Critiques

INNOCENTE (Critique) Dans de beaux draps!

3,5 STARS TRES BIEN

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SYNOPSIS: Roxane Delage, professeure d’archéologie à Marseille, se réveille, nue et hagarde, dans le salon d’une villa, où elle était venue expertiser un masque maya. Dans une pièce attenante… le cadavre d’un homme assassiné. Paniquée, elle s’enfuit.
Hugo Combas, atteint d’un cancer, apprend qu’il va bientôt mourir…
Quelques heures plus tard, c’est pourtant lui et Sabine Maupin, sa coéquipière et compagne, qui arrêtent Roxane Delage chez elle, devant sa fille Alma, 8 ans, et son mari Alexis. Mise en examen, toutes les preuves s’accumulent contre elle. Elle est incarcérée, puis finalement jugée et condamnée à une peine de douze ans de prison.
Hugo s’apprête à mourir seul dans un hôpital, sans Sabine avec qui il a rompu.
Huit ans plus tard, Roxane sort de prison ; Hugo, guéri, a repris du service… Le hasard les réunit, et ils reprennent l’enquête officieusement. L’objectif pour l’une est la vengeance, pour l’autre le pardon.

Il y a dans Innocente, dont France 3 diffuse les premiers épisodes ce samedi 1er octobre, tous les ingrédients des sagas qui rendent addictifs. Meurtres, coups bas, trahisons, secrets de famille… A l’instar de La vengeance aux yeux clairs qui vient de se clore sur TF1, Innocente ressuscite une veine de séries qui s’était fait discrète depuis quelques années. Mais en assumant tous les scories qui collent à ce type de programme, en allant au bout de son propos sans renier ni sa veine populaire, ni son sens de la dramaturgie, Innocente réussit à parfaitement embrasser son sujet et à nous tenir en haleine tout au long de ces six épisodes.

« 4 personnages féminins forts, atypiques, avec des motivations fortes. C’était une vraie volonté à la base » Gaëlle Cholet, productrice

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« La série parle vraiment de vengeance et d’injustice. J’avais très envie de ce rôle. Je suis allée rendre visite à des détenues en prison et elle m’ont aidé à comprendre ce que vit Roxane. Elles ont été très généreuses avec moi » Julie De Bona

Si on peut être surpris que le premier épisode prenne tout son temps pour installer l’intrigue qui se lancera véritablement dès l’épisode 2, le rythme n’en souffre pas pour autant, chaque pièce du puzzle s’agence et fait avancer le récit. Avec une intrigue qui se tient, qui ne connait pas de temps mort et qui ne délivre sa résolution qu’à la toute fin, difficile de faire la fine bouche devant une série qui ne ment pas sur ce qu’elle a à offrir et qui le fait bien.

« Le thriller devait déboucher sur l’émotion. c’est une descente aux enfers implacable avec chaque personnage qui a son moment. Ils amènent tous une personnalité différente. On essaye d’avoir un parti pris, un impact. J’aime bien être dans l’action, dans les regards. On essaye que tout le monde existe vraiment » Lionel Bailliu, réalisateur.

Alors tout n’est pas parfait, Innocente n’invente rien et n’innove pas vraiment mais c’est fait de belle manière. L’un des défauts qui ressort de la série, c’est par contre sans doute son format hybride et sa logique annoncée de n’être qu’une mini série évènement bouclée qui ne connaitra pas de suite. Cela oblige à condenser l’intrigue, à faire des ellipses narratives qui se ressentent parfois, mais ça donne également un rythme parfaitement adapté aux coups de théâtre qui se succèdent sans discontinuer.

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Le plaisir que l’on prend dans Innocente est aussi dû à une distribution étincelante où le sens de la troupe se ressent et où personne ne tire la couverture à lui. Chacun à ses moments et l’occasion de démontrer l’étendue de son talent même si Julie De Bona est clairement identifiée comme l’héroïne centrale. La comédienne dont le CV est de plus en plus séduisant (Une famille formidable, Le secret d’Elise et bientôt la saison 2 du Mystère du Lac pour TF1) est absolument parfaite dans le rôle de cette jeune femme qui a tout perdu et qui doit se reconstruire tout en assouvissant sa vengeance. Elle a l’occasion de déployer toute une palette de jeu et se révèle impressionnante. On n’oubliera pas sa longue plainte déchirante à son retour en détention après un parloir avec son mari et sa fille. Face à elle Sagamore Stévenin est très bon en flic malade et résolu, même s’il ne fait rien de plus que ce qu’il faisait déjà bien dans Falco. On prend plaisir à retrouver des habitués de ce genre de sagas que sont Alexandra Vandernoot (Méditérannée, Le Bleu de l’océan), Thomas Jouannet (L’été rouge, Nina) ou encore le toujours formidable Bernard Le Coq qui est impeccable en patriarche retors.  On saluera surtout deux autres rôles féminins importants campées par deux actrices magnifiques: Olivia Bonamy (Une pour toutes, MR73) qu’on n’avait pas revue à si belle fête depuis longtemps et surtout Jeanne Bournaud (Lazy Company, In America) qui dans le rôle d’Inès Ortiz est incroyable que ce soit en amoureuse, en jalouse pathologique ou en femme déchirée.

« Inès c’est un personnage génial à jouer, c’est jubilatoire » Jeanne Bournaud

Pour traditionnelle qu’elle soit, Innocente n’en reste pas moins de la belle ouvrage. Bien mise en images par Lionel Bailliu, elle permet de retrouver le sel de ces sagas qui nous apportent notre quota de rebondissements et de personnages auxquels on s’attache ou qu’on aime détester. Un plaisir qui se déguste.

Crédits: France 3

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