Critiques Cinéma

FACTORY (Critique)

 SYNOPSIS: Réagissant à la vente frauduleuse de leur usine, plusieurs ouvriers décident d’enlever l’oligarque propriétaire des lieux. Ils sont menés par “Le Gris”, un ancien des forces armées. L’enlèvement tourne à la prise d’otage, et, rapidement, la garde personnelle du patron encercle les lieux.

Factory revient d’un voyage en Festivals terminant en France, à Beaune, au Festival International du Film Policier. Le film écrit et mis en scène par Youri Bykov (qui signe ici son deuxième film, après L’Idiot) a intégré la sélection officielle et s’apprête à sortir sur le territoire français un an après sa sortie dans son pays d’origine. Factory raconte l’histoire d’ouvriers payés au lance-pierre travaillant dans une usine menacée de fermeture par le riche patron du bâtiment. Le Gris, un homme déterminé, convainc plusieurs collègues de passer à l’offensive en enlevant leur patron, Kalouguine, en demandant en échange assez d’argent pour pallier à leur très probable licenciement. Lorsque l’équipe chargée de la sécurité de Kalouguine, menée par La Brume, arrive sur place, la situation se transforme en prise d’otage.

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Le film se présente comme un thriller ponctué de drame et de scènes d’action dans un habile mélange qui pousse son concept et ses thèmes au maximum de son potentiel. Car oui, Factory est une franche réussite, tendue et rythmée, qui balance le spectateur dans tous les sens. Bykov signe un long-métrage russe très précis et jouant avec le manichéisme, en développant brillamment tous les personnages de son intrigue, peu importe le camp dont ils font partie. Car la question est fréquemment posée : qui sont les méchants ? Y en a-t-il dans cette histoire ? Cela joue beaucoup via la relation qui se crée entre Le Gris et La Brume (le meneur de la sécurité personnelle de Kalouguine), formant ici un parallèle frappant et perturbant.

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De son concept Factory tire beaucoup en ne forçant pas, et fait passer en douceur une histoire qui pourrait paraître lourde au premier abord. Le film dure 2 heures, et se déroule en huis-clos, et presque en temps réel à partir du moment où la prise d’otage commence. Mais c’est la force du long-métrage : il se limite à une seule intrigue, en prenant soin de bien développer tous ses personnages, et en déployant tous les thèmes qu’il souhaite aborder. Ainsi, on ne voit certainement pas les 2 heures passer tant le spectacle est assuré, et tant le film pose de questions. Factory est une plongée passionnante dans ce qui se révèle être une lutte des classes plus profonde qu’il n’y paraît, où le spectateur peut choisir le camp qu’il veut à chaque instant. Le film pose des questions précises pour développer des thématiques très pertinentes dans une société portée par des classes supérieures, faisant souffrir les classes inférieures. Bykov met en scène un long à la Bong Joon-Ho (Parasite, Snowpiercer, …) façon russe, particulièrement moderne et libérateur. C’est là une très bonne surprise, rythmée et calibrée pour frapper juste et fort. Il faudra également souligner la force de la bande originale, utilisant des thèmes musicaux accentuant l’aspect tendu de l’ensemble.

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Le concept de Factory demande également énormément à son casting, qui se doit de tenir convenablement une situation aussi complexe qu’une prise d’otage politique. Et la crédibilité est largement assurée par un casting particulièrement juste et constamment au top. Denis Shvedov tient le groupe des ouvriers d’une main de maître, en jouant Le Gris, un homme torturé et déterminé à accomplir sa tâche. A ses côtés, Andreï Smoliakov incarne le (à priori) détestable patron Kalouguine avec justesse dans un calme perturbant et parfois même inquiétant. On citera également Vladislav Abashin qui campe La Brume, qui se pose comme l’antagoniste principal du film, plus complexe et moins manichéen qu’il n’y paraît. Il s’en sort admirablement, et crève même parfois l’écran. Dans l’ensemble, Factory est une grande réussite, un long-métrage particulièrement tendu et rythmé qui cherche à questionner le spectateur en développant au maximum les personnalités complexes de ses personnages. Ils existent dans un certain contexte social qui paraît très juste et très crédible. Ainsi, un visionnage de Factory est vivement conseillé pour ne pas louper un thriller social brûlant (ou au contraire, glacé), qui ne se repose pas sur son concept de base et qui pousse loin ses thématiques intrinsèques.

factory affiche cliff and co

Titre Original: ZAVOD

Réalisé par: Yuri Bykov

Casting : Denis Shvedov, Vladislav Abashin, Andrey Smolyakov …

Genre: Thriller, Drame

Sortie le: 24 juillet 2019

Distribué par: Kinovista / Bac Films

EXCELLENT

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