Critiques Cinéma

LA BALLADE DE BUSTER SCRUGGS (Critique)

buster scruggs affiche cliff and co

SYNOPSIS: La ballade de Buster Scruggs est un western d’anthologie en six volets mettant en scène les légendes du Far West. Chaque chapitre est consacré à une histoire différente de l’Ouest américain. 

Le service de films et séries en continu Netflix récupère au fur et à mesure des cinéastes qui ont fait deux ou trois films salués par le public comme David Michôd (War Machine), Jérémy Saulnier (Hold The Dark), Alex Garland (Annihilation), Duncan Jones (Mute) ou encore David Mackenzie (Outlaw King). Mais c’est un véritable tour de force pour la plateforme de signer un film des frères Coen, cinéastes qu’on ne présente plus et qui font partie du patrimoine culturel américain. Alors que les films précités ne nous ont que moyennement convaincu, excepté peut-être le film de Garland, c’est avec une véritable impatience que nous attendions cette œuvre. D’abord vendu comme une série, La Ballade de Buster Scruggs est finalement devenu un film à sketches et on décèle rapidement les défauts d’une telle entreprise sans toutefois bouder notre plaisir à découvrir ce nouveau projet. Ce film se divise donc en six parties et ne possèdent aucun lien entre elles. Ultra-référencé, chaque histoire se déroule dans cette Amérique sanglante, avide et désespérée du Far West, teinté d’un humour très noir qui reste la marque de fabrique des frangins. Disons-le d’entrée, il est compliqué de commenter ce film tant toutes les parties sont très inégales entre elles. Le premier segment débute en fanfare sur le personnage de Buster Scruggs, interprété par Tim Blake Nelson, cow-boy et chanteur fort sympathique au demeurant qui est en fait un tueur sanguinaire sans jamais se détacher de son sourire. Le ton est enlevé et, grâce à quelques idées de mise en scène, on retrouve toute l’énergie et surtout l’humour d’un Big Lebowski, l’absurdité de la scène finale étant un modèle du style coenien.

Le deuxième segment est quant à lui assez anecdotique. On retrouve James Franco en braqueur de banque malchanceux. Malgré une péripétie excitante, on a une profonde impression d’histoire vue et revue et de ne pas retirer grand chose de ce personnage trop vite arrivé trop vite disparu. On peut même se poser la question si un épisode d’une heure aurait réussi à capter un peu plus notre intérêt. Le troisième segment porté par le machiavel Liam Nesson et Harry Mailing est en revanche une vraie réussite. Magnifiquement mis en scène, notamment grâce à la photographie de Bruno Delbonnel, ce chapitre nous conte l’histoire de cet infirme qui récite de magnifiques textes devant une foule de moins en moins nombreuse. A la fois désabusé et extrêmement poétique, ce court-métrage dans une forme très européenne, se suffit à lui-même et vient casser le rythme du film et nous sortir des thématiques des frères Coen.

Plus anecdotique est également le quatrième chapitre où l’humour l’emporte sur le reste dans cette recherche effrontée de l’or sacré. On y retrouve avec un certain plaisir Tom Waits qui n’arrête pas de creuser avec sa pelle pour trouver ce métal qui rend fou les hommes. Filmé dans un magnifique décor, on est amusé par cette histoire très cartoonesque jusqu’au dénouement final. L’avant-dernier est probablement le plus travaillé et nous rappelle le superbe True Grit avec ce personnage féminin très fort interprété par Zoe Kazan. On aurait voulu passer plus de temps avec cette femme qui enchaine les drames mais qui décide de prendre ces responsabilités et de faire un grand saut vers l’inconnu. Présentée comme timide et réservée, on voit pondre au fur et à mesure, une femme assumée et combative. c’est également dans ce chapitre qu’on trouve de magnifiques plans de l’Ouest Américain qui participe à en faire un vrai mythe.

Le dernier segment finit de nous amuser avec ces personnages grandiloquents au cours d’une nuit passée dans une diligence. Les Coen n’ont pas laissé le thème de la religion sur le bord de la route comme à leur habitude et convoquent un univers très gothique et mystique pour traiter de l’amour et de la mort. Très drôle et très bien interprété, ce chapitre plus posé nous rappelle que les Coen sont de formidables dialoguistes. Le monologue du trappeur est ainsi un moment assez hilarant devant cette catholique irréprochable. Les films à sketches sont donc une formule souvent bien inégale et le film des frères Coen n’évite malheureusement pas ce piège. On aurait bien voulu voir certaines histoires plus développées qui auraient mérités un traitement plus long. Toutefois ne boudons pas notre plaisir devant un objet parfaitement mis en scène, drôle et qui vise souvent juste.

buster scruggs affiche cliff and co

Titre Original: THE BALLAD OF BUSTER SCRUGGS

Réalisé par: Joel & Ethan Coen

Casting : Tim Blake Nelson, James Franco, Liam Neeson …

Genre: Western

Sortie le: 16 novembre 2018

Distribué par: Netflix France

TRÈS BIEN

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s