Critiques

PROFILAGE SAISON 8 (Critique Épisodes 7-10) Une fin de saison qui tutoie les sommets

A lire la critique de la saison 8 Épisodes 1 à 6 ici

Après 6 épisodes extrêmement réussis Profilage met un terme à sa huitième saison avec quatre épisodes qui font encore monter d’un cran la qualité de la série de TF1. Non seulement Profilage a su se renouveler, faire sa mue après le départ d’Odile Vuillemin et faire en sorte que Juliette Roudet prenne le lead de la série avec une vraie poigne mais son personnage est désormais une héroïne au sens le plus strict du terme, dont les enquêtes, sa manière de réfléchir, de collecter les indices mais aussi évidemment les soubresauts de sa vie privée nous passionnent encore et toujours plus. Le double épisode (7 et 8) intitulé Intime Conviction est une superbe réussite, parfaitement agencée avec un scénario profond, réservant son lot de rebondissements. Le personnage de Lucie Camus, qui est au centre du récit est assez incroyable et existe en un claquement de doigts par la grâce de l’interprétation habitée d’Alexandra Roth qui est incroyable de fantaisie et de souffrance mêlées. Ce double épisode qui présente plusieurs personnages passionnants est vraiment très addictif (on notera notamment l’apparition du toujours très bon David Kammenos, le héros de la saison 4 de Falco). Une histoire solide donc, combinée à une interprétation haut de gamme qui permet à une artiste invitée de damer le pion en terme d’intensité dramatique au personnage central de la série et, avouons-le, ce n’était pas gagné d’avance. Les autres personnages sans être en retrait sont pourtant contraints d’avoir des partitions à jouer plus modérées mais signalons que le côté vaudeville qui mêlait les personnages d’Hyppolyte (Raphaël Ferret), Jessica (Diane Dassigny) et Emma (Sophie de Fürst) s’estompe et que Raphaël Ferret retrouve même une fantaisie et un humour qui nous ravit. Pour l’anecdote, il s’agit aussi du troisième double épisode de la saison, ce qui permet de construire des récits encore plus étoffés et passionnants.

Les épisodes 9 et 10 avaient la lourde tâche de mettre un terme à cette saison très réussie et disons-le tout net le challenge est relevé au-delà de nos espérances. La série a beau s’être fait une spécialité des fins de saison inattendues et haut de gamme, cette conclusion en guise d’opéra funèbre est imparable de densité, de suspense et de tension. Si pour nous, la fin de la saison 5 est ce que Fanny Robert et Sophie Lebarbier ont réussi de plus fort, ce final est sans conteste possible celui qui s’en rapproche le plus en terme de qualité, de puissance narrative et de cliffhanger haletant. Réussite artistique complète, l’épisode 9 nous plonge dans le bain d’un récit qui nous tient en haleine et propose une intrigue policière digne des plus grands romans noirs et dont la fin nous emmène vers un épisode 10 de très très haut niveau. Tous les fils narratifs et les indices disséminés en amont se croisent pour nous amener à cette conclusion incroyable où Thierry Gimenez amène le personnage d’Argos à tutoyer les sommets de l’ignominie et de la duplicité. L’acteur se rapproche des bad guys les plus sombres de la télévision et son interprétation glaçante le place même dans la lignée d’un Anthony Hopkins ou d’un Mads Mikkelsen dans la peau d’Hannibal Lecter. « Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film ». Oui nous sommes bien dans une série et nous nous battons pour que le vocabulaire soit employé à bon escient mais cet axiome d’Alfred Hitchcock s’applique ici à la perfection. Évidemment, précisons aussi que l’acteur ne peut être aussi juste et intense que parce qu’il a face à lui une comédienne dont on peine désormais à trouver les superlatifs pour la qualifier. Juliette Roudet nous propose des variations nouvelles dans son jeu déjà si puissant et dense, qu’elle parvient non seulement à nous surprendre encore, mais aussi à nous émouvoir et à nous coller des frissons jusqu’à une séquence finale qui présage d’une saison 9 dont on serait bien en peine de savoir comment elle parviendra à raccrocher les wagons. Mais Fanny Robert, Sophie Lebarbier et Maxime Berthémy nous ont prouvé qu’ils pouvaient encore renouveler et hisser le niveau de la série, ce qui est vraiment très très rare pour une huitième saison. Profilage nous emmène sur des hauteurs que peu de séries françaises peuvent se targuer d’atteindre. Ce n’est pas la moindre de ses qualités.

Crédits : TF1

 

 

 

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