Critiques

MOZART IN THE JUNGLE (Critique Saison 4) Toujours aussi fraîche, franche et musicale…

SYNOPSIS: Hailey et Rodrigo entreprennent une relation amoureuse alors que la carrière d’Hailey qui est sur le point de décoller

Blair Tindall est une musicienne tout à fait comme les autres : elle commence par jouer du piano, puis découvre le hautbois au lycée, rentre à la Manhattan School of Music où elle poursuit de brillantes études à l’issue desquelles elle se produit avec les plus grands orchestres du pays et fait même ses débuts en solo sur la scène mythique de Carnegie Hall. Puis, sans complètement délaisser la musique, elle entre en Master de Journalisme à l’Université de Stanford (elle joue régulièrement en tant que soliste avec la San Francisco Symphony pour payer ses factures) et commence à écrire pour de nombreuses publications, dont le New York Times. En 2005, elle publie ses mémoires : Mozart in the Jungle, Sex, Drugs and Classical Music, un livre dans lequel elle allie la rigueur d’un journaliste professionnel et l’optique plus personnelle de la musicienne qui a fait les quatre cents coups. Le bouquin est un succès immédiat dans les cercles intellectuels et littéraires de Manhattan, et la chaîne Amazon ne tarde pas à en acheter les droits. Douze ans après la publication de Mozart in the Jungle, la série du même nom se porte bien et amorce une quatrième saison toujours aussi fraîche, franche et musicale que les quatre précédentes. Une série qui reflète un travail d’ensemble, avec une liste de réalisateurs, scénaristes et producteurs qui donne le tournis, mais qui, de façon assez similaire à un orchestre, s’harmonise prodigieusement bien sous la baguette de son showrunner Paul Weitz.

Afin d’éviter les spoilers, on ne vous parlera pas beaucoup de l’intrigue. Si vous voulez savoir où en sont Rodrigo (Gael García Bernal) et Hailey (Lola Kirke) question romance, si Gloria (Bernadette Peters) parvient à sauver les finances de son orchestre, si Thomas (Malcolm McDowell) devient un grand compositeur et si Cynthia (Saffron Burrows) continue à jouer du violoncelle, on vous conseille vivement de regarder tous les épisodes disponibles. Sachez que tous nos acteurs sont de retour, et qu’ils sont, comme d’habitude, absolument exquis. García Bernal virevolte comme un elfe ou un poète et semble très bien s’accommoder de sa position très légèrement moins proéminente cette année. Place, en effet, à Hailey (Lola Kirke), la hautboïste qui semble avoir une sainte horreur des soutien-gorges, et qui se glisse dans le rôle central de la saison. La série met en exergue la discrimination sexuelle dans le monde de la musique (une seule femme chef d’orchestre parmi les vingt-quatre plus grands orchestres américains, le Metropolitan Opera de New York n’a monté qu’un seul opéra écrit par une femme au cours des cent dernières années, les femmes qui composent sont ignorées par leur milieu, etc., etc.) et le privilège extrême de ceux qui ne s’en rendent pas compte. Un point de vue nettement plus solide que celui des débuts de Mozart in the Jungle, et qui donne un nouveau souffle à une histoire qui aurait pu facilement perdre haleine en trois ans (nombre d’autres séries fatiguent dans leur quatrième année). On sent le scénario plus inspiré, plus riche en conflits, et par conséquent, nettement plus exaltant, parce qu’au-delà de la musique en elle-même, Mozart in the Jungle a quelque chose à dire sur le monde en lui-même. On passe de l’exploration enchantée à la mise en lumière des problèmes qu’il y a en coulisses, pour un résultat moins poli, mais tellement plus enivrant.

Un petit mot sur les acteurs : ils sont phénoménaux. Gael García Bernal est absolument fantastique ici, navigant sans effort entre l’extravagance la plus ahurissante et une vulnérabilité totale, Lola Kirke crève l’écran dans la peau de Hailey, sensuelle, brillante, douée et fragile, et le duo est épaulé par quelques-uns des meilleurs disciples de Thalie. Les amateurs de Broadway connaîtront déjà Debra Monk et Bernadette Peters, mais l’on se doit de noter la prestation inimitable de Malcolm McDowell et la présence de Saffron Burrows, qui semble un peu en retrait cette année, mais qui, on n’en doute pas, reviendra bien vite sur le devant de la scène. Une petite perle de série, magnifiquement écrite, brillamment interprétée et malheureusement encore trop boudée par le public malgré son incontestable succès auprès de la critique. A voir, de toute urgence.

Critique Saison 1 Saison 2 Saison 3

Saison 4 à partir du 5 avril sur OCS

Crédits: Amazon / OCS

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