Critiques Cinéma

STAR WARS: OBI-WAN KENOBI (Critique Saison 1 Episodes 1×06) Une pièce semi-décevante de plus…

ATTENTION SPOILERS : 

Cet article révèle certains rebondissements et nous vous conseillons sa lecture après le visionnage de l'épisode

SYNOPSIS:  L’action se déroule dix ans après la fin tragique de STAR WARS : LA REVANCHE DES SITH. Obi-Wan y avait subi sa plus grande défaite et assisté à la déchéance de son meilleur ami, l’apprenti Jedi Anakin Skywalker, qui avait rejoint le Côté Obscur en devenant le seigneur Sith Dark Vador.

Lorsque la production de la série Obi-Wan Kenobi fut annoncée, deux camps s’affrontèrent : d’abord celui qui pensait qu’il n’y avait rien à raconter entre les épisodes III et IV, la période couverte se résumant selon lui à un Ben exilé passant ses journées à se balader dans le sable tout en contemplant les deux soleils de Tatooine ; l’autre camp en revanche y voyait une opportunité doublée d’un potentiel. Nous faisions partis du second camp. En effet nous y avons vu une source extrêmement riche à exploiter. Celle d’un ancien héros autrefois respecté, doté de capacités lui permettant entre autres potentiellement de dialoguer à distance avec les vivants mais aussi les morts, un homme qui a donné sa vie à un ordre responsable d’un échec absolu ayant non seulement mené à l’instauration d’un Empire, mais aussi à la perte de l’homme qu’il considérait comme son petit frère ainsi que celle de tous ses mentors. Nous ne demandions peut-être pas une série aussi pointue que The Leftovers mais il y avait largement de quoi traiter des éléments de façon intéressante. Parce que non, Ben n’a pas passé son temps à regarder les mouches voler. Ben a fait son introspection et peut-être même a-t-il appris à se connaître en tant qu’homme à part entière et non pas seulement en tant que Jedi défendant une cause et adhérant à un ordre mystique. Bien sûr, nous n’avons quasiment pas eu ce que nous imaginions, loin de là même. Le dernier épisode, pseudo chant du cygne (pas pour longtemps vraisemblablement) vient enfin de sortir. Certaines rumeurs faisaient état d’une durée d’1h30 pour ce  » grand  » final. Il n’en est rien. 50 petites minutes, génériques compris, c’est ce dont nous devons nous contenter pour la clôture de cette saison, qui comme vous le savez est loin de nous avoir conquis. L’heure est au bilan. Obi-Wan réussit-il sa sortie ? Le jeu en valait-il la chandelle ?




Il est difficile de juger cet épisode, et même cette saison, car elle a la particularité de nous avoir offert une multitude de choses que nous attendions. Son problème : l’avoir fait n’importe comment. Ce sixième épisode ne déroge absolument pas à la règle. Nous n’allons pas radoter (quoique si, un peu) mais nous trouvons assez aberrants, une fois arrivés en bout de course, de constater la radinerie de Disney sur ce projet : les épisodes sont courts, certains clairement tournés avec un budget au rabais, et ce final totalement précipité nous a passablement agacés. Alors oui, sans grande surprise (il n’y en a d’ailleurs eu aucune spécialement positive cette saison) le cahier des charges deviné est bien là : Obi-Wan va affronter Vador dans l’espoir de retrouver Anakin, Leïa rentre chez elle, et Reva part s’en prendre à Luke mais tout est bien qui finit bien. Bien sûr il n’y a pas de réel enjeu de vie ou de mort puisque tous les personnages sont amenés à survivre. Quant à Reva, qui n’existait pas jusqu’à présent, son sort nous était totalement indifférent, du coup nous le confirmons : pas d’enjeu à ce niveau. Le seul point fondamental, et il concerne les moments les plus intéressants du show c’est bien sûr la relation entre Ben et son ancien apprenti. Problème majeur, y compris dans ce final : tout a été noyé dans un gloubi-boulga totalement indigeste d’enlèvements de Leïa, de personnages secondaires fonctionnels sans consistance et tout ça au milieu d’épisodes honteusement courts. Par quoi commencer ? Peut-être Reva ?




Reva, personnage insignifiant qui décide donc lors de ce final, d’aller liquider un jeune Luke dont Vador ne connaît même pas l’existence. Tout ça pour en fin de compte obtenir la fameuse rédemption que nous évoquions les semaines précédentes. Nous n’avons toujours pas compris le sens ni l’intérêt d’aller rendre justice en allant trucider un enfant dont le vil père ne sait même pas qu’il existe. Au passage, Reva a donc bien survécu au coup de sabre laser de la semaine dernière. Il est amusant dans cette série de voir à quel point le sabre des Jedi a été totalement désacralisé, passant d’arme la plus cool au monde à couteau à beurre qui ne tue plus personne. Il y a de quoi être dépité car la série nous a fait le coup plusieurs fois cette saison. Du côté de Leïa rien à signaler, elle est bien rentrée chez elle. On nous fait d’ailleurs comprendre à gros coups de fan service mal placé que la petite Leïa va devenir un jour la Leïa de l’épisode IV. Toutes ses tenues sont là pour nous le rappeler. Agaçant et dénué de subtilité ; de quoi nous faire râler car cela occupe bêtement du temps d’écran dans un épisode déjà très rushé (et qui va nous faire croire que ce Roken de malheur s’amuse à ramasser des étuis à blaster sur le champ de bataille, tout ça pour légitimer des scènes Nouveau look pour une nouvelle vie ?). D’ailleurs en parlant de Roken, force est de constater que ce personnage a des répliques totalement incohérentes. Entre son revirement pour aider Obi-Wan lorsque nous avons fait sa connaissance quelques épisodes plus tôt, et cette semaine ses discours défaitistes en mode  » nous n’aurons pas le temps de réparer le vaisseau  » pour ensuite nous sortir tout le contraire en disant à Obi-Wan qu’il n’a pas à se sacrifier en faisant diversion : il y a de quoi lever les yeux au ciel. Espérons, par pitié, que ce personnage n’obtienne jamais sa propre série.



Une fois expédiés ces détails futiles qui composent tout de même plus de la moitié de la série et de l’épisode, intéressons-nous au principal : Ben et Vador. Déjà pas de flashbacks à signaler durant cet épisode, ce qui est à la fois regrettable et incompréhensible. Tant pis. Ensuite l’affrontement tant attendu depuis le premier épisode et les déclarations faites dans la presse. Encore une fois, c’est trop précipité. Le combat passe encore, il est d’ailleurs tout à fait honorable, mais les dialogues sont bien trop superficiels pour convaincre. Tout n’est que symbole, la profondeur n’est à chaque fois qu’effleurée. C’est décevant, ni plus, ni moins. L’échange avait le mérite d’être là, mais pour la beauté on repassera. Reconnaissons toutefois qu’il y avait de très bonnes idées, comme le fait de faire parler Vador une fois son casque endommagé, avec une voix hybride qui semble mélanger celle de James Earl Jones et celle d’Hayden Christensen. Une fois ce combat coché sur le cahier des charges, notre cher Obi-Wan a enfin fait le deuil d’Anakin, persuadé qu’il n’y a plus rien à sauver chez Vador. Obi-Wan est donc en paix, fait son paquetage et part vers de nouvelles aventures. Mais attendez…il y a un monsieur qui vient d’apparaître sur le chemin à juste quelques secondes du plan final. Qui est-ce ? C’est Qui-Gon ! Posé là, pour cocher une nouvelle case dans la feuille de route. Admirons d’ailleurs la réaction de Ben, qui semble le découvrir avec encore moins d’émotions que s’il venait de retrouver son chat fugueur. Voilà, ce cheminement menait donc à ça, et à une phrase énigmatique de son ancien maître qui semble teaser une future saison 2. Tout est donc là mais à la mauvaise place. Il y avait tellement mieux à faire pour faire revenir Qui-Gon que cette apparition futile au milieu du sable…certes nous étions heureux de le revoir car nous commencions à paniquer en constatant son absence du final, mais le paradoxe est là : cela ne rend pas justice au potentiel qu’il y avait à explorer. Nous en sommes peinés, plus que déçus.




C’est ainsi tout le problème de la série : nous faire espérer des choses, nous les donner avec énormément de parcimonie voire de radinerie, avoir été de fait extrêmement avare en tout (flashbacks, durée d’épisodes, musiques etc.) mais surtout en émotions. Ce dernier épisode est loin d’être mauvais en tant que tel, mais il ne demeure qu’une pièce semi-décevante de plus au sein d’un puzzle malade qui nous a quand même pris pour des jambons. Ajoutons que la réalisation de Deborah Chow aura vraiment été tout, sauf inspirée, lors de cette aventure. Dès lors nous obtenons un non-évènement globalement terne, qui ne raconte pas grand-chose, hormis lors de fugaces soubresauts. Peut-être qu’une saison 2 tentera de rectifier le tir mais il sera déjà trop tard, les bonnes idées ayant déjà été diluées dans ces six épisodes. Il y avait largement mieux à faire, ne serait-ce que sur le lien Anakin/Obi-Wan (pourquoi pas davantage de flashbacks bon sang ? Ou de dialogues entre Ben et Vador ?), et pourtant cette saison semble déjà en tourner la page. Espérons que dans le futur, si futur il y a, Obi-Wan cessera d’être la babysitter de toute la marmaille de la galaxie pour enfin avoir ce qu’il devait avoir : une série centrée sur lui.

Crédits: Disney+

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