Critiques

STRANGER THINGS (Critique Saison 2) Une ambiance nostalgique et effrayante, des références par dizaine…

SYNOPSIS: Hawkins, Indiana, 1984. Les citoyens sont toujours sous le choc des attaques du Demogorgon et des expériences secrètes du laboratoire. Will Byers est rescapé du Monde à l’envers, mais une sinistre présence continue à menacer les survivants.

Après plus d’un an d’attente, elle est enfin là: la 2ème saison de Stranger Things! Définissant des nouveaux standards de binge-watching (plus de 8 millions de téléspectateurs pour la 1ere saison en 15 jours, sans compter les piratages), Stranger Things a rapidement remplacé House of Cards comme série la plus populaire de Netflix. Il n’y a qu’à voir le bruit assourdissant qui accompagne la sortie de ces 9 nouveaux épisodes (très intelligemment diffusés le week-end d’Halloween) pour comprendre l’engouement que les aventures d’une bande de gamins au milieu des années 80 peut provoquer partout où la série est diffusée. Revue critique en 7 points.

ATTENTION SPOILERS INSIDE

Si vous n’avez pas vu la série, attention, cet article contient de nombreux spoilers.

Le retour des anciens personnages


Ne nous le cachons pas, la principale cause d’addiction à Stranger Things tient à son casting et ses personnages, tous deux impeccables. Qui n’a pas rêvé faire partie d’une bande de potes telle que celle que forment Mike, Will, Lucas et Dustin ? Qui ne se retrouve pas dans les histoires de cœur compliquées de Nancy, Jonathan et Steve ? Osez dire que vous ne vous êtes pas attachés au taciturne mais juste Jim Hopper, ou même à la un peu cinglée mais pleine d’amour Joyce Byers ? Et je ne vous parle même pas d’Eleven, que tous ici présent nous rêverions d’adopter. Et bien ils sont tous de retour, et toujours incarnés par des acteurs au top de leur forme. Les frères Duffer, les créateurs de la série, ont bien compris que de soigner leurs personnages était la clé d’un show réussi. Aussi ne se reposent-ils pas (trop) sur leurs lauriers, et changent-ils l’univers narratif qu’ils ont créé. En effet, des combinaisons de personnages différentes (Hopper/Eleven, Dustin/Lucas), le retour de Will, incarné par un Noah Schnapp proprement hallucinant (et qui mériterait très largement un Emmy pour sa performance), des dynamiques nouvelles pour tout le monde, ou encore pas mal d’intrigues de la saison précédente qui trouvent leur réponse dans cette nouvelle fournée… Oui, Stranger Things Saison 2 ne vous arnaque pas sur la marchandise.

Les nouveaux personnages


Il n’est pas chose facile que d’amener de nouveaux personnages dans une série dont l’alchimie fonctionnait si bien entre les protagonistes d’origine. Pourtant, cette saison 2 accueille une poignée de « characters » auxquels on s’attache très rapidement, même s’ils ne s’intègrent pas tous de manière totalement harmonieuse dans l’univers des frères Duffer. Celui qui le fait de la manière la plus naturelle, et pour cause, c’est Bob Newby, le nouveau petit ami de Joyce Byers. Bob, c’est le gars gentil par excellence, que l’on a du mal à accepter au début, parce qu’il prend la place de Hopper, que l’on voulait tous voir finir avec Joyce à la fin de la saison 1. Pourtant, très vite, il s’impose comme une pièce essentielle de la mécanique scénaristique de cette saison 2, porté par un Sean Astin au meilleur de sa forme. Acteur culte pour les fans de fantasy (il est le Samwise Gamgee du Seigneur des Anneaux), Astin est surtout l’un des membres originels des Goonies, l’une des principales inspirations des frères Duffer. Autre acteur culte convoqué, Paul Reiser, star des comédies TV aux États-Unis, et membre du casting du Aliens de James Cameron. Il prend ici la suite de Matthew Modine à la tête du mystérieux laboratoire de Hawkins.. Un grand oui pour l’arrivée d’une autre héroïne badass,  » Mad  » Max (Sadie Sink), fraichement arrivée à Hawkins, et qui fera tourner bien des têtes parmi nos jeunes héros. Notre petit coup de cœur perso: le frère de Max, Billy, complètement perturbé, cliché ambulant des années 80’s option hard rock et mulet, et incarné par le très magnétique Dacre Montgomery. Enfin, last but not least, Eleven retrouvera l’une de ses petites camarade d’enfance, en la personne de Kali, taguée numéro 8, et capable de manipuler les esprits.

Les références


Autre grand plaisir coupable de Stranger Things: replonger au cœur des années 80, enfance insouciante pour une partie du public, bercée par un BO rock et les bégaiements de la culture geek. Pour la saison 1, les frères Duffer invoquaient l’esprit de David Cronenberg, du Ridley Scott d’Alien, ou encore de tout un ensemble d’œuvres de Steven Spielberg. Pour cette saison 2, on retrouve certaines références aux 3 mêmes maitres, notamment à Poltergeist, Jurassic Park, Rencontres du 3e type ou Indiana Jones, réalisés par Spielberg, ou aux Goonies et aux Gremlins, produits par ce dernier. Mais le spectateur est aussi entrainé sur d’autres terrains, plus horrifiques. On pense beaucoup à L’Exorciste, à Ghostbusters, à Dracula, Vendredi 13, au Sam Raimi époque Evil Dead, ou au James Cameron d’Aliens et du Terminator premier du nom (sorti aux États-Unis le week end où les évènements de cette saison 2 se déroulent..) Les aventures d’Eleven sont elles profondément marquées par Stephen King (Carrie, Charlie), ainsi que par l’univers du culte Warriors (Les Guerriers de la Nuit en VF), de Walter Hill, avec une ambiance plus urbaine, appuyée par une BO qui lorgne souvent vers le hard rock. C’est d’ailleurs l’un des twists de cette saison 2: sa BO, toujours exceptionnelle, se dynamise, n’hésitant pas à faire appel à Queen, Duran Duran, The Police, Bon Jovi, The Runaways, Mötley Crüe, Les Clash, Cyndi Loper, Scorpions ou les trop méconnus Tangerine Dream. Plus intense, plus violente, la BO de cette saison 2 est toujours harmonieusement mise en musique par Kyle Dixon, coupable de la cultissime BO de la première saison.

L’ambiance

Maîtres de l’ambiance, Matt et Ross Duffer ne nous déçoivent pas pour cette deuxième saison. La reconstitution d’une petite ville américaine du milieu des années 80 est exceptionnelle, aucun détail n’est laissé au hasard. On a même droit cette année à une visite des bas-fonds de Chicago, là aussi parfaitement exécutée. Décors, costumes (voir les déguisements d’Halloween des habitants d’Hawkins), musique et mise en scène : l’incroyable travail des équipes de Stranger Things réussit à nous transporter dans l’Amérique de Reagan avec une déconcertante facilité. Spoilers: après avoir visionné les 9 épisodes de Stranger Things 2, vous n’aurez qu’une envie, déménager à Hawkins et aller faire un tour aux arcades de la ville. On retrouve également l’univers si particulier de l’Upside Down, dont les frontières se font encore plus étroites avec la réalité de notre monde. L’esthétisme de cette dimension parallèle est toujours aussi travaillée, et réussie. A n’en pas douter, c’est dans l’Upside Down que vous aurez vos frissons les plus violents.

Le monstre

Que serait Stranger Things sans un monstre digne de ce nom ? Le Démogorgon de la première saison était une vraie réussite, un monstre original, sorte de Predator venu d’ailleurs, particulièrement coriace et effrayant. Ici, on passe d’un adversaire unique à une armée de Demodogs (une sorte de Demogorgon pas encore arrivé à maturité), contrôlée par une créature gigantesque et complexe, appelée ici le Mind Flayer. Toute suite de série oblige les scénaristes à pousser d’un cran à peu près tous les curseurs, et le big boss ne fait pas exception. Comment donc faire plus fort que l’Upside Down de la première saison, un monde entier rempli de créatures étranges, mais accessible par seulement quelques portails ? Et bien en en faisant une réalité beaucoup plus proche de la notre, en multipliant les points d’entrée, et transformant le tout en entité organique particulièrement intelligente. C’est relativement efficace, même si on perd en clarté (le fonctionnement du Mind Flayer est compliqué, et le danger beaucoup plus diffus) ce que l’on gagne en possibilités scénaristiques.

Le scénario


La première saison nous avait fait découvrir un univers riche, inspirant, très référencé, le tout porté par des personnages forts et une histoire sans temps morts, ou humour, clins d’œils à la culture populaire et action trouvaient un parfait équilibre. La seconde saison contient tous ces éléments, mais pêche d’un léger manque de cohésion. En effet, on a parfois l’impression d’assister à un remake plus qu’à une suite de la saison 1, tant le synopsis de base est le même: une bande de jeunes est confrontée à une créature venue d’un autre monde. L’apport des nouveaux personnages, un boss de fin un peu différent, et des parcours personnels intéressants maintiennent le niveau d’attention élevé, mais peuvent inquiéter pour une troisième saison digne de ce nom. Notamment sur un point, un peu frustrant: pour que l’histoire avance, les frères Duffer n’ont de cesse de regrouper les personnages par 2, 3 ou plus, les envoyant chacun de leur côté pour des missions dont on ne comprend pas toujours bien la pertinence dans le scénario. C’est surtout le cas dans les deux premiers tiers de la série, en particulier en ce qui concerne le personnage de Eleven, que l’on adore, mais dont le rôle devient central dans les 3 derniers épisodes. Fort heureusement, le final de Stranger Things saison 2 vaut son pesant de cacahuètes, et ralliera les plus sceptiques à l’impatience de voir arriver une 3e saison.

Conclusion, et pistes pour la prochaine saison

Sur Rotten Tomatoes, le site d’agrégation de notes le plus populaire des internets, la saison 2 de Stranger Things obtient le très honorable score de 94%de satisfaction (la première en obtenait 96). On est donc très loin d’un échec, des personnages brillamment écrits et interprétés, une ambiance nostalgique et effrayante réussie, des références par dizaine tirant la série vers le haut. Seul le scénario et ses mécanismes contraignants (faire plus fort que la saison 1, continuer à donner un intérêt aux personnages et à leurs interactions), marquent un léger recul. Mais il ne faut pas oublier que l’immense adhésion populaire qu’a suscité Stranger Things lors de sa sortie tenait pour beaucoup à l’effet de surprise: personne n’avait vu venir cette œuvre devenue instantanément culte. Résultat pour cette deuxième saison: la surprise en moins, mais un attachement aux personnages qui fait que quel que soit votre avis final sur la série, vous serez ravis de retrouver Eleven, Mike, Lucas, Dustin et Will.

Que pouvons-nous imaginer pour la suite ? Nos conseils seraient de remettre au centre du récit Eleven, en explorant les pistes évoquées lors de cette saison 2. Quelle relation entre Jane (le prénom d’Eleven) et Kali pour la suite ? Y a-t-il d’ailleurs d’autres numéros en liberté ? Va-t-on revoir Papa (Matthew Modine) dans la suite ? Peut-être serait-il judicieux de laisser un peu de côté l’Upside Down, pour se concentrer sur d’autres enjeux : on parle beaucoup des Russes dans cette série qui se déroule en pleine Guerre Froide, pourraient-ils arriver à Hawkins après avoir entendu parler des choses étranges qui s’y déroulent ? Enfin, certains personnages mériteraient de prendre un peu plus d’épaisseur: Billy, le frère de Max, ou encore le Dr. Owens, incarné par Paul Reiser, sont suffisamment complexes pour laisser pas mal d’opportunité de développement. En tous cas, il y aura une 3e saison, et nous serons tous très heureux d’y retrouver notre bande de copains d’Hawkins. La suite dans un an.

Crédits : Netflix

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