Critiques Cinéma

PEPPERMINT (Critique)

2 STARS PAS GENIAL

Peppermint-cliff-and-co

SYNOPSIS: Riley North est une jeune mère de famille dont le mari et la petite fille viennent d’être assassinés par un gang. Face à système judiciaire corrompu qui remet en liberté les meurtriers qu’elle avait pourtant formellement identifiés, Riley décide de prendre les armes pour faire payer tous ceux qui, de prêt ou de loin, sont impliqués.

Jennifer Garner explosa à l’écran en 2001, après un début de carrière marqué par des seconds rôles (dans Pearl Harbor de Michael Bay par exemple), quand elle décrocha le premier rôle de la série Alias premier triomphe de J.J. Abrams dont le succès  lui ouvrit les portes de rôles plus conséquents au cinéma (30 ans sinon rien, Daredevil) avant que son mariage avec Ben Affleck ne la tienne éloignée des plateaux. Même si elle a régulièrement des rôles sur grand écran Peppermint est son premier rôle en tète d’affiche depuis Elektra en 2005 (un film qu’il vaut mieux oublier entre nous soit dit). Ce revenge movie au féminin est mis en scène par un autre « revenant » le français Pierre Morel, qui n’a, loin de Luc Besson, jamais pu vraiment capitaliser sur le succès global massif de son Taken, qui inaugura un sous-genre où des vedettes d’âge mûr peuvent exercer leurs talents de héros d’action. Ainsi Peppermint qui surfe sur le mouvement de féminisation du film d’action fait office de rédemption pour les deux artistes. Écrit par Chad St. John dont le principal titre de gloire est le scénario de La chute de Londres, Peppermint met en scène un schéma connu depuis le Justicier dans la Ville qui voit un citoyen (ici donc une citoyenne) contraint par une justice laxiste de se faire justice lui-même. Comme on a pu l’écrire lors de la sortie du remake récent de Death Wish la figure du vigilante et le sujet de l’auto-justice semblent désormais anachroniques et pour ainsi dire toxique dans une Amérique où la question de la libre circulation des armes à feu est brûlante. Pour traiter cette figure du justicier, omniprésente dans la pop-culture du cinéma aux comic-books (on y reviendra) jusqu’au  jeux vidéos,  devenue  polémique, on se doit de trouver une approche originale pour se distinguer.

Jennifer Garner stars in PEPPERMINT

Ce n’est pas le cas ici puisque St. John s’inspire de manière à peine voilée du célèbre vigilante des Marvel Comics le Punisher (qu’il  semble adorer  puisqu’il signa le scénario de The Punisher: Dirty Laundry un court-métrage où Thomas Jane l’interprète du film de 2004 reprenait le rôle) dont il décalque l’origine – du « drive-by shooting » qui décime sa famille (dans lequel tout comme lui notre héroïne est blessée) jusqu’au  mode opératoire paramilitaire qu’elle emploie pour punir les responsables qu’une justice corrompue a laissé filer – mais  abandonne en chemin dans cette transposition au féminin les éléments de  complexité que les différents scénaristes ont pu ajouter au personnage au cours du temps pour donner plus d’épaisseur à ce motif assez classique. On se retrouve ainsi dans Peppermint avec  une intrigue qui coche tel une liste de courses, tous les clichés du film de vigilante : le trafiquant de  drogue colérique « Escobarien » et son mode de management très agressif vis-à-vis de ses subordonnés, les vols de marchandises qui perturbent son business et font douter ses fournisseurs, le piège qu’il finit par tendre à l’héroïne, l’avocat véreux,  le tandem d’enquêteurs qui suit les actions du vigilante et les visions de sa famille décédée qui tourmentent l’héroïne…  L’enchaînement des péripéties est si rapide qu’il ne laisse place à aucun développement des personnages ou  angle inédit. Le scénario ne prend même pas la peine d’expliquer comment en l’espace de quelques années une soccer-mom se transforme ainsi en experte de la guérilla urbaine là où le background d’ancien soldat de son modèle pouvait servir de justification. Les quelques tentatives d’originalité comme faire de notre héroïne la figure la protectrice d’un quartier de SDF fait long feu et sert surtout de prétexte à l’introduction de personnages d’enfants innocents pour émouvoir à peu de frais. De même les tentatives d’humour sensées humaniser le personnage de Jennifer Garner, apparaissent incongrues. Le choix de l’actrice dont la plupart des rôles se partagent entre les mères de famille aimantes et des héroïnes d’action, est pertinent et elle fait bénéficier son personnage de la sympathie naturelle qu’elle inspire au spectateur mais le rythme du film ne lui ménage pas assez d’espace pour faire exister son personnage. Ce manque de développement dramatique n’est pas compensé par assez de scènes d’action mémorables. Certes la mise en scène de Pierre Morel dans ce domaine est efficace mais malgré quelques éclats de brutalité bienvenus elle manque d’impact. Quelques « head-shots » ne font pas un John Wick et ne font que souligner l’aspect un peu daté du style de ses propositions de mise en scène de l’action face aux innovations d’un Chad Stahelski ou d’un David Leitch (Atomic Blonde). Produit d’action trop générique, fonctionnel mais sans relief, Peppermint peine à se distinguer malgré une Jennifer Garner visiblement impliquée.

Peppermint-cliff-and-coTitre Original: TAKEN

Réalisé par: PIERRE MOREL

Casting: Jennifer Garner, John Gallagher Jr., Tyson Ritter plus

Genre: Action, Thriller

Sortie le: 12 septembre 2018

Distribué par: Metropolitan FilmExport

2 STARS PAS GENIALPAS GÉNIAL

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