Critiques

THE RAIN (Critique Saison 1 Épisodes 1×01- 1×03) Tous les voyants sont au vert…

4 STARS EXCELLENT

SYNOPSIS: Le monde que nous connaissons n’existe plus. Six ans après qu’un virus brutal véhiculé par la pluie a décimé presque toute la population de Scandinavie, un frère et une sœur rescapés découvrent en quittant la sécurité de leur bunker qu’il ne reste plus aucun vestige de la civilisation. Bientôt, ils se joignent à un autre groupe de jeunes survivants et se lancent dans une aventure dangereuse qui leur fera parcourir tout le pays en quête d’une trace de vie.

Si Netflix a mis l’accent ces derniers mois sur ses productions cinématographiques (Okja, Bright, Mute) avec plus ou moins de succès, elle n’en a pas pour autant oublié d’investir de façon très importante dans des séries ambitieuses dont la facture n’a pas grand chose à envier à beaucoup de films. L’année 2018 est même de ce point de vue assez exceptionnelle, avec en particulier deux séries de science fiction sur lesquelles Netflix peut espérer capitaliser: Altered Carbon et Perdus dans l’Espace. L’ambition formelle et thématique de Netflix se confirme avec The Rain, série danoise post apocalyptique qui investit un genre dont nombre d’amateurs sont un peu orphelins à la télévision depuis que l’intérêt pour The Walking Dead s’est lentement délité au gré de saisons de plus en plus inégales.

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Mais au delà de son univers, c’est par sa proposition, par la façon dont elle aborde un genre dans lequel on n’attend à priori peu de surprises, que The Rain suscite notre intérêt. Se pencher sur le CV de ses créateurs donnait déjà un premier sérieux indice sur la direction qu’entendait emprunter la série. Jannik Tai Mosholt a auparavant écrit quelques épisodes de Borgen qui demeure encore la série danoise de référence, la plus connue en dehors de ses frontières, dont la rigueur d’écriture et la qualité des intrigues sont unanimement saluées. Esben Toft Jacobsen vient quant à lui d’un univers radicalement différent, celui de l’animation mais une animation qui flirte par instant avec l’univers de Myazaki et confronte ses jeunes héros à une succession d’épreuves pour retrouver un parent ou accepter son deuil (L’Ours Montagne, A la Poursuite du Roi Plumes). Ces deux thématiques: la découverte d’un monde dont on explore les dangers et la perte d’un parent sont clairement au cœur de The Rain dont nous avons pu découvrir les trois premiers épisodes.

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S’il est à ce stade impossible de pouvoir affirmer que la série va bien tenir son pari sur toute la durée de sa première saison de 8 épisodes, ce qu’elle nous a montré comme qualités dans ces 3 premiers épisodes peut permettre de penser que l’on tient peut être là l’une des grandes séries de cette année et, peut-être enfin, une série post apocalyptique qui saura exploiter sur la durée, tout le formidable potentiel qu’offre le format d’une série TV. The Rain, parvient assez brillamment à installer son univers et à rendre palpable et constante la menace de ce monde dans lequel l’eau est devenue synonyme de mort et l’autre un potentiel assaillant. Ces visions de routes et de villes dans lesquelles on ne trouve plus trace de vie font évidemment penser à The Omega Man ou 28 Jours Plus Tard, avec lesquels la comparaison ne vaut pas condamnation. Elle bénéficie d’un soin dans sa mise en scène qui vaut bien des longs métrages et excelle surtout à créer des images chocs (dans un hôpital puis une maison abandonnée notamment) qui sont essentielles à la réussite d’un récit dans lequel le spectateur doit ressentir viscéralement la peur et la solitude des personnages.

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Malgré sa réussite formelle, The Rain aurait pu souffrir de son casting composé d’acteurs qui nous sont pour la plupart inconnus, avec lesquels le travail d’identification doit se faire et qui ne pourraient guère masquer des faiblesses d’écriture. Or, en 3 épisodes l’identification et l’attachement à ces jeunes personnages est déjà acquis. C’est en particulier le cas pour ses deux héros, deux adolescents livrés à eux mêmes dans ce monde dont la population a en partie été décimée par un mystérieux virus transporté par l’eau. Alba August (Simone) a le charisme de la girl next door capable de se transformer en héroïne crédible. Elle est de ce point de vue, en quelque sorte, la cousine danoise de Shailene Woodley. Lucas Lynngaard Tonnesen (Rasmus) a également ce qu’il faut de charisme et de nuance dans son jeu pour faire exister un type de personnage souvent sous écrit, celui du petit frère qui n’existe d’abord que dans l’ombre de sa grande sœur, laquelle se comporte comme une mère avec lui. Les autres survivants qu’ils croisent sur leur route, pour constituer un petit groupe à la façon dont s’était composé celui de The Walking Dead, ont tous des personnalités, des zones d’ombre qui enrichissent le récit. Groupe de jeunes adultes ou d’adolescents ne veut pas dire série édulcorée et vous serez comme nous probablement étonnés de la noirceur dont la série fait preuve dans plusieurs scènes chocs. A ce stade, tous les voyants sont donc au vert pour la petite dernière de Netflix et on voit mal comment les 5 épisodes que l’on pourra découvrir dans quelques jours pourraient ne pas être au même niveau. Verdict le 4 mai.

Crédits: Netflix

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