Critiques

REACHER (Critique Saison 1) Un charme pulp…

SYNOPSIS: Ancien de l’armée américaine, Jack Reacher s’est retiré de la police militaire. Il arpente le pays pour mêner des enquêtes périlleuses et survit grâce à des petits jobs…

Reacher est l’adaptation télévisée de la série de romans pulp du britannique Lee Child très populaire dans le monde anglo-saxon dont le neuvième tome One-shot fut adapté au cinéma en 2012 par Christopher McQuarrie sous le titre Jack Reacher avec Tom Cruise dans le rôle titre. En 2016 une suite Jack Reacher Never Go Back adaptant le 18e tome du même titre sous la direction de Edward Zwick (Le dernier Samouraï) ne connut pas le même succès. La société Skydance (les Mission Impossible) détentrice des droits du personnage décide alors de la décliner en série comme elle le fit pour le héros des romans de Tom Clancy Jack Ryan également sur le service  Amazon Prime. Les aventures de cet  ancien officier du corps de police militaire de l’armée américaine qui après avoir passé l’essentiel de sa vie à l’étranger parcourt désormais les États-Unis en bus tel un vagabond,  vivant de petits boulots tout en enquêtant sur des situations suspectes et souvent dangereuses offrent la trame idéale pour une série télévisée. Contrairement à la série  inspirée de Tom Clancy, Reacher s’appuie directement sur les romans de Lee Child, cette saison inaugurale adaptant la première aventure du personnage Killing Floor. C’est Nick Santora showrunner de la série Scorpion (4 saisons sur CBS de 2014 à 2018) et scénariste pour de nombreuses séries (Les Sopranos, Prison Break) qui pilote l’entreprise. Bien sûr, avec ce passage sur le petit écran (les mauvaises langues diront que le second film avait tout déjà d’un épisode de série) le rôle principal change de main, exit la star planétaire Cruise c’est l’acteur Alan Ritchson vu dans de nombreuses séries (Smallville, Titans) et quelques films (The Hunger Games: Catching Fire) qui lui succède, au grand soulagement paradoxalement des fans des romans et de leur auteur, pour une raison qui tient à l’adéquation entre le physique du comédien et celui de la description du personnage. Dans les romans Reacher est décrit comme un colosse blond d’un mètre quatre vingt seize pour 110 kilos bien loin du mètre soixante-dix  de la star de Mission Impossible. Ritchson et son mètre quatre-vingt huit et la masse de muscles prise pour l’occasion est sans doute plus à leur goût.

La série s’ouvre sur un meurtre brutal perpétré dans des champs par des hommes en combinaison de protection chimique, le lendemain Jack Reacher descend d’un bus Greyhound dans la ville fictive de Margrave, en Géorgie, parce qu’il se souvient que son frère a mentionné qu’un musicien de blues nommé Blind Blake y est décédé. À sa grande surprise, peu de temps après son arrivée, il est arrêté dans un restaurant local alors qu’il s’apprête à gouter une tarte, pour meurtre. Il doit essayer de prouver son innocence et va se retrouver à enquêter aux cotés Finlay (Malcolm Goodwin), le chef des détectives et Roscoe (Malcolm Goodwin), une femme officier qui le croit innocent sur une série de meurtres au cœur d’un complot meurtrier plein de flics pourris, d’hommes d’affaires louches et de politiciens corrompus. C’est sans doute le reflet du style des romans mais on retrouve dans une intrigue à la structure assez semblable au film de McQuarrie. On est en présence d’une trame assez classique avec ses archétypes familiers : l’industriel véreux qui tient sous sa coupe la région, le maire corrompu, qui reste néanmoins plaisante à suivre. En dépit du changement de gabarit de son interprète la personnalité du héros reste la même celle d’un justicier laconique doté d’un talent d’observation et de déduction digne d’un  Sherlock Holmes mais qui  peut sporadiquement faire preuve d’une violence inouïe. Sans avoir le charisme de Cruise, Richtson a assez d’assurance et d’ironie pour nous vendre le personnage, son physique impressionnant  faisant le reste. Le Jack Reacher de Tom Cruise était adepte d’une violence froide, d’une précision clinique pour disposer de ses adversaires, là où celle de Richtson est plus dévastatrice et brutale usant de son physique de tank pour écraser ses opposants. Le style visuel, les décors et l’ambiance de Reacher ne sont pas très différents de ceux des séries policières de networks, on est pas là dans de la prestige TV qui cherche une facture cinématographique. Les comédiens qui entourent Richtson, -on reconnait Kristin Kreuk la Lana Lang de Smallville  ou cette vieille baderne de Bruce McGill  (Le dernier Samaritain)- sont solide,s mais aucun ne se distingue vraiment. Mais ce qui distingue Reacher de procedurals comme NCIS ou Hawai Five-0 c’est son niveau de violence graphique avec des scènes de corps à corps d’une brutalité qui rappelle la grande époque  des films de Steven Seagal membres fracturés, yeux éborgnés, il y a du Terminator (autre IP exploitée par Skydance) dans la façon dont Reacher dispose de ses adversaires. La série n’hésite pas à exposer le corps nu crucifié d’un policier dont on a sectionné les parties intimes. Si Reacher  ne va pas révolutionner votre classement des meilleures séries de l’ère de la Peak TV  mais si vous aimez les intrigues policières, les héros solitaires à l’ironie tranchante et aux poings dévastateurs  et comme dirait le héros d’Orange Mécanique  a bit of the old ultra-violence , vous serez sensible à son charme pulp.

Credit : Amazon Prime 

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