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LES GRANDS (Critique Saison 3) Les grands sont des géants…

les grands s3 affiche cliff and co

SYNOPSIS: Les Grands sont en Terminale. Kenza rêve d’étudier le droit à Paris mais Boogie ne se voit pas quitter sa ville natale. Hugo passe sa vie sur une appli de dating, enchaînant les plans cul dans le dos de sa copine et se découvre une passion pour la photo. MJ est persuadée qu’Humbert est son père biologique. Ilyès est à fond dans la fête et expérimente tous les excès. Quant à Avril, le retour-surprise de Maxime va l’ébranler et faire ressurgir son passé douloureux. A quelques mois du bac, la bande profite des derniers moments ensemble pour s’éclater, avant l’heure des choix

 

Notre critique de la saison 1 ici

Notre critique de la saison 2 ici

Deux ans après une saison 2 qui nous avait transpercé le cœur et l’âme, décuplant la réussite de la saison 1, Les Grands reviennent enfin pour clore une sublime histoire qui nous aura apportée un bonheur indescriptible. En vingt épisodes Les Grands nous ont faits rires transportés et émus, ils nous ont touchés par leur petite musique singulière, ils sont devenus plus que des personnages de fictions à nos yeux mais des personnages importants de nos vies auxquels nous nous sommes attachés et identifiés plus que de raison. Mais quand on aime on ne compte pas et c’est avec les yeux de Chimène que l’on a découvert cette troisième et ultime saison. C’est peut-être la raison pour laquelle on aura été peut-être plus indulgent qu’on ne l’aurait été si la fin ne frappait pas à la porte, escortant nos regrets de devoir faire nos adieux à nos copains. Forcément on n’a pas envie de dire au revoir aux gens qu’on aime, se dire qu’on ne les reverra plus, que comme d’anciens copains de lycée, on ne se souviendra que des bons moments qui nous auront liés à tout jamais et qui auront rythmés une partie de nos vies, mais qui finiront par devenir des souvenirs que l’on chérit avant de s’effacer progressivement dans les brumes de nos mémoires. Cette troisième et dernière saison n’est intrinsèquement pas aussi drôle, ni aussi émouvante que sa devancière, les petites touches d’onirisme qui enrobaient certaines séquences sont moins présentes (si l’on excepte le dernier épisode) mais on est pourtant toujours sous le charme de cette série dont on se dit qu’elle a été faite exprès pour nous, qu’elle correspond pile poil à notre sensibilité, qu’elle épouse la courbe de tout ce qui nous fait vibrer. Parce que Les Grands c’est nous…

Et pourtant le time-jump de deux ans opéré par les scénaristes (Joris Morio, Victor Rodenbach et le réalisateur Vianney Lebasque) et que l’on a souvent reproché aux auteurs des nombreuses fictions qui l’ont employé ces dernières années, n’était pas spécialement de nature à nous rassurer. Car aussi efficace, soit-il, le time-jump est souvent un outil de facilité pour refermer des arches qui avaient besoin de temps pour se déployer. Deux ans ont donc passé et nos Grands le sont encore plus et comme le veut leur âge (18 ans) leurs préoccupations changent, leurs envies, leurs aspirations, leurs peurs évoluent et par là même les personnages mutent et passent du statut d’adolescent à celui de jeune adulte. On est un peu décontenancé, avouons-le, de voir nos héros adopter des attitudes de plus en plus borderline, d »employer un langage beaucoup plus dur et imagé, bref de changer. Et puis on se dit qu’en fait ils sont comme les adolescents que l’on a été, comme ceux que l’on côtoie encore, ils sont dans la rébellion, dans l’exaltation, dans l’expérimentation, dans l’audace, dans l’appréhension de l’avenir, dans l’envie d’aimer et d’être aimé mais aussi dans la crainte d’être mis en cage avant d’avoir vécu. Du coup, on comprend qu’ils ne sont plus tout à fait les mêmes mais qu’ils ne sont pas totalement différents pour autant et on accepte certaines conventions de scénario qu’on n’attendait pas particulièrement, car la série ne perd pas ce qui fait son sel : le cœur de ses personnages et leurs palpitations.

Fort heureusement la série conserve aussi une justesse dans ses dialogues et le naturel des comédiens est toujours aussi patent, que ce soit dans la légèreté ou lorsque l’on voit des situations dramatiques poindre, même si la série ne bascule jamais dans le drame qui n’est pas naturellement dans son ADN. Vianney Lebasque dont la réalisation prend à nouveau une plus grande ampleur poursuit un travail formel audacieux et magnifique, jusqu’à réaliser une véritable prouesse technique pour l’épisode 8 que l’on vous laisse le plaisir de découvrir. La photographie de Martin De Chabaneix reste toujours en parfaite adéquation avec le propos et on n’oubliera pas les envolées visuelles, qui, si elles se concentrent surtout sur les trois derniers épisodes n’en sont pas moins splendides.

En trois saisons, Les Grands ont imposé une patte visuelle, un univers unique, ce qui, dans l’économie des séries OCS est une réelle prouesse. C’est à la fois une série d’auteur et une série populaire, une série qui vous emporte dans le sillage de cette bande tellement touchante, tellement attachante, tellement vivante. A l’instant de devoir leur dire adieu, forcément nos cœurs se serrent, on voudrait que ça dure encore et encore. Mais il faut bien lancer le dixième épisode de cette troisième saison et l’ultime épisode de la série, d’une durée spéciale de 66 minutes dont on souhaiterait qu’elles ralentissent, qu’on puisse les retenir pour pouvoir les garder près de nous. Cet épisode merveilleux nous touche et nous étreint de bout en bout, chaque chose trouve sa place sans que l’on puisse être déçu par la solution choisie pour refermer cette série magnifique. Une solution évidente, belle, douce et tendre, d’une pudeur et d’une justesse bouleversantes, portée entre autre par la musique sublimissime qui a été de la partie durant l’ensemble de la série (Audrey Ismael et Bastien Burger réussissant des exploits). Vous pensez peut-être que l’on en fait trop, que l’on en rajoute dans l’emphase. Vous aurez sans doute raison. Mais on assume notre émotion, nos yeux embués au moment de voir Les Grands nous quitter. On n’en oubliera jamais aucun d’entre eux, MJ, Hugo, Kenza, Boogie, Ilyes, Avril, Dylan… Et on n’oubliera pas non plus Adèle Wismes, Théophile Baquet, Romane Lucas, Grégoire Montana, Pauline Serieys, Sami Outalbali, Rio Vega… Ils sont tous à nouveau formidables et on les aime d’avoir poursuivi ce chemin pour arriver jusqu’à nous. Les Grands avec leurs trois saisons forment une cartographie de la série adolescente en France qui a peu, voire pas d’équivalent. Ils sont les garants d’une série que l’on chérira longtemps. Les Grands dans nos yeux aujourd’hui, sont tout simplement géants.

Crédits: OCS / Empreinte Digitale

 

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