Critiques

PHILIP K. DICK’S ELECTRIC DREAMS (Critique Saison 1 Episode 1×01 – 1×05) Une très jolie surprise…

philip k dick's electric dreams affiche cliff and co

SYNOPSIS: Une série d’anthologie qui trouve sa source dans les nouvelles de l’auteur de science-fiction Philip K. Dick, auquel l’on doit des succès comme Blade Runner, Total Recall, Minority Report ou Planète hurlante. 

Philip K Dick est un de ces auteurs de science-fiction qui fascinent le monde de la lucarne américaine, qu’elle soit grande ou petite: il y a, bien sûr, le cultissime Blade Runner sorti d’abord en 1982 et ayant bénéficié d’une suite moins inspirée l’année dernière, le film Minority Report avec Tom Cruise en 2002, The Man in the High Castle sur Amazon en 2015, qui prend vite des allures de prédiction sinistre alors que l’Amérique penche dangereusement du côté des extrêmes, et enfin cette année, Philip K. Dick’s Electric Dreams, sur Channel 4 au Royaume-Uni et également sur Amazon aux US. Gros pari que cette adaptation, qui s’offre une liste de producteurs longue comme le bras dans laquelle on retrouve Bryan Cranston et Maril Davis (Star Trek: Insurrection), et surtout un groupe de scénaristes spécialisés dans la science fiction qui comptent parmi les meilleurs du moment: on citera Ronald D. Moore (Outlander, Battlestar Galactica), Jessica Mecklenburg (Stranger Things) et Travis Beacham (Pacific Rim). Grosse attente aussi de la part des fans, prêts à sortir les griffes si jamais il s’avérait que la série s’approchait de trop près de Black Mirror, le mastodonte futuriste du moment. Et s’il est vrai que Philip K. Dick’s Electric Dream prend le chemin de l’anthologie plutôt que la structure classique de la série télévisée qui s’enchaîne d’un épisode à l’autre et se déroule sur plusieurs saisons, elle parvient à rester cohérente des points de vue narratifs et visuels. Une bien belle surprise en somme, pour une série qui aurait si facilement pu retomber comme un soufflé trop cuit.

Gros avantage avec ce genre de structure, c’est qu’on peut intéresser des acteurs de gros calibre. Difficile en effet de convaincre une star de cinéma de signer pour vingt-deux épisodes (ce qui représente à peu près dix mois de travail sans prendre en compte les interviews, les conventions de fans, les émissions de talk-show etc,), mais cinq jour de tournage, c’est faisable. Cette première saison compte donc avec beaucoup de beau monde: Geraldine Chaplin, Bryan Cranston, Steve Buscemi, Benedict Wong et Janelle Monaé pour ne citer qu’eux. Philip K Dick’s Electric Dream se lance dans un voyage ambitieux, au centre duquel la définition même de l’humanité est un concept mouvant. On aurait bien du mal à vous décrire l’intrigue, qui se décline d’un épisode à l’autre, fidèle au ton très post-moderne et parfois quelque peu découragé de Philip K. Dick, mais l’écriture est intelligente, pleine d’images et d’idées, même si tous les épisodes ne sont pas forcément du même degré de subtilité. Malgré les déclarations très diplomatiques du showrunner Michael Dinner qui insiste sur le fait qu’il ne s’est jamais préoccupé de savoir ce que faisait Black Mirror, (LA référence du moment en matière de science-fiction pour le petit écran soit dit en passant), le fait est que Philip K. Dick’s Electric Dreams se pose en concurrente directe de la série de Channel 4, et tente aussi par la même occasion d’éviter la comparaison avec l’autre phénomène de science-fiction qui règne en maître suprême sur le genre: The Twilight Zone. Programme chargé donc, et non sans ambition, mais parfois, il faut savoir viser très haut pour avoir un résultat à la hauteur des attentes. Electric Dreams est son propre animal, se démarque franchement des autres séries, et même si la comparaison avec Black Mirror est inévitable, les deux œuvres sont suffisamment bien construites pour co-exister sur les ondes et se faire contrepoids. Une très jolie surprise donc, qui pourrait bien aider The Marvelous Mrs. Maisel à tirer Amazon du marasme dans lequel l’ont plongé l’exil de ses producteurs et le scandale de son Vice Président. Comme quoi, il y a toujours de la lumière au bout du tunnel.

Crédits: Amazon Prime Video

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