Critiques Cinéma

UPGRADE (Critique)

4 STARS EXCELLENT

SYNOPSIS: Après la mort de son épouse lors d’une violente agression qui l’a laissé paralysé, Grey Trace est approché par un inventeur milliardaire qui propose de lui administrer un remède expérimental qui va « upgrader » son corps et ses facultés. Désormais doté d’un implant fonctionnant à l’intelligence artificielle, Grey voit ses capacités physiques décuplées et se lance dans une mission vengeresse, afin de faire payer ceux qui ont tué sa femme.

Chaque année un film fait sensation dans les festivals et nous arrive précédé d’une réputation flatteuse d’œuvre culte. Cette année, après son succès au festival SXSW 2018 où il a remporté le prix du public c’est Upgrade le thriller cyberpunk produit par l’incontournable Jason Blum sous sa nouvelle bannière BH Tilt qui endosse ce rôle. Le scénariste Leigh Whannell est apparu sur la scène cinématographique avec le phénomène Saw dont il scénarisa le premier volet avec son ami James Wan rencontré sur les bancs de leur école de cinéma en Australie. Leur collaboration va se poursuivre sur Dead Silence et Insidious 1 &2 avant que Wan ne parte jouer avec les petites voitures de Fast & Furious. En 2015, Whannell passe à la  mise en scène pour la première fois avec Insidious 3 et le voici trois ans plus tard  aux commandes d’un film original qu’il écrit et réalise toujours pour Jason Blum le maître producteur pour son nouveau label multi-plateforme BH Tilt.

MOVIE REVIEW UPGRADE

Avec Upgrade, Whannell quitte l’univers des fantômes pour un film d’action cyberpunk qu’on pourrait qualifier pour le vendre comme un mélange entre Her,  Robocop et le Terminator original. Situé dans un futur proche où la technologie contrôle tous les aspects de l’existence (pour nous mettre dans l’ambiance les crédits du générique sont lus par une voix féminine d’assistant personnel)  le film suit Grey (Logan Marshall Green) un technophobe assumé qui n’aime rien de plus que se réfugier dans son garage où il  retape de vieilles voitures pour le compte de riches collectionneurs. Il est pourtant marié à Asha (Melanie Vallejo)  cadre d’une grande entreprise de robotique. Un soir alors que le couple revient de la demeure d’un des clients de Grey dans leur véhicule autonome, celui-ci  dysfonctionne et les conduit dans un quartier mal famé où il est sauvagement agressé. Asha est assassinée et Grey se retrouve tétraplégique. Désormais cloué dans un fauteuil, assisté par sa mère il reçoit une  offre de la part de Erin King (Harrison Gilbertson) son dernier client, un milliardaire reclus qui propose de lui implanter dans la colonne vertébrale sa dernière invention : une puce qui lui permettra de retrouver la mobilité, à la condition de garder l’opération secrète. Acceptant à contrecœur Grey entend bientôt des  commentaires qu’il est le seul à percevoir car ils émanent de  « STEM », le système d’exploitation de la puce qui gère son corps handicapé. STEM lui permet de repérer sur des vidéos de l’agression un indice qui a échappé à la détective chargé de l’enquête, Cortez (Betty Gabriel vu dans Get out). Aidé par les capacités physiques étonnantes que lui confère la puce qui peut si besoin prendre le contrôle de ses fonctions motrices, il lance alors sa propre enquête pour venger son épouse et va découvrir les véritables raisons de cette attaque.

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Upgrade est un véritable héritier spirituel du Terminator de 1984 avec qui il partage cette volonté de réaliser une série B qui ne renonce à aucune ambition ambition graphique ou narrative malgré un budget très réduit (entre 3 et 5 millions de dollars) .  Whannel est déterminé à bâtir un univers futuriste cohérent et développe des concepts cyberpunks ambitieux dans un scénario qui, tout en étant parfaitement linéaire et efficace, fourmille d’idées (comme un éternuement qui tue littéralement). Comme le film de James Cameron Upgrade est une œuvre de science-fiction qui emprunte à la fois à l’esthétique du film d’horreur et du film noir. Bien sur au petit jeu des références on pense à Robocop pour son personnage supplicié qui une fois « augmenté » traque les assassins de sa femme sur fond de complots obscurs de vastes corporations. Mais le film de Whannel cache dans cette enveloppe de film d’action aux scènes de combats ultra-violentes au gout de comic-book, sa véritable nature . On retrouve l’auteur de Saw qui aime surprendre son public, il  dévoile la  thématique du film dans une conclusion puissante, tout en offrant à son public le spectacle qui lui a été promis.

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Les scènes d’action d’Upgrade sont cinétiques et ingénieuses, mises en scène avec vigueur gardant souvent l’axe de la caméra aligné avec le corps de son héros, l’image basculant et se redressant avec lui, transmettant par l’image  l’aspect artificiel des capacités extraordinaires de son protagoniste. Comme dans Terminator (et Robocop) ces séquences  titillent les fantasmes d’invincibilité du spectateur qui jubile de voir un Grey inarrêtable neutraliser ses ennemis avec des dégâts extrêmes. Les combats sont ponctués d’éclats gore bienvenus qui en renforcent l’impact et qui sont si excessifs qu’on oscille entre le choquant et le comique comme dans les films de Paul Verhoeven. Plus encore qu’à l’ingéniosité de leur mise en scène, l’efficacité de ces séquences tient à l’écriture du personnage et son interprétation convaincante par Logan Marshal-Green (vu dans Prometheus ou Spider-man Homecoming ) qui prouve ici qu’il n’est pas qu’un  sosie de Tom Hardy.  Le choc qui se lit sur son visage devant les exploits que son corps réalise sous le contrôle  de STEM en décuple l’impact. Whannel  reproduit une dynamique de buddy-movie avec la cohabitation entre Grey le technophobe et STEM intelligence artificielle à la froideur ironique. L’amateur de comics pensera à Deathlok (une des inspirations communes à Terminator et Robocop) qui présentait une relation similaire entre un cyborg et son AI. En connaisseur des tropes du genre super-héroïque Leigh Whannell fini par opposer son tandem à d’autres « augmentés »comme le cyborg Fisk incarné avec détachement par l’excellent comédien australien Benedict Hardie. La partition John Carpenteresque de Jed Palmer complète parfaitement l’atmosphère à la fois futuriste et old-school d’un film qui tient toutes les promesses de sa flatteuse réputation.

Titre Original: UPGRADE

Réalisé par: Leigh Whannell

Casting : Logan Marshall-Green, Betty Gabriel, Harrison Gilbertson

Genre: Science fiction, Thriller

Sortie le: 3 octobre 2018

Distribué par: Apollo Films

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