite. Peu crédible dans un rôle qui la dépasse.

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