Critiques

PROFILAGE SAISON 8 (Critique Episodes 1 à 6) Toujours aussi addictive

ATTENTION : SPOILERS SAISON 7 INSIDE

SYNOPSIS: Adèle fait le deuil de sa sœur Camille, assassinée par Argos, et décide de se tourner vers l’avenir. Elle se consacre à son rôle de maman adoptive pour Ulysse, son neveu, et s’investit entièrement dans sa mission de criminologue auprès du Commandant Rocher, pour résoudre les enquêtes toujours plus prenantes de la DPJ. Encouragée par Jess, Adèle s’autorise enfin à se rapprocher de lui… Mais une femme issue du passé de Rocher réapparaît et sème le trouble entre ces deux âmes sœurs que le destin semble s’acharner à séparer… Et Argos attend toujours dans l’ombre, plus proche qu’on ne le pense, prêt à resurgir pour réclamer à Adèle ce qu’il estime être son dû…

La saison 7 de Profilage avait la particularité de voir son héroïne principale quitter la série et qu’elle soit remplacée par un personnage semi-récurrent. Une passation de pouvoir en douceur menée de main de maître par l’équipe créative de la série, de telle sorte que le départ d’Odile Vuillemin ne fut jamais un handicap pour Juliette Roudet dont l’incorporation définitive ne souffrait aucune contestation possible. Depuis la saison 5 de la série, Profilage porte haut les couleurs d’une fiction française ambitieuse, intense et prenante et elle est un véritable étendard de qualité pour TF1. Ceux qui attendent dans l’ombre que la série trébuche enfin pour aiguiser leurs fourches caudines en seront pour leurs frais. La saison 8 est le prolongement idéal d’une série qui a non seulement atteint la sacro-sainte maturité mais qui parvient encore à repartir dans de nouvelles directions grâce à des impulsions malignes qui lui donnent une certaine légèreté, non pas dans son traitement, mais dans les possibilités toujours plus larges qui s’offrent à elle. La fin de la saison 7 avait vu Adèle perdre ce qu’elle n’avait eu de cesse de rechercher des années durant et les dernières images l’avaient mise face à sa plus grande peur et sa pire souffrance : Argos.

Si Argos n’était qu’une voix à l’issue de la saison 7, il prend dès le formidable double épisode d’ouverture de cette saison 8, les traits d’un incroyable comédien qui habite le rôle avec une densité, une profondeur et une voix grave qui file le frisson. Thierry Gimenez qui fut le Père Bosco dans la magnifique série d’Arte Ainsi Soient-ils incarne la noirceur et la dureté d’Argos avec un incroyable charisme. Comédien de théâtre reconnu, Thierry Gimenez est un bad guy de premier ordre, réellement glaçant, sachant adopter de nombreuses variations dans son jeu et capable de toutes les nuances. Sa confrontation avec Juliette Roudet est un des gros points forts de cette nouvelle saison et nous réserve des moments forts en émotion. Juliette Roudet justement, qui en saison 7 avait confirmé les éclatantes prédispositions qu’elle avait montrées lors de ses apparitions précédentes dans la série, amène à Adèle une intensité et une force mêlée de fissures proprement remarquables. Si elle éclatait en saison 7, elle explose en saison 8 et les auteurs lui ont concoctés des intrigues puissantes à souhait où elle peut laisser éclater toute sa palette de jeu.

Il faut saluer la qualité des intrigues qui sont toujours aussi denses et noires. Après trois ans en tant qu’auteur au sein de la série, Maxime Berthémy supervise désormais une équipe de scénaristes et prend une place prépondérante aux côtés des créatrices de la série, Sophie Lebarbier et Fanny Robert. Les relations d’Adèle avec les autres membres de l’équipe sont développées et les histoires prennent place dans des univers divers et variés (la boxe, un secret de famille dans un château, l’espionnage…) où chacun des personnages est mis à contribution. Car si Profilage a une héroïne, il ne faut pas oublier que celle-ci travaille en binôme et qu’elle a autour d’elle tout une galerie de personnages qui s’affirme de saison en saison. Philippe Bas notamment n’est pas que le sparring-partner de Juliette Roudet. Leur interaction s’affine, leur complicité dans le jeu également et le comédien est bien plus nuancé que son image ne le laisse supposer et sa puissance animale est réellement envoûtante. Par contre, si on comprend l’envie des auteurs d’apporter une touche de comédie avec l’histoire à trois entre Hyppolyte (Raphaël Ferret), Jessica (Diane Dassigny) et Emma (Sophie de Fürst), la répétition veaudevillesque n’est pas toujours très fine, ce qui n’empêche évidemment pas les trois comédiens d’apporter leur fraîcheur dans d’autres sous-intrigues où ils s’illustrent bien plus brillamment. Les deux doubles épisodes qui se succèdent en ouverture sont par ailleurs vraiment très réussis et nous immergent dans la saison et si les épisodes 5 et 6 perdent en densité, ils ont d’autres atouts (dont la présence en guest de la trop rare Marie Christine Barrault ou le retour de Simon Astier derrière la caméra. Toujours aussi addictive, Profilage plonge dans les tréfonds de la psychée avec toujours cette même intensité. Elle n’en reste pas moins une grande série populaire dont les tourments qui l’escortent sont un miroir tendu à la noirceur de l’âme humaine.

Crédits: TF1

Publicités

2 réponses »

  1. Oh, la bonne surprise de découvrir Thierry Gimenez dans le rôle d’Argos ! Je l’avais tellement adoré dans Ainsi soient ils.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s