Critiques Cinéma

THE RETALIATORS (Critique)

SYNOPSIS : Un honnête pasteur découvre un monde souterrain sombre et tordu alors qu’il cherche des réponses concernant le meurtre brutal de sa fille. Une bande-son originale et des apparitions des plus grands noms de la musique rock donnent le ton à ce thriller d’horreur qui révèle un jeu de vengeance avec de nouvelles règles.  

Michael Lombardi, l’acteur principal évoque pour The Retaliators un «  film d’horreur qui a du cœur  ». C’est très juste et vrai pour définir en quelques mots le long métrage de Samuel Gonzalez JR et Bridget Smith. Une des intentions de The Retaliators est une sacrée rencontre entre l’univers du film horrifique et celui du Rock et du métal. Car oui, The Retaliators, c’est aussi cette originalité musicale avec la présence au casting de quelques « stars », type Tommy Lee (Mötley Crüe) en DJ d’un club de strip-tease, Jacoby Shaddix (Papa Roach), l’ensemble des membres de Five Finger Death Punch, ou encore Spencer Charnas d’Ice Nine Kills. D’emblée un préambule écrit qui va prendre tout son sens à mesure du propos bien anxiogène du film : « Parfois si vous avez de la chance, le mal peut être détruit, mais parfois il vaut mieux maintenir le mal en vie  ». L’ambiance est tout de suite assez glauque, pas de petite introduction niaiseuse tout mignonne pour jouer sur les contrastes. On bascule très vite dans l’horrifique. L’intro donne le ton, on n’est pas venu voir une ode au sentimentalisme, car avant la 6ème minute, l’angoisse danse dans nos têtes et le tartare dégouline sur les murs. Et puis finalement si, on nous installe une très jolie empathie avec cette famille très chouette, moderne et même pas trop cliché, le papa pasteur et ses deux adorables filles, histoire de bien nous terrasser ensuite d’effroi et de souffrance. Et évidemment, va s’appliquer la toujours très efficace théorie du mauvais endroit au mauvais moment. On comprend assez rapidement que le pasteur Bishop qui prêche le matin même de tendre l’autre joue en cas de problème, va finalement faire de la loi du Talion sa nouvelle religion et de la vengeance une spiritualité. Il va se prendre pleine face le fossé entre la théorie et la pratique, face à la violence bien destructrice du meurtre de sa fille.  

C’est donc ici l’injustice caractérisée et la victoire du malin sur le divin. Dieu est clairement très absent de cette tragédie. Au-delà de l’indélébile mutilation de la perte de sa fille, c’est l’écroulement d’un monde pour le pasteur. Et justement, Les motards façon ZZ Top n’ont pas l’air méga commodes, mais incarnent un univers de bas-fond juste impeccable pour jouer les méchants bien dégueus. Tout le monde à un moment veut récupérer la dope et le fric. Le pasteur, lui, réclame justice et vengeance. Il ne sera pas déçu…. On se dit qu’à un moment, ils vont tous converger et que ça va latter sévère.  Il existe peu de temps mort, avec une mise en scène épurée, sans superflu, sûrement en hommage aux classiques du genre, à l’ancienne, et c’est top. On est dans le même esprit que Evil Dead (1981) ou même Massacre à la tronçonneuse (1982). Pour autant, on y trouve aussi tous les codes du thriller, et on ne tombe jamais dans la caricature. Dans The Retaliators, on va tout droit, mais c’est diablement malin et donc on ne lâche rien. C’est très souvent un vrai bon thriller horrifique, avec en prime des rigolades bien senties et une pure surprise bien renversante, un véritable tournant à presque une heure du film, que clairement rien ne laissait présager. Rien que pour ça, The Retaliators, ben c’est énorme !!! 

Que choisira le pasteur endeuillé face à la possibilité d’une légitime et redoutable revanche, lui l’homme de foi. La dernière demi-heure est une véritable interrogation sur le mal, ses origines, sa justification et présente une forme d’enfer sur terre pour les salauds. On se doute bien qu’arrivera une apothéose façon bouquet final en mode barbecue géant, mais sans le grill… Clairement, le réalisateur va jusqu’au bout du bout de son idée et ça on aime. Tant le pasteur va avoir malgré lui plus que jamais, l’occasion de se venger. Il y aura entre autres un anthologique « Joyeux Noël » en mode canon à saucisse, totalement jouissif et inoubliable.  

La musique de Kyle Dixon et Michael Stein est complètement folle, et la bande son totalement rock et un peu métalleux, colle à souhait avec ce qui joue à l’écran. C’est un peu de l’art sur de l’art, et ça fonctionne à plein. Le mix des deux cultures n’en fait qu’une, comme le souhaitait le projet initial.Au casting, Michael Lombardi incarne avec énergie et engagement le pasteur Bishop, poussé dans ses retranchements idéologiques, théologiques et existentiels. Il est terrorisé et se confronte à l’enfer sur terre. Son jeu est direct et empreint de vérité.  Marc Menchaca est un flic au bas mot schizophrénique, et son jeu tout en complexité crédibilise l’affaire avec talent. Et alors, Joseph Gatt est un pur méchant de chez la méchanceté… Il fait peur et parfois sourire, tant l’incarnation du mal est ici authentique. Au final, The Retaliators renoue avec les classiques de son genre, et le fait autant avec finesse que sans détour. Tout y est, on flippe, on rit un peu gras, et on passe un très bon moment de cinéma.  

 

Titre original: THE RETALIATORS

Réalisé par: Samuel Gonzalez Jr., Bridget Smith

Casting: Michael Lombardi, Marc Menchaca, Joseph Gatt…

Genre:  Epouvante-Horreur, Thriller

Sortie le: 15 Septembre 2022

Distribué par : –

TRÈS BIEN

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