Critiques Cinéma

HERCULE (Critique)

2,5 STARS MOYEN

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SYNOPSIS: Mi-homme mi-légende, Hercule prend la tête d’un groupe de mercenaires pour mettre un terme à la sanglante guerre civile qui sévit au royaume de Thrace et replacer le roi légitime sur le trône. Âme tourmentée depuis la naissance, Hercule a la force d’un dieu mais ressent aussi les peines et les souffrances d’un mortel. Sa puissance légendaire sera mise à l’épreuve par des forces obscures.

Dwayne « The Rock » Johnson endosse endosse la défroque du demi-dieu qu’il rêve d’incarner depuis l’enfance sous la caméra de Brett « The Rat » Ratner pour ce film librement adapté du comics  Hercules : The Thracian Wars. Si le film s’ouvre bien sur la description de quelques uns de ses travaux les plus fameux, le film n’a rien de l’adaptation de la mythologie ni même d’un ersatz du Choc des TitansDwayne Johnson affronterait deux heures durant un bestiaire de créatures en CGI ce que vendait le marketing du film. L’Hercule du film n’est pas un demi-dieu mais un aventurier qui parcourt la Grèce à la tête d’une bande de mercenaires rencontrés au cours de ses tribulations: le spartiate Autolycus (Rufus Sewell du bon coté pour une fois), l’amazone Atalanta (Ingrid Bolsø Berdal), l’homme-bête Tydeus (Aksel Hennie) et l’oracle Amphiaraus (Ian McShane) se vendant au plus offrant. Mieux, ses exploits fantastiques sont en fait des récits que rapporte par son neveu Iolaus afin d’effrayer leurs futurs ennemis et faire monter la « cote » d’Hercule auprès de ses futurs employeurs. Bientôt ils sont engagés par le vieux seigneur de Thrace Lord Cotys (John Hurt) pour entraîner ses armées et l’aider à préserver son royaume des assauts du mystérieux Rhesos qu’on dit doté de pouvoirs surnaturels à la tête d’une armée de « centaures ». 

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C’est parce qu’il s’inspire vaguement d’une bande-dessinée très documentée sur l’histoire grecque (écrite par Steve Moore) que le film garde quelques traces de son effort de déconstruction du mythe. Il intègre la part plus sombre de la légende d’Hercule qui, frappé de folie par la déesse Hera, tua sa femme et ses enfants. Quand s’ouvre le film, Hercule est hanté par des visions de la mort de sa famille : en est il responsable ? [SPOILER : non The Rock n’a pas tué femmes et enfants dans un summer movie]. Le scénario du film est par ailleurs assez bien structuré offre quelques rebondissements sympathiques. Brett Ratner se traîne une réputation atroce auprès des « cinéphiles », en partie due à son attitude exubérante (et aussi de rumeurs d’agressions sexuelles). Si on peut dire que sa filmographie ne compte aucune œuvre impérissable  il serait stupide de lui nier des qualités techniques qui en font un « shooter » solide. Il privilégie des compositions de plans classiques et un montage fluide plutôt que de la shaky-cam et des coupes hystériques. Il est en tout cas assez malin pour s’entourer des mêmes collaborateurs : à la photo Dante Spinotti qui a éclairé Heat, LA Confidential ou Le dernier des Mohicans (quand même!)  qui garantit un certain niveau d’esthétique et au montage Mark Helfrich qui a une certaine expérience dans les films d’action avec des mecs balèzes puisque le monsieur à monté des petits films comme Predator et Rambo II. On sent que l’ami Brett aime BEAUCOUPTroy (et il a raison nous conseillons à tous le film dans sa version longue) la conception artistique, les costumes et les deux grandes scènes de batailles doivent énormément au film de Wolfgang Petersen. Les combats même si ils sont dans les limites du PG-13 sont assez violents pour contenter les amateurs. Ratner en bon cinéaste « populiste » utilise la 3D de manière ludique avec des nombreux objets ou fragments projetés vers le spectateur et en bon technicien la rend suffisamment lumineuse et colorée. Il s’arrange toujours pour réunir un casting de solides vétérans (un parcours sur IMDB de la liste des acteurs qui ont joué dans ses films est assez éclairant ) ici ces vieilles badernes de Ian McShane (John Wick, Deadwood) John Hurt ou même Peter Mulan (bien loin des films naturalistes anglais et que vous pouvez retrouver dans la brillante série Ozark sur Netflix) qui semblent bien s’amuser et « vendent » les dialogues clichés du film.

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Si Dwayne « The Rock » Johnson est loin d’être le pire athlète reconverti dans la comédie il n’a pas encore le métier pour incarner de manière crédible les tourments de son personnage, de même son charisme « cool » s’adapte mal aux scènes ou il doit galvaniser ses troupes à la manière d’un Gerard Butler dans 300. Dans sa deuxième partie le film tourne le dos à toute tentative de déconstruction du mythe, les décors naturels font place à des intérieurs de studios et on bascule dans le péplum « à l’italienne » avec ses fourbes et des exploits quasi super-héroïques pulsé par une musique tonitruante. Ratner rend d’ailleurs un hommage appuyé aux films avec Steve Reeves reprenant l’image iconique d’Hercule enchaîné. Mais le côté « Cinéma de quartier » (ah la nostalgie des cycles de Jean Pierre Jeunet sur Canal + à la grande époque…) et le coté assumé de ce virage invite à l’indulgence. Même le cri « I am Herculeeees » un peu ridicule passe à peu prés bien dans le contexte. A noter qu’avec sa durée modeste d’une heure quarante il  évite les longueurs qui affectent beaucoup de grosses productions actuelles. Loin de la catastrophe que laissait présager à l’époque son marketing  et son échec au box-office US, Hercule est un divertissement tout à fait honorable qui ressuscite sans prétention les joies du cinéma de quartier.

Hercule-cliff-and-coTitre Original: HERCULES

Réalisé par: Brett Ratner

Casting : Dwayne Johnson, Rufus Sewell, Aksel Hennie …

Genre: Action, Fantastique, Péplum

Sortie le: 27 aout 2014

Distribué par: Paramount Pictures France

2,5 STARS MOYENMOYEN

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