Critiques Cinéma

EVEREST (Critique)

4,5 STARS TOP NIVEAU

everest affiche

SYNOPSIS: Inspiré d’une désastreuse tentative d’ascension de la plus haute montagne du monde, Everest suit deux expéditions distinctes confrontées aux plus violentes tempêtes de neige que l’homme ait connues. Luttant contre l’extrême sévérité des éléments, le courage des grimpeurs est mis à l’épreuve par des obstacles toujours plus difficiles à surmonter alors que leur rêve de toute une vie se transforme en un combat acharné pour leur salut.

« Everest ». A l ‘évocation du nom de cette montagne, la première chose qui vient à l’esprit, c’est : « Le plus haut sommet du monde ». Et avec, tout le champ lexical de l’aventure : défi, dépassement de soi, nature, danger. Et ces termes, Hollywood en a fait la marotte de ses blockbusters depuis des décennies. Aussi, lorsque l’on voit arriver la bande-annonce du film éponyme, on sait déjà ce que l’on va voir : des hommes « ordinaires » qui se lance dans le défi d’atteindre le sommet ; une aventure qui poussera tout un chacun à se dépasser ; une nature sauvage, hostile, qui promet de nombreux dangers. A grands renforts de plans enneigés, de pentes venteuses, de nuages menaçants, mais aussi d’hommes qui se respectent, de femmes enceintes éplorées, de sportifs qui s’excitent et de camaraderie solidaire, on retrouve tous les éléments d’une intrigue qui, passée à la moulinette des studios, devient habituellement une soupe pleine de bons sentiments, d’effets spéciaux grandiloquents et d’humour testostéroné qui devraient pousser le spectateur moyen à se satisfaire d’avoir dépensé 10€ pour devenir par procuration un alpiniste hors-pair. On se rassure en se disant que, peut-être, dans les films de montagne dont on peut se souvenir, il y avait de quoi en prendre plein les mirettes. Cliffhanger était une série B de Renny Harlin qui s’assumait, portée par un Stallone des grands jours. Martin Campbell quant à lui privilégiait le mythe de l’Homme face à la Nature, en s’appuyant sur des effets spéciaux sensés scotcher son public à son fauteuil avec Vertical Limit. Deux façons d’aborder le sujet qui se défendent, mais dont s’affranchit avec une facilité déconcertante le réalisateur Islandais Baltasar Kormákur.

EVEREST 1

Car Everest est avant tout un pur film d’aventure humaine qui, sans mauvais jeu de mot, atteint les sommets du genre. Kormákur, jusqu’ici connu pour Contrebande ou le pop-corn 2 Guns, avec Denzel Washington et Mark Wahlberg, prend le temps d’exposer son film, par des images du Népal magnifique (l’équipe s’est rendue sur place pour filmer la majorité des scènes en décor réel) et par le soin apporté aux personnages. En effet, le cœur d’Everest n’est pas la montagne, mais le groupe d’alpinistes venu la défier. En réservant la moitié de son film à la présentation des personnages et de leurs motivations, le film parvient à donner la sensation au spectateur d’être lui même au côté de ces hommes attachants, joués par une tripotée d’acteurs bourrés de talents. Jason Clarke donne toute la mesure de son talent, après les décevants rôle qu’il avait eu dans Terminator Genisys et La Planète des Singes: L’affrontement. En guide charismatique et humain, il brûle la pellicule, sans jamais tirer à lui une couverture qu’ils sont nombreux à se partager. Josh Brolin est, comme toujours, excellent en texan bien plus fragile que sa jovialité naturelle le laisse paraître, Jake Gylennhaal se régale en alpiniste new âge et tête brulée, tandis que Keira Knightley, Emily Watson et Robin Wright portent juste ce qu’il faut d’émotion en incarnant les femmes restées sur la terre ferme.

EVEREST 2

Le drame, tiré d’une histoire vraie, n’en sera que plus douloureux. Kormákur aime et respecte ses personnages, mais brille aussi par la qualité de ses images. Rarement au cinéma on aura vu la montagne à la fois si belle et si dangereuse (sauf dans le Everest de 1998, réalisé pour les cinémas IMax, et dont une partie de l’équipe a participé au film), on aura été plongé au cœur des communautés d’alpinistes de l’extrême. Bien que gonflé en post-production à la 3D, le film envoie du bois et retourne le public. Et si la mention « tiré d’une histoire vraie » sert parfois une excuse aux pires horreurs, elle fait d’Everest une tornade d’émotion haletante. On regrette simplement que le film, en multipliant les personnages, en oublie parfois en chemin (Sam Worthington particulièrement, qui pourtant joue un personnage fascinant). Mais le réalisateur se rattrape en prônant une approche ultra réaliste, en choisissant d’être précis dans la chronologie des évènements, irréprochable sur l’aspect technique de l’alpinisme (on ne s’est jamais senti aussi en sécurité à 8 000 m d’altitude) et généreux avec chacun de ses excellents acteurs. Si vous voulez prendre une décongelé qui vous secoue le cocotier, c’est Everest qu’il faut aller voir, un incontournable de cette rentrée.

everest affiche

Titre Original: EVEREST

Réalisé par: Baltasar Kormákur

Casting: Jason Clarke, Jake Gyllenhaal, Josh Brolin

Keira Knightley, Emily Watson, Robin Wright …

Genre: Aventure

Sortie le: 23 septembre 2015

Distribué par: Universal Pictures International France

4,5 STARS TOP NIVEAUTOP NIVEAU

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