Critiques Cinéma

BEAST (Critique)

SYNOPSIS: Le Dr. Nate Daniels, revient en Afrique du Sud, où il a autrefois rencontré sa femme aujourd’hui décédée, pour y passer des vacances prévues de longue date avec ses deux filles dans une réserve naturelle, tenue par Martin Battles, un vieil ami de la famille, biologiste spécialiste de la vie sauvage. Mais ce repos salvateur va se transformer en épreuve de survie quand un lion assoiffé de vengeance, unique rescapé de la traque sanguinaire d’ignobles braconniers, se met à dévorer tout humain sur sa route et prend en chasse le docteur et sa famille.

L’art de la série B estivale s’est un peu perdu avec le temps sous les assauts de la vidéo et bien sur le changement de paradigme qu’à constitué l’arrivée des streamers, les grosses majors se focalisant sur les IPs et univers partagés à énorme budget. Il reste heureusement quelques artisans auxquels des studios malins comme Universal donnent leur chance. L’islandais Baltasar Kormákur ( 2 Guns, Everest) est de ceux-là et il le démontre à nouveau avec ce solide Beast. Toute tentative de « gonfler » le film aurait ruiné son efficacité . Ici pas de « world-building », pas de séquences d’exposition inutiles au-delà des séquences d’ouverture, et, une fois le récit lancé, il ne s’arrête plus. Le rythme donne au film un sens tangible de concentration et permet au cinéaste et aux acteurs de travailler avec un socle solide qui ne se dérobe pas sous leurs pieds. Bien qu’il n’offre rien de transcendant et qu’il repose sur un scénario assez classique, le film mené par Idris Elba fonctionne  grâce à une distribution engagée et à une direction solide. Parfois, le talent peut élever un concept basique en une expérience solide – et Beast réussit ce pari.

Beast se concentre sur Nate Samuels (Idris Elba) qui après le décès de son ex-femme d’un cancer tente de renouer les fils de sa relation avec leurs filles adolescentes, Meredith (Iyana Halley) et Norah (Leah Sava Jeffries). Ils visitent le pays d’origine de leur mère, l’Afrique du Sud, avec leur vieil ami Martin (Sharlto Copley), qui est devenu un expert de la faune dans la région. Leur safari de détente tourne court lorsqu’ils découvrent un village décimé par un lion. Les braconniers ont anéanti sa meute et quelque chose s’est alors brisé chez le  lion qui a massacré tous les humains dont il peut s’approcher suffisamment. Pris au piège dans le territoire du lion avec peu de ressources à leur disposition, la famille Samuels est forcée de se lancer dans un jeu du chat et de la souris alors qu’elle tente d’éviter la créature et de s’échapper pour se mettre en sécurité. Le premier acte qui décrit le drame du personnage cède très vite la place à un film très différent mais fonctionne grâce au casting. Elba et Copley ont un  rapport naturel et apportent à des personnages basiques  suffisamment de personnalité et de tristesse intérieure pour les rendre attachants. De la même façon les jeunes actrices Halley et Jeffries parviennent à donner assez de personnalité aux  filles au-delà de la peur et de la tension compréhensibles qui portent la majeure partie du récit. Une fois le film lancé, il change alors de rythme et de nature adoptant une ambiance de film d’horreur efficace. D’autant plus qu’il est fondé sur un concept réaliste, l’idée de visiter l’Afrique du Sud et de rencontrer un lion géant est terrifiante.

Le lion s’avère être un monstre de film d’horreur assez solide, une figure relativement peu exploitée au cinéma (on conseillera au passage une autre très solide série B des années 90 : L’Ombre et la Proie de Stephen Hopkins avec Val Kilmer et Michael Douglas) celui de Beast est implacable de la meilleure des manières avec ses attaques furtives, une motivation clairement établie et une résistance digne des meilleurs slashers , il survit aux coups de feu et se transforme en une force de la nature brutale. Outre la bête du titre les spectateurs vont faire le déplacement pour Elba, qui offre une performance réussie à la fois en veuf endeuillé et  survivant, il ne fait pas de son personnage un surhomme, s’en tirant souvent par la chance recevant de belles raclées dans presque chaque rencontre avec l’animal. Un combat décisif entre Elba et le lion rivalise presque avec la molestation de Leonardo DiCaprio aux mains d’un ours dans The Revenant dans le domaine de l' »action animale horrifique ».  Malgré un budget raisonnable, Beast est visuellement soigné, Kormákur et le directeur de la photographie le légendaire Philippe Rousselot (l’Ours, La Reine Margot mais aussi Constantine ou The Nice Guys) gèrent bien l’action, particulièrement quand on réalise la véritable portée de la menace du lion. Les moments dans des lieux restreints utilisent bien l’espace. Une séquence en particulier dans le village décimé – filmée en une seule longue prise – mélange le vide tranquille d’un village abandonné avec un sentiment de terreur claustrophobe très efficace. Les lions vus tout au long de Beast sont créés à l’aide d’effets numériques étonnamment convaincants, parfaitement intégrés à l’action.

Le scénario de Ryan Engle (Rampage, The Passenger) est basique jouant de temps forts assez attendus dans ce genre d’histoire tout au long du film mais pour être honnête toute tentative d’aller au-delà de ce canevas aurait sans doute nuit à l’efficacité du film. L’histoire laisse au cinéaste beaucoup de place pour jouer avec la tension et développer les personnages dans de petits moments entre le chaos. Beast est conçu comme un modeste film de série B, avec ses 90 minutes sèches, le rythme est solide, aucune scène n’est trop étendue et le spectateur ne doit jamais attendre trop longtemps pour voir le lion. Beast sait exactement quel type de film il est et comment se présenter de la manière la plus efficace.  En conclusion : Beast est un thriller eco-horrifique particulièrement solide, élevé par une performance étonnamment investie d’Idriss Elba et un Sharlto Copley toujours remarquable, une mise en scène forte de Baltasar Kormákur avec une belle mise en valeur des plaines de la savane africaine et un monstre de film d’horreur efficace sous la forme de son lion meurtrier.

Titre Original: BEAST

Réalisé par: Baltasar Kormákur

Casting :  Idris Elba, Sharlto Copley, Iyana Halley

Genre: Thriller, Action, Drame

Sortie le:  24 août 2022

Distribué par: Universal Pictures International France

BIEN

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