Critiques Cinéma

STRANGER THINGS (Critique Saison 3) En nette baisse…

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SYNOPSIS: L’été arrive à Hawkins, Indiana. L’école est finie, il y a un tout nouveau centre commercial en ville et la bande d’Hawkins a bien grandi. Des histoires de cœurs naissent et compliquent les relations dans le groupe, et ils devront réussir à grandir sans s’éloigner les uns des autres. Mais le danger rôde. Quand la ville est menacée par ses vieux ennemis et de nouveaux, Eleven et ses amis découvrent que le mal ne disparait pas, il se transforme. Pour survivre, ils vont devoir rester soudés et se rappeler que l’amitié est plus forte que la peur.

Retrouvez la critique de la saison 1 ici et de la saison 2

Un an et demi après sa saison 2, voici le retour de Stranger Things, disponible depuis le 4 juillet sur Netflix. Attendue au tournant par les fans comme par les critiques, la saison 3 arrive comme l’un des événements séries de l’été pour la plateforme qui n’aura pas lésiné sur la promo pour teaser ces huit nouveaux épisodes. La saison 3 commence début juillet de l’année 1985. Près de six mois après les évènements de la saison 2, chaque membre d’Hawkins a évolué sentimentalement, professionnellement, scolairement… Ou alors pas du tout. Le chef Hopper voit la relation d’Eleven avec Mike d’un très mauvais œil, Dustin est parti dans un camp scientifique, et Joyce s’efforce de maintenir son commerce debout face à la menace du centre commercial qui vient d’ouvrir en périphérie de la ville. Mais que serait un été sans son lot de créatures venues tout droit de l’Upside Down ? Billy aurait aimé ne jamais avoir de réponse à cette question, et pourtant le jeune homme va être le point de départ d’une nouvelle invasion de monstres, cette fois provoquée par les expériences des Russes…

Si le résumé de la saison vous rappelle celui des deux saisons précédentes, c’est normal. Les frères Duffer évitent toute prise de risque et recyclent beaucoup d’intrigues déjà vues pour en proposer un best-of, au risque de se priver de toute originalité. Admettons-le, la série n’a jamais été réputée pour proposer des intrigues originales, mais ici le point de non-retour est vite atteint et il est impossible de ne pas soupirer en voyant, une nouvelle fois, cette brèche fermée par Eleven se rouvrir pour la troisième fois. Plus globalement, là où la saison 2 proposait des rebondissements intéressants, cette nouvelle saison déçoit par son manque de surprises et s’avance sur un sentier balisé, sans aucun risque narratif. Les huit épisodes défilent péniblement, et l’on en vient à se demander où est passée l’âme de la série ? S’est-elle égarée dans le centre commercial flambant neuf, décor certes impeccable et théâtre des plus gros développements de la saison ? Ou dans cette fête foraine du 4 juillet qui finit par être un pétard mouillé ?

On ne le sait pas, mais il faut une nouvelle fois compter sur le talent des acteurs pour sauver les meubles. La révélation de la saison étant sans conteste Robin, jouée par Maya Hawke, et qui apporte un rafraîchissement bienvenu dans ses dynamiques avec Steve et Dustin. Ces derniers se révèlent être une nouvelle fois un duo gagnant et il est dommage qu’ils soient séparés du reste de la bande aussi longtemps. La plus grosse déception reste tout de même le duo Joyce/Hopper. Très apprécié des fans, le duo passe quasiment toute la saison ensemble et arrive à en faire surjouer ses acteurs pour les pousser dans une intrigue poussive qui gâche deux saisons d’écriture pour Hopper. Jusqu’ici bougon mais sensible, Hopper perd ici toute nuance, devenant un mâle surprotecteur et manipulateur. Un changement d’écriture invraisemblable qui tâche l’un des meilleurs personnages de la série.

Reconnaissons malgré tout à cette saison le fait de prendre une direction plus sombre pour ses personnages. Et de traiter d’un sujet somme toute mélancolique : le passage à l’âge adolescent, où les amitiés se délitent parce que chacun prend une direction différente. Will par exemple, toujours en quête d’une partie de Donjons & Dragons, doit composer avec la vie sentimentale de ses amis, quasiment tous casés, et affronter la perspective de poursuivre ses hobbies désormais seul. Un sentiment cruel mais inhérent à notre évolution, qui aurait mérité un meilleur traitement, mais ayant le mérite d’exister, et qui sera intéressant à suivre en saison 4. Par ailleurs, on saluera la qualité des personnages féminins cette saison. Joyce, Erica, Robin, Max, Eleven et Nancy élèvent le niveau, proposant chacune avec leurs personnages des femmes fortes, indépendantes, qui luttent pour se faire une place auprès de leurs confrères masculins. Un parfum évident de MeToo flotte autour de Nancy, mais cela a le mérite d’être fait.

Du côté de la mise en scène, c’est nettement moins inspiré qu’en saison 2 (il manquerait, par exemple, un Andrew Stanton pour relever le niveau), mais reconnaissons la qualité des effets spéciaux, tant pour les affreux bestiaux que pour l’Upisde Down en soi. Netflix continue d’allouer des budgets généreux pour ses blockbusters et à défaut d’apporter le soin nécessaire aux scripts, les promesses visuelles sont tenues. En revanche, carton rouge à la bande originale insupportable, constituée de hits des années 80 balancés toutes les dix minutes. C’est irritant au possible, là où les frères Duffer s’étaient pourtant calmés avec les références comparé aux deux premières saisons.

De chouettes nouveautés et un casting toujours aussi enthousiaste ne compensent pas les immenses faiblesses scénaristiques de cette saison 3 de Stranger Things, en nette baisse par rapport aux saisons précédentes. Malgré un propos sur la difficulté de passer à l’âge adulte et des personnages féminins forts, les redondances s’amoncellent et finissent par ennuyer, se payant en plus la tristesse de n’avoir aucune surprise dans son sac. La fin de cette saison annonce cela étant un renouveau global pour la suite des événements, et on sera donc là pour voir la suite des aventures de la bande d’Hawkins. Accessoirement, on vous conseille de ne pas zapper le générique du final de la saison…

Crédits: Netflix

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