Critiques

LA MAISON D’EN FACE (Critique Mini-Série) De la télévision populaire de qualité ….

SYNOPSIS: Une fête des voisins dans une résidence pavillonnaire est perturbée par l’arrivée de la police. Un drame vient de se jouer dans l’une des maisons du quartier…

Après avoir fait ses armes avec la série Elodie Bradford et deux Meurtres A… (et avoir réalisé un long métrage avec Fabrice Eboué et Jean-Paul Rouve, Denis (2013), le réalisateur Lionel Bailliu s’est fait le spécialiste des mini-séries chorales à suspense. Il y eut d’abord Innocente  puis Soupçons deux réussites assez classiques ce qui n’est pas péjoratif à nos yeux, loin de là, mais diablement efficaces et qui savaient ménager leurs effets. La maison d’en face est adaptée d’un format néerlandais Nieuwe Buren (dont le titre peut se traduire par Les nouveaux voisins) où sur quatre saisons la série révélait le secret d’un couple différent de voisins dans un quartier de banlieue. Pour son adaptation française, on se retrouve au départ dans une ambiance matinée de Côte Ouest et de Desperate Housewives où des voisins aux maisons  proches se fréquentent au sein d’une communauté en apparence bien sous tous rapports. Le nouveau couple qui vient s’installer dans les parages va être victime d’un drame terrible et, pour pouvoir se reconstruire, ils vont nouer une amitié  plutôt trouble entre désir et plaisir avant de bifurquer vers quelque chose de beaucoup plus tendancieux.

En développant des thématiques communes aux préoccupations sociétales comme trouver le bon endroit pour vivre, comment renouveler le désir dans un couple qui traverse une crise, comment et pourquoi décider de faire des enfants, le récit de La Maison d’en face parlera tout de suite au plus grand nombre. Mais c’est par le biais du thriller haletant (on sait dès les premières minutes que quelqu’un va mourir) et de quelques éléments de soap que la série parvient à être rapidement prenante. Comment dans un quartier idéal les choses dérapent, comment les rumeurs se font et se défont, comment les passions amoureuses et les jeux dangereux font dérailler les vies bien rangées en apparence, c’est notamment de cela que La Maison d’en face parle en creux. Une seconde intrigue a été élaborée autour de personnages secondaires adolescents afin de mieux illustrer la « thématique autour des mœurs et de la sexualité » comme le souligne Lionel Bailliu.

Sur son point de départ accrocheur, La Maison d’en face parvient à maintenir une tension nerveuse et sexuelle quasi tout du long. Les dialogues et les sous-intrigues (la série est co-scénarisée par Lionel Bailliu et Déborah Hadjedj) sont efficaces et malignes, on se fait de fausses idées, les chausses trappes fonctionnent bien et tout est impeccablement agencé. On n’évite pas quelques facilités mais sans que cela soit rédhibitoire et les six épisodes passent  comme un charme. C’est évidemment aussi grâce à la distribution que tout fonctionne si bien. Les deux couples au centre du récit sont parfaits et très charismatiques. Les interactions entre Julie de Bona et Marc Ruchmann, le jeune couple fragile et Caterina Murino et Thierry Neuvic le couple expérimenté sont très crédibles. Julie de Bona continue un parcours impeccable et ici elle montre encore un visage d’elle qu’on ne connaissait pas, après avoir laissé pensé au début de la série que son personnage était très -trop- naïf. Thierry Neuvic comme souvent démontre une profondeur de jeu très intéressante et une puissance dramatique impressionnante. Pris avec leur binôme, Caterina Murino et Marc Ruchmann sont à la fois convaincants et sensuels mais séparément leurs personnages manquent un peu de densité. On a également plaisir à retrouver dans des rôles secondaires Antoine Duléry ou Fatima Adoum qui apposent leurs pattes avec gourmandise sur ce thriller sombre et manipulateur.  On aura malgré tout un bémol sur une fin ouverte qu’on n’attendait pas et que l’on a trouvé un peu artificielle et étirée. Mais au final ça n’a pas entaché notre plaisir à découvrir La Maison d’en face, série classique on l’a dit, mais aux mains d’artisans qui ont compris ce que télévision populaire de qualité veut dire.

Crédits : M6

2 réponses »

    • Et bien dans le texte ci-dessus il est écrit ceci à moins que vous n’évoquiez autre chose: « La maison d’en face est adaptée d’un format néerlandais Nieuwe Buren (dont le titre peut se traduire par Les nouveaux voisins) où sur quatre saisons la série révélait le secret d’un couple différent de voisins dans un quartier de banlieue. « 

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