Critiques

GAME OF THRONES SAISON 7, récap episode 7 et Bilan : Une fin haletante, mais brouillonne.

ATTENTION SPOILERS INSIDE

Retrouvez ici les résumés des épisodes de la saison 7 :

Episode 1

Episode 2

Episodes 3 & 4

Episode 6

Le final de cette saison 7 de Game of Thrones est un condensé des qualités et des défauts de la série. Beaucoup de choses se passent, beaucoup d’informations capitales sont lâchées, mais pour que tout cela tienne en 1h20, les auteurs ont dû, encore une fois, forcer sur les coutures du réalisme, au profit du spectaculaire.

Résumé de l’épisode 7 : Le Dragon et le Loup

Pour ce final, tout le monde est de la fête : Les Immaculés ont dû trouver un moyen de sortir de Casterly Rock, vu qu’ils font la grue devant Port-Réal, rapidement rejoint par ces foufous de Dothrakis. Euron Greyjoy et son immense flotte mouillent également dans la baie de la capitale. Face à eux, un tout petit navire Targaryen transporte les émissaires de Daenerys, envoyés pour la tant attendue rencontre avec l’actuelle Reine de Westeros, Cersei. Tyrion, Missandei, Jorah, Varys (qui, pour une fois, n’ouvrira pas la bouche de l’épisode), mais aussi Jon, Theon, Davos, Clegane et son cartable géant renfermant la preuve vivante (ou morte, c’est selon) de l’existence de l’armée des White Walkers, tous sont là pour une réunion hautement dangereuse. Brienne et Podrick, envoyé de Winterfell, se joindrons à la joyeuse troupe, guidée par Bronn vers le Dragonpit (là où étaient enfermés les Dragons il y a encore quelques siècles, et où nombre d’entre eux ont trouvé la mort), lieu tout en symbole choisi par la Reine pour tenir leur rencontre au sommet. Les joyeuses retrouvailles sont marquées par quelques échanges entre vieux camarades :

Podrick semble content de retrouver Bronn et Tyrion, qui lui même exprime sa joie de retrouver son ancien bras droit.

Clegane et Brienne, hier ennemis mortels, discutent du destin de leur petite protégée en commun, Arya Stark, qui a pris du galon depuis leur dernière rencontre (où le limier avait été laissé pour mort par la Pucelle de Tarth)

Clegane toujours, une fois face à la délégation Lannister (composée de Cersei, Jaime, Qyburn et Euron Greyjoy), n’oublie pas de saluer son frère favori, Gregor, toujours mort mais toujours debout, l’œil rougi par l’émotion (où le fait d’avoir été ressuscité par Qyburn, chacun fera son choix). Le Limier lui rappelle que les internets attendent impatiemment un Cleganebowl, moment où les deux frères s’affronteront à mort. Ce ne sera pas pour aujourd’hui.

Euron, toujours le bon mot au bon moment, interrompt Tyrion qui démarre son allocution, en exigeant de Theon qu’il lui jure allégeance, sans quoi il n’hésitera pas à exécuter Yara. Pas très poli, ce que ne manquent de lui rappeler Tyrion, Jaime, et Cersei. Une belle démonstration d’entente frères-sœur comme on en a pas vu depuis plusieurs saisons, qui ont raison de l’insolence du Capitaine, qui retourne s’asseoir, tout penaud.

Cette fête des anciens est bien jolie, mais personne n’est là pour éplucher des carottes. Cersei, est étonnée de ne pas voir Daenerys parmi la délégation de la #teamdragon. Elle arrive lui dit Tyrion, et on se doute que ça ne sera pas à dos de mulet. Effectivement, la jeune Targaryen sait soigner ses entrées, et arrive chevauchant Drogon, histoire de montrer qui c’est le patron. Cersei, qui en a déjà vu d’autres, n’est impressionnée ni par les dragons, ni par ce drôle de Roi du Nord, habillé comme un tapis Ikea, qui vient de prendre la parole, ni par ce qu’il dit, une étrange histoire de Mur, de morts, et de leur armée qui va zigouiller tout le monde. Par contre, elle est légèrement interloquée par l’espèce de junkie en manque de fix qui, tel un diable, surgit de la boîte dont l’a délivré Clegane, et qui gigote encore quand on le coupe en petits morceaux. La preuve de l’existence des White Walker, qui a exigé tellement de sacrifice à ramener des Terres du Nord, fait son petit effet : Jaime bondit de sa chaise, la mâchoire au niveau de ses genoux quand il réalise le danger, encore plus grand que les Dothrakis et les dragons, que représentent ces nouveaux adversaires ; Qyburn a les yeux d’un enfant devant une baignoire de glace double chocolat lorsqu’il comprend qu’il n’est qu’un stagiaire dès qu’il s’agit de ressusciter les morts ; Cersei fronce le sourcil. Euron Greyjoy, jamais le dernier à se faire remarquer, demande si ces créatures savent nager. Non lui répond Jon. Très bien dit-il, je prends mes bateaux et je vais me cacher dans mes Îles de Fer, et bonne chance à vous tous. Il quitte le conseil, et cette saison 7, comme un prince.


Cersei, réaliste, accepte la trêve qu’est venu demander Daenerys, à condition que Jon, Roi du Nord, fasse la promesse une fois les White Walker défaits, de ne pas intervenir dans le conflit qui verra s’opposer les Lannister et les Targaryen. Élevé par Ned Stark, le type le plus borné que Westeros ait jamais vu naître, il ne met pas 2 minutes à apprendre à tout le monde que son honneur l’en empêche, puisqu’il a déjà promis allégeance à Daenerys. Cersei encaisse, et déclare qu’il n’y aura donc pas d’accord, quittant à son tour cette réunion. Elle laisse Jon derrière elle se faire gronder par, dans l’ordre, Daenerys, Tyrion, puis lui-même. Mais il tient bon, et assure qu’il a fait le bon choix de ne pas mentir. Il ne reste donc qu’une solution pour tenter de sauver la journée : que Tyrion aille parler à sa sœur seul à seul.

Tyrion regrette vite son choix, puisqu’il se retrouve, après un rapide échange avec son bro (qui lui dit qu’il va se faire zigouiller, pour ne pas lui mettre la pression), avec sa sœur face à lui, et Sir Gregor Clegane derrière lui, perspective peu réjouissante vous en conviendrez tous. Après quelques déclarations familiales émouvantes, notamment le fait qu’il aimait ses neveux et nièce malgré tout ce que Cersei peut en penser, Tyrion comprend soudainement que sa sœur est enceinte. Les bébés, comme souvent, semblent être un catalyseur d’ondes positives, puisque peu après, la Main de Daenerys revient vers sa Reine, suivi de Cersei, qui annonce envoyer ses troupes vers le Nord, pour combattre les Morts. Victoire.

De retour à Dragonstone, tout le monde se retrouve au conseil de guerre, pour prendre une décision : Daenerys viendra par bateau, et non à dos de dragon, vers le Nord. Vous vous dîtes surement que cette précision est inutile, puisque tout le monde depuis le début de la saison semble prendre le Concorde pour se rendre d’un point A à un point B, et pourtant cette fois-ci le détail aura son importance.
Sortant du conseil, un très beau moment se passe entre Theon et Jon. Rappelons que ce dernier a expliqué au fils de Balon qu’il était à deux doigts de lui couper la tête il y a peu. Cette fois-ci, le Roi du Nord est apparemment dans de meilleures disposition, puisqu’après un discours émouvant, il pardonne Theon de ses péchés, en tous cas en ce qui le concerne. Il n’en fallait pas plus pour que Theon se voit pousser une paire (pardon pour cet humour de mauvais goût), et s’en aille vaillamment ordonner à ses hommes de le suivre dans une aventureuse tentative pour sauver Yara. Les soldats Greyjoy ne sont pas pas vraiment enchantés par l’idée, mais il suffira à Theon de montrer lors d’un combat tous les avantages qu’il y a à ne pas avoir de testicules pour triompher de son adversaire, et déverser par-là des torrents de testostérone. Les soldats Greyjoy ne jurant que par ça, ils décident tous que finalement, aller affronter la flotte d’Euron pour sauver une seule personne est finalement une bonne initiative. Attendez-vous donc dans la saison 8 à retrouver un Theon tentant d’aller chatouiller la patience de son oncle.

A Winterfell, Littlefinger poursuit son travail de sape auprès de Sansa, qu’il aimerait monter contre sa sœur, afin, on l’imagine, d’avoir les coudées franches pour la suite de son plan, que l’on suppose être tuer tout le monde pour conquérir le Trône de Fer. Les choses semblent fonctionner, puisque Sansa convoque Arya à un conseil qui semble plus que préparé à des effusions de sang. Des dizaines de soldats armés sont là, Sansa et Bran sont assis derrière une table type tribunal, le tout sous une lumière faible, qui permet à Littlefinger, présent, de continuer à s’adosser à un mur et à laisser la moitié de son visage dans l’obscurité. Imaginez donc la surprise du bonhomme lorsqu’il est interpellé par la Dame de Winterfell pour répondre des accusations de meurtre et de trahison à son encontre qui sont, somme toute, le point de départ de la guerre entre les Stark et les Lannister. Le pauvre n’a pas vraiment de défense à faire valoir, puisque Bran se permet de lui rappeler quelques moments clés de son passé, que lui seul pourrait connaître. Lord Baelish s’effondre, pleure, supplie, dans un moment légèrement dégradant dont viendra heureusement nous sauver Arya, en égorgeant d’un éclair le traitre. A Winterfell, tout est donc enfin prêt pour la dernière saison de Game of Thrones, Bran, Sansa et Arya étant sur la même longueur d’onde avant le retour tant attendu de Jon, en route pour le Nord.


Mais en place de Jon, c’est ce brave Sam, qui lui aussi a voyagé en express, qui pointe son nez, en l’occurrence dans la chambre de Bran. Après quelques politesses d’usage, le dernier fils de Ned Stark révèle la vérité sur Jon, qu’il était le seul à connaître jusque là : Jon n’est pas son frère, mais son cousin, et ses parents sont Rhaegar Targaryen et Lyanna Stark. Le bâtard Snow est en fait un bâtard Sand, du nom que prennent les enfants illégitimes de Dorne, endroit où Jon a vu le jour. Sam intervient alors : Jon n’est pas un bâtard, car Rhaegar a annulé son mariage avec Elia Martell, pour épouser en secret Lyanna, comme il l’a découvert dans un des nombreux livres qu’il a emmené avec lui ! (Et pan la Corneille à trois yeux qui voit tout et qui sait tout !) Leur enfant est donc légitime, et, officiellement, héritier du Trône de Fer, avant même Daenerys. Ultime révélation : le vrai nom de Jon, c’est Aegon Targaryen.
Secret incroyable, qui est à peine gâchée par la façon dont il est révélé : en voix-off, Bran explique tout cela, puis termine sur le fait que Daenerys est la tante de Jon. Les images, elles, montrent Jon frapper à la porte de la cabine de sa tante donc, puisqu’ils partagent le même navire pour leur retour dans le Nord (vous étiez prévenu, ce détail a son importance), avant de lui faire fiévreusement l’amour. L’instant inceste de l’épisode vous a été amené par les Targaryen, tante et neveu, plutôt que par les Lannister, frère et sœur.
En parlant de Jaime et Cersei, ENFIN arrive le moment de rupture. Alors que Jaime prépare ses armées à se rendre sur le Mur pour défendre, en gros, le monde entier, sa sœur se rit de lui, expliquant que jamais au grand jamais elle n’a eu l’intention d’aider Daenerys. Elle en profite plutôt pour attendre la terrible Golden Company, armée de mercenaires venue d’Essos qu’elle a pu se payer avec l’or récupéré à Highgarden, et qu’Euron Greyjoy est en fait parti chercher. Il ne s’est donc pas enfui pour les Îles de Fer, et Jaime se sent trahi de ne pas avoir été dans la confidence. Homme d’honneur, il annonce à sa Reine son intention de se rendre tout de même au Nord donner un coup de main. Cersei refuse, et le menace d’exécution par la main géante de Gregor Clegane. En une seconde, Jaime comprend que le lien si fort avec sa jumelle est brisé. Il brave le danger, et s’en va, sans que personne ne lève la main sur lui En quittant port-réal, il est témoin des premières neiges de l’hiver, qui est arrivé jusque là.

Les dernières minutes de l’épisode nous donnent des nouvelles du Mur, puisque vous en demandiez. Tormund et Béric se baladent tranquillement sur l’arête de l’édifice, quand soudain ils voient apparaître les Whites Walkers, là tout en-bas. Ils n’ont pas le temps de paniquer que débarque Dead-Viserion, chevauché par le Roi de la Nuit en personne. Le dragon prend quelques minutes à faire fondre le Mur millénaire de ses flammes bleues claires. En un instant, Eastwatch et la majorité de ses occupants sont ensevelis sous la glace. Un passage béant s’ouvre entre les terres du Nord et Westeros, brèche dans laquelle se dépêchent de se faufiler les centaines de milliers de Morts de l’Armée de la Nuit. La suite dans presque 2 ans. Oui, c’est frustrant.

Analyse :

Un vrai problème de forme

Depuis le début de cette saison 7, une chose a marqué tous les esprits : la vitesse à laquelle les personnages se déplacent. C’est un euphémisme de dire que le rythme a bien changé depuis les premières saisons. Ce qui faisait l’une des forces principales de l’œuvre de George R. Martin, c’est sa capacité à amener des personnages tous fort bien écrits à se croiser les uns les autres, chacun influençant le destins des autres. Les exemples sont légions : Arya et le Limier, Jaime et Brienne, Jon et Ygrid, Littlefinger et Sansa.. Les parcours sont tous chaotiques, mais chacun fini par écrire son histoire. Cette construction lente, dense mais fascinante donne l’impression que l’histoire de Game of Thrones n’est jamais vraiment écrite. Des personnages principaux qui disparaissent subitement, des retournement de situation dû à des éléments du passé qui parfois avaient à peine été évoqués, des Deux ex-machina qui viennent sauver la situation. les mécanismes sont nombreux pour balader le spectateur entre émerveillement et désarroi, entre peur et rire, entre impatience et contentement. Et c’est paradoxalement ce rythme, lent mais compréhensible, qui donne toute son épaisseur au récit, qui créé l’attachement que l’on ressent pour les personnages, qui fait s’interroger sur ce qui va arriver au prochain épisode.

Depuis la fin de la saison 5, la série a dépassé les livres. La très imposante matière scénaristique sur laquelle repose l’édifice Game of Thrones est derrière nous. Si les auteurs ont pu se reposer, on le suppose, sur les éléments que Martin compte nous révéler dans Winds of Winter, le prochain tome de Game of Thrones, pour écrire la saison 6 et une partie de la saison 7, tout le monde a ressenti un manque crucial de profondeur dans certaines intrigues. On ne construit plus le récit autour des personnages, on les amène là où le spectateur sera heureux de les voir. On ressort des placards un Gendry, expédiant sa réintroduction en quelques scènes caricaturales, pour mieux le jeter au cœur d’une expédition type 7 mercenaires montée à la va-vite, et dont on a du mal à digérer la genèse. Là où un livre peut prendre son temps et plusieurs dizaines de pages à expliquer une scène, on synthétise tout à l’écran. Résultat : la rencontre finale entre Daenerys et Cersei perd en intensité, les vrais enjeux de l’histoire (convaincre Cersei que la fin du monde est proche, pour elle comme pour tout Westeros) étant dissimulés derrière des confrontations de personnages qui frôlent la provocation de catch. Que penser d’un Clegane qui provoque son frère gratuitement ? D’un Euron qui, tout rock’n roll qu’il soit, joue son Jack Sparrow du côté obscur pour humilier son neveu ?
On s’attache souvent à moquer les déplacement instantanés des personnages, là où ils mettaient parfois une saison, parfois deux pour traverser une montagne, mais le vrai problème, c’est que des Jorah, des Béric, des Clegane que l’on adorait suivre depuis longtemps, et qui ont eu l’occasion de prendre des dimensions passionnantes, perdent soudain de leur superbes, eux qui se résument parfois à des clichés d’eux-même.

Certes, il est compliqué de faire interagir autant de personnages que l’on adore. C’est l’effet Avengers, un défi qui impose un équilibre très complexe à trouver. Sans le talent de George Martin, parti se concentrer sur l’écriture des deux derniers tomes, difficile de nouer les fils de l’intrigue sans faire de nœuds.

Mais du grand spectacle

Pourtant, la chance de David Benioff et D.B. Wess, les producteurs et auteurs de la série, c‘est justement de pouvoir s’asseoir sur un héritage qui aura mis 5, voire 6 saisons à se bâtir. Pour les 13 derniers épisodes (les 7 de la saison 7, les 6 de la saison 8), ils ont fait le choix de privilégier les axes principaux de leur récit, sans plus vraiment se soucier des détails. Dommage pour la finesse du scénario, mais tant mieux pour l’efficacité ! On joue donc sur des dialogues forts entre personnages qui ne se sont jamais croisés auparavant, sur la résolution d’intrigues depuis longtemps attendu par les fans (l’origine de Jon, le destin du Mur, la passion du Roi du Nord et la Mère des Dragons, les retrouvailles des Stark), et surtout sur le spectacle. De ce point de vue là, la saison 7 est une pépite. Daenerys arrive à Westeros avec 3 dragons impressionnants, des Dothrakis, un stratège plus malin que les autres, bref, autant de munitions qui lui serviront à assurer le show. Attaque des chariots de marchandises des Lannister, combat naval d’Euron Greyjoy, et surtout l’incroyable premier combat entre le Feu et la Glace au-delà du Mur, autant de moments qui marqueront le spectateur durablement. Pour ce final, on garde le meilleur cliffhanger pour la fin, avec la chute d’une partie du Mur et l’entrée dans Westeros des terribles White Walkers, promettant une dernière saison peut-être pas fine dans son écriture, mais encore plus intense dans ses images. Allez, plus que 395 jours à attendre !

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