Critiques Cinéma

OUTLAW KING : LE ROI HORS-LA-LOI (Critique)

2 STARS PAS GENIAL

outlaw king affiche cliff and co

SYNOPSIS: L’histoire vraie et inédite de Robert Bruce, noble vaincu de l’Écosse médiévale devenu roi contre son gré puis héros hors-la-loi en l’espace d’une année. Contraint à se battre pour sauver sa famille, son peuple et son pays de l’envahisseur anglais, Robert Bruce s’empare de la couronne écossaise et rassemble une troupe de soldats hétéroclites. Avec eux, il devra affronter la colère de l’armée la plus puissante au monde, menée par le féroce roi Édouard 1er et son imprévisible fils, le prince de Galles.

Si le début de carrière de David Mackenzie n’avait pas suscité chez nous un grand enthousiasme, il faut reconnaître que ses deux derniers films (Comancheria, Les Poings Contre Les Murs), auquel on pourrait ajouter, avec toutefois plus de réserves, Perfect Sense, ont révélé un cinéaste, un regard et une sensibilité que l’on n’avait pas perçu jusque là et qui ont crée une réelle attente lorsque nous avons appris qu’il prenait les commandes de la nouvelle grosse production Netflix: Le Roi Hors La Loi. L’accueil assez tiède reçu pour sa première projection au festival de Toronto de 2018, sur laquelle Netflix fondait beaucoup d’espoir pour faire naître un buzz susceptible de le porter jusqu’aux Oscars, a poussé David Mackenzie à retourner en salle de montage et couper plus de vingt minutes en vue de sa sortie sur nos écrans. C’est donc une version allégée de cet ambitieux film historique que nous avons pu découvrir. C’est sans doute l’un des problèmes majeurs d’un film qui semble vidé de sa substance et se limiter à un vain, bien que parfois assez brillant, exercice de mise en scène dans lequel, rien ne pèse, ni n’imprime réellement. Au delà de ses réelles qualités de mise en scène qui auraient dû le porter plus haut, d’un prologue très réussi qui laissait espérer que David Mackenzie ait travaillé ce récit historique comme un drame, avec la même énergie et justesse que dans Comancheria, Le Roi Hors-La-Loi claudique, alors qu’il devrait nous suspendre à la marche régulière et déterminée de Robert Bruce (Chris Pine) vers l’indépendance de son pays.

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Le récit débute pratiquement après la mort de William Wallace et peut être vu comme la suite directe de Braveheart (Mel Gibson, 1995), référence déjà difficile à égaler mais qui devient écrasante lorsque David MacKenzie semble courir en vain après le grand film qu’il aurait pu et dû tirer d’une telle matière. Le Roi Hors-La-Loi est de ces films qui laissent plus de regrets que de scènes marquantes et que l’on finira par oublier, quelques minutes après s’y être penché, pour en analyser les réussites et les défauts qui viennent finalement les masquer. Avec une narration transformée en champ de boue dans lequel le récit patine inexorablement, une incapacité chronique à donner de l’épaisseur à ses personnages et à embrasser pleinement la dramaturgie d’un récit dont on voit les enjeux sans les ressentir viscéralement, les qualités formelles du film s’évaporent. On cherche en vain le point de vue de David Mackenzie, un point d’accroche pour entrer au cœur de cette guerre d’indépendance et ne pas simplement feuilleter un livre dont il manquerait plusieurs pages.

L’approche immersive adoptée par le prologue, constitué par un impressionnant plan séquence de 8 minutes, a fait germer dans notre esprit les images d’un film que l’on n’aura finalement jamais pu voir. Le parti pris de David Mackenzie de privilégier les longs plans se comprend, dans un souci d’immerger le spectateur au cœur d’un récit qu’il veut épique mais aussi réaliste, mais il vient se fracasser sur le rythme erratique du film. Quitte à ce que les curseurs soient poussés trop loin, on attend d’un tel film qu’il ait des tripes et du cœur, qu’il ne nous cache rien de la violence et de la cruauté de cette époque et de ces guerres mais que les personnages et leur  parcours restent toujours au centre des enjeux du film. Ici, le premier d’entre eux, Robert Bruce, interprété par un Chris Pine pourtant convaincant (qui confirme qu’il n’est jamais aussi bon que dirigé par David MacKenzie) a déjà du mal à exister réellement au delà de sa fonction. Sa psychologie, ses tourments sont largement survolés, de même que sa relation avec sa femme (Florence Pugh, totalement sous-utilisée). Ce Roi Hors-La-Loi a certes des tripes et offre quelques belles scènes de bataille mais il manque singulièrement de cœur, de nuances et surtout de constance, lesté par une narration totalement hors sujet. David Mackenzie semble ainsi avoir mis toute son énergie dans la mise en scène des scènes les plus épiques et perdu de vue la portée de l’histoire qu’il était censé nous raconter, faisant de ce Roi Hors-La-Loi, un roi totalement inoffensif.

outlaw king affiche cliff and co

Titre Original: OUTLAW KING

Réalisé par: David Mackenzie

Casting : Chris Pine, Florence Pugh, Aaron Taylor-Johnson…

Genre: Historique, Guerre, Drame

Sortie le: 09 novembre 2018

Distribué par: NETFLIX

2 STARS PAS GENIAL PAS GÉNIAL

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