Critiques

THE MAN IN THE HIGH CASTLE (Critique) Refaire l’histoire

3 STARS BIEN

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SYNOPSIS: Les Américains ont perdu la Seconde Guerre mondiale et l’Amérique est désormais partagée entre l’Empire du Japon et l’Allemagne Nazi. En 1962, un groupe de résistants cherche à envoyer de précieux vieux films dans la zone neutre, mais les transporter coûte la vie de beaucoup de monde. Après près de deux décennies de cohabitation entre les deux grandes puissances, les rumeurs persistantes rapportant la santé déclinante du Führer laissent présager l’arrivée d’une période de troubles…

The Man in the High Castle, nouvelle série d’Amazon, est l’adaptation du livre de Philip K. Dick publié en 1962, qui présente une alternative de l’Histoire. Aux commandes, on retrouve le scénariste Frank Spotnitz (The X Files), ainsi que le réalisateur-star Ridley Scott (que l’on ne présente plus) qui porte cette fois-ci la casquette de producteur exécutif. Quant aux acteurs, ils viennent des quatre coins de la planète, entre la française Alexa Davalos qui joue Julianna, l’Anglais Rupert Evans (Frank Frink), l’Américain Luke Kleintank (Joe Blake) et le Japonais Cary-Hiroyuki Tagawa (Nobusuke Tagomi) dans un effort de représentation du monde entier, assez en phase avec le sujet. Dès les premières images, s’il est une chose qui s’impose indubitablement, c’est que l’on a fait très, très attention à l’atmosphère. Décors, costumes, musique, accessoires… l’équipe de production s’est penchée sur les années 60 avec beaucoup de passion, et on sent une certaine excitation percer sous les plans des premiers épisodes. Cet instant, très court, où l’on voit la croix gammée trôner au-dessus de Times Square a tout de l’image de choc, et c’est dans un monde très délicatement ciselé par un mélange de faits historiques et d’imagination plus ou moins débridée que nos personnages évoluent. On tente de marier les influences Japonaises et Nazies, notamment avec une héroïne instructeur d’Aïkido et un Américain d’apparence aryenne aux loyautés ambigües. Cela donne un environnement intéressant, un monde un peu à cheval entre réalité et fiction, ou l’on ne sait jamais vraiment qui joue un double, tripe ou quadruple jeu.

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D’un autre côté, toute cette attention portée aux détails visuels semble avoir détourné les créateurs du scénario, et parfois, on a un peu l’impression qu’ils jouent à « Occupation ». C’est là sans doute que le bagage culturel du spectateur se fait le plus sentir. Pour les Américains, les raids dans leurs maisons et les innocents exécutés par les Nazis à cause de leur appartenance lointaine au Judaïsme sont des choses choquantes, voire carrément inédites. Pour nous autres Européens, ce genre d’images et d’histoires font tellement partie de notre passé qu’on est bien moins horrifiés, et par conséquent, bien moins bouleversés, ce qui donne l’impression distincte que la série a du mal à démarrer. Puisque les premiers épisodes se dévouent à l’exposition des conditions de vie de nos personnages, on passe pas mal de temps à voir le fonctionnement du pays sous l’occupation nazie, ce qui est très étonnant et incommodant pour nos amis d’Amérique, mais pas vraiment une curiosité pour nous autres du vieux monde. Donc, on vous prévient, ça démarre lentement. Très lentement. Lentement, à vous faire bailler parfois. La Résistance n’est pas morte, mais visiblement, tous ses membres souffrent d’amnésie et ont complètement oublié tout ce qui s’est passé pendant la guerre : peu de gens savent utiliser la radio, on n’a pas le sentiment que les communications avec les autres pays ont été complètement coupées, on parle d’extermination des Juifs, mais les Noirs Américains vaquent à leurs occupations sans souci en dépit du fait que les Noirs d’Europe aient été victimes de persécution. Pour ceux qui ont été élevés à Papy fait de la Résistance, La Grande Vadrouille et autres Paris Brûle-t-il, tant d’exposition (et parfois, avouons-le, de simplification) peut vous ennuyer très très vite. Cela dit, ça s’arrange beaucoup dans la deuxième partie de la saison. Le scénario prend enfin ses marques, nos personnages sont dans l’ensemble moins paumés et prennent un peu plus l’initiative, on a une idée plus claire de ce qui est en jeu pour chacun, et le rythme s’accélère pour nous amener jusqu’au bouquet final. En gros, The Man in the High Castle prend son temps au départ, mais quand elle voit enfin la ligne d’arrivée, la série semble se réveiller et trouver sa cadence, et une fois qu’on est lancé, certes, c’est un peu candide, mais plutôt pas mal.

Crédits : Amazon

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