Critiques

THE HANDMAID’S TALE (Critique Saison 2 Episodes 1×01 – 1×02) Plus de révolte, plus de désespoir, plus d’émotions…

SYNOPSIS: Cette seconde saison, qui commence là où s’achève le roman de Margaret Atwood, s’ouvre sur un grand nombre de questionnements. Ces soldats sont-ils des « yeux », les hommes et espions de Gilead ou des membres de Mayday, une organisation résistante dont Nick Blaine pourrait bien faire partie ? Offred retrouvera t-elle Moira (Samira Wiley), sa meilleure amie qu’elle a aidé à faire s’échapper et qui est parvenue à rejoindre Luke au Canada ? Ce dernier, apprenant ce qui est arrivé à sa femme, tentera t-il de la sauver ? Jusqu’où les Waterford sont-ils prêts à aller pour protéger l’enfant que porte Offred et qu’ils considèrent comme le leur ? A quoi ressemblent les colonies que les Servantes craignent tant ?

Vous le savez sans doute déjà : The Handmaid’s Tale (La Servante Ecarlate en français), c’est la série-phare de la chaîne Hulu, celle qui lui a enfin permis d’entrer, dans la cour des grands. Auréolée de deux Golden Globes, celui de la Meilleure Série Dramatique et celui de la Meilleure Actrice Dramatique pour Elizabeth Moss, l’adaptation télévisée du roman de Margaret Atwood s’est immédiatement positionnée comme l’une des séries les plus emblématiques de son temps. A l’heure du mouvement #MeToo, de l’affaire Harvey Weinstein, du grand nettoyage de harceleurs en tous genres dans les institutions américaines et de la libération de la parole vis-à-vis du harcèlement et des abus sexuels, difficile de trouver plus emblématique que l’histoire d’Offred, la jeune femme asservie par une révolution théocratique et condamnée à être utilisée comme un outil de reproduction jusqu’à la fin de sa vie. L’impact de la série est immédiat et international (c’est l’une des séries étrangères les plus regardées en Chine par exemple), réfléchissant de manière symbolique bien sûr et par moments hyperbolique, la situation de bien des femmes dans le monde. Quand on a sous la main une série d’une telle portée culturelle, on ne chipote pas pour la renouveler et il n’aura fallu à Hulu que quelques semaines avant de commander une deuxième saison (la saison un est sortie le 26 avril 2017 et l’annonce de la saison deux fût faite le 3 mai de la même année). Au programme donc, plus de révolte, plus de désespoir, plus d’émotions, le tout sous la houlette du créateur et showrunner Bruce Miller, et toujours aussi magnifiquement photographié par Colin Watkinson et Zoe White.

Ceux qui ont lu le livre sauront que la saison un s’était déroulée sur quasiment toute l’étendue du roman, nous laissant spéculer sur ce que la saison deux aurait à nous offrir. On entre en effet en territoire inconnu, puisque ce premier épisode nous emmène au-delà de la narration du livre et nous entraîne un peu plus profondément dans l’univers sombre et presque dénuée d’espoir dans lequel vit notre héroïne. On ne veut pas trop vous spoiler, mais la dernière fois qu’on avait vu Offred (Elizabeth Moss), elle montait dans un van noir qui l’emmenait ou vers une mort certaine, ou chez ceux qui résistent. La saison deux reprend le fil de l’histoire exactement là où l’on avait laissé notre héroïne, et on ne vous révèlera pas ce qui se passe, mais on demandera à ceux qui sont fragiles du cœur d’y aller doucement : ces deux premiers épisodes ont de quoi vous coller une sacrée forme de tachycardie. On est après tout dans un monde où les femmes ont tellement perdu leur qualité d’êtres humains, qu’elles ont été “rebaptisées” du nom de l’homme à qui elles ont été vendues (“Offred” de “of Fred”, littéralement, “qui appartient à Fred”), et leur vie n’est donc qu’un long cauchemar qui ne semble jamais finir. Mais, et c’est là toute la magie de la série, on sent le vent de révolte qui souffle sur Gilead et c’est un tel bonheur que de voir le visage si expressif d’Elizabeth Moss se durcir face aux horreurs qu’elle subit tous les jours, et on attend avec impatience le moment où la révolte se transformera en révolution.

The Handmaid’s Tale ne plaira pas à tout le monde. Il est quasiment impossible de faire complètement abstraction de notre actualité quand on regarde cette série, et c’est un constat qui en mettra plus d’un mal à l’aise. Pourtant, au-delà de son sujet quelque peu déprimant et sa position assez sombre sur la nature humaine, la série est une véritable ode à la résistance, à la sororité, et au droit inaliénable de penser par soi-même et de vivre libre, quel que soit son sexe.

Crédits: OCS / Hulu

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