Critiques

LA PART DU SOUPÇON (Critique Fiction Unitaire) Classique mais d’une redoutable efficacité…

SYNOPSIS: Alice vit le bonheur ordinaire d’une mère de famille quand tout bascule : l’homme de sa vie, Thomas, le père de son enfant, est soupçonné d’être Antoine Durieux-Jelosse, l’homme qui a défrayé la chronique pour avoir disparu après avoir tué toute sa famille quinze ans auparavant. Depuis tout ce temps, la commandante Sophie Lancelle n’a jamais arrêté de chercher cet homme ayant commis l’impensable et elle est prête à tout pour le retrouver. Entre ces deux femmes que tout oppose, un homme crie son innocence.

C’est la seconde fiction avec Un Homme ordinaire pour M6 à prendre cœur dans l’un des faits divers les plus médiatisés de ces dernières années: L’affaire Xavier Dupont de Ligonnès. Réalisé par Christophe Lamotte sur un scénario de Julien Messemackers et Clothilde Jamin, La Part du Soupçon fait un pas de côté avec le fait divers et met en scène Kad Merad dans le rôle d’un homme soupçonné d’avoir refait sa vie quinze ans après avoir assassiné toute sa famille. Chassé par une commandante de police, ce dernier voit son nouvel équilibre familial se fissurer et il doit faire face à la suspicion grandissante de sa nouvelle épouse, bien qu’il affirme sans discontinuer être victime d’une méprise. En prenant des libertés avec la véritable histoire dont il s’inspire, le scénario de La Part du Soupçon trouve un angle extrêmement malin pour nous faire nous interroger sur la culpabilité ou non de cet homme en apparence sans histoires.

La réalisation de Christophe Lamotte, efficace et sans fioritures illustre parfaitement un récit qui va à l’essentiel et qui est très prenant. Les rebondissements, si ils ne sont pas toujours très surprenants fonctionnent bien et nous tiennent en haleine grâce notamment à des dialogues qui ne sont pas redondants avec ce que l’on voit. Kad Mérad, déjà excellent dans Baron Noir, montre ici une autre facette de son talent. Il parvient à être littéralement flippant et glaçant au fil des minutes et malgré tout on n’est jamais certain de sa culpabilité ou non. Ce flou qui subsiste quasiment tout du long participe à la réussite de l’ensemble.

La distribution est aussi un des points forts de ce téléfilm. Face à Kad Mérad, Géraldine Pailhas (déjà réunis par Christophe Lamotte dans Disparue en hiver, 2015), malgré un personnage assez basique parvient à lui amèner une vraie densité et une forte personnalité. Laurence Arné quant à elle, plus habituée à la comédie, s’avère extrêmement juste et touchante. La Part du Soupçon bien que relativement classique est d’une redoutable efficacité même si le manque de profondeur dramatique et d’émotion ne lui permet pas de se transcender pour atteindre l’excellence.

Crédits: BEAUBOURG STORIES (Stéphane Marsil) / TF1

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