Critiques Cinéma

BLOODSHOT (Critique)

Bloodshot-affiche-cliff-and-co.jpgSYNOPSIS: Ray Garrison est un soldat tué en mission, et ramené à la vie par RST Corporations, l’entreprise qui l’a transformé en super-humain. Des nanotechnologies coulent désormais dans ses veines, ce qui le rend invincible. Il est plus fort que jamais et capable de guérir instantanément de ses blessures.

Depuis sa création en 1992 le personnage de Bloodshot (par Kevin VanHook, Don Perlin, et Bob Layton) est devenu le personnage le plus emblématique de la firme de comics Valiant en raison de son look très graphique et son appartenance au genre très populaire des héros impitoyables au passé mystérieux dans le sillage du Wolverine de Marvel. Comme lui il a un pouvoir de régénération, comme lui il est issu d’un programme secret du complexe militaro-industriel, comme lui enfin sa mémoire est des moins fiables. Ces dernières années avec la dernière itération de la firme sous la plume du scénariste canadien Jeff Lemire qui a développé la psychologie du personnage et autour de lui  un univers riche, il est devenu un personnage bien plus intéressant qu’à sa conception. Ces ingrédients en ont fait naturellement le candidat idéal pour une adaptation cinématographique et bâtir le saint-graal des studios : un univers partagé.

 

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Diesel joue le rôle de Ray Garrison, qui pense être un soldat de retour de mission et pense que son épouse a été assassinée par un mystérieux méchant (Toby Kebbell). Après avoir été abattu par ce même méchant lui-même, Garrison est ranimé par un scientifique nommé Emil Harting (Guy Pearce qui reprend ici essentiellement son rôle d’Iron Man 3 dans un film qui pille Memento de Christopher Nolan qui plus est). Les expériences de Harting ont ramené Garrison à la vie avec des super-pouvoirs. Le soldat a maintenant des nanobots dans son sang qui lui donnent une super force et des capacités de guérison. Garrison s’évade rapidement des installations de Harting et, après une poignée de séquences d’action bien exécutées où il élimine la garde qui protège sa cible , trouve la vengeance qu’il recherche et abat l’assassin de sa femme. Une fois retourné à la base Harting ses nanobots sont désactivés et sa mémoire effacée , à son réveil le voilà revenu au point de départ avec le désir de venger sa femme mais cette fois-ci le visage de l’assassin n’est plus le même…

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Le mélange Robocop-Memento-Terminator-Upgrade est inhérent au concept , mais là où il aurait pu exploiter les apports des comics récents qui ont su utiliser ces influences comme une  base pour enrichir le personnage, le scénario de Jeff Wadlow (Kick-Ass 2) et Eric Heisserer (Premier contact et aussi scénariste chez Valiant) adhère à cette formule sans aucune imagination, le récit se précipite toujours vers le prochain moment pivot du récit le plus rapidement possible sans comprendre ce qui fonctionne réellement dans ce concept. Contrairement aux films infiniment supérieurs dont il s’inspire, Bloodshot ne laisse pas à ces personnages des moments de respiration qui permettraient de développer ses thématiques au-delà d’un traitement superficiel. Au lieu de cela il préfère des blagues graveleuses sur des extensions de pénis et des séquences de sur-explication d’une intrigue pourtant évidente. Il y a des moments amusants dans le premier acte du film dans la façon dont l’équipe de Harting gère Garrison dans sa mission. Le background virtuel du héros joue intentionnellement avec les clichés du film d’action, ce qui fait que le casting de Diesel fonctionne assez bien. Mais le script n’utilise pas cette dimension méta textuelle maline pour ajouter quoi que ce soit à l’histoire passant à la séquence d’action suivante. Avec Eiza Gonzáles (Alita Battle Angel, Baby Driver) dans le rôle de KT, une autre soldat « augmentée » par Harting, Lamorne Morris (la série New girl, Game Night) dans le rôle du génie informatique Wigans donnent un peu de  vie au film. Étant donné que Garrison en tant que personnage est inexistant, Wigans et KT sont les véritables protagonistes de l’histoire et les deux acteurs se débrouillent très bien compte tenu du matériel mis à leur disposition. Morris apporte les seuls moments vraiment drôles du film et ils sont les seuls à avoir un semblant de relation avec le personnage de Diesel. Bien qu’il fasse de son mieux, Vin Diesel ne trouve jamais son équilibre dans le rôle. Alors que le succès des Fast and Furious pourrait lui permettre de prendre des risques il peine à trouver des projets qui lui donnerait la chance d’afficher le talent réel qu’il possède et s’obstine à choisir des projets et des réalisateurs qui le garde prisonnier volontaire de cette image de dur à la voix rocailleuse.

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La facture télévisuelle du film trahit son budget modeste pour un film de super-héros (42 millions de dollars) toutefois le style visuel de Wilson clairement inspiré de sa longue carrière dans les jeux vidéos (Star Wars: The Old Republic) et les effets visuels (superviseur des effets visuels  Avengers: l’ère d’Ultron) lui permet de gérer assez habilement des séquences d’action pleines de plans chargés en image de synthèse qui apparaissent parfois plus naturelles que dans des productions mieux dotées. Il multiplie les ralentis  cool, dans le style de Zack Snyder comme le money shot de la bande-annonce qui voit le visage de Bloodshot essuyer un tir à bout portant et se reconstituer dans la foulée. Pourtant malgré sa bonne volonté Wilson est  gêné par un scénario qui sous-estime l’intelligence de son public. Plus décevant encore Bloodshot ne s’inspire que très peu de son matériau d’origine même graphiquement. Alors que le personnage ne porte pas de masque, -sans doute par vanité Diesel a refusé d’endosser son look caractéristique, une peau blanche et des yeux rouges-, à l’exception de quelques plans ou Wilson triche en orchestrant un gunfight dans de la farine où les viseurs infrarouges rappellent les codes chromatiques des comics. Mais on se demande l’intérêt de retirer des éléments propres aux comic-book et sa mythologie dans une telle adaptation qui seuls auraient permis au film de se distinguer d’un actioner lambda même honorable et des films infiniment supérieurs dont il s’inspire.

Bloodshot-affiche-cliff-and-co.jpgTitre Original: BLOODSHOT

Réalisé par: Dave Wilson (II)

Casting : Vin Diesel, Eiza Gonzalez, Sam Heughan

Genre: Action, Science-Fiction

Sortie le: 27 Mars 2020 en achat digital

Distribué par: Sony Pictures Releasing France

2,5 STARS MOYENMOYEN

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