Critiques Cinéma

LES CROODS : UNE NOUVELLE ÈRE (Critique)

SYNOPSIS: Les Croods ont survécu à leur part de dangers et de catastrophes mais ils vont maintenant devoir relever leur plus grand défi : rencontrer une autre famille.
Les Croods ont besoin d’un nouvel endroit où habiter. La famille préhistorique part alors en quête d’un endroit plus sûr. Quand ils découvrent un paradis idyllique entouré de murs, ils pensent que tous leurs problèmes sont résolus… Mais une famille y vit déjà : les Betterman.
Avec leur cabane dans les arbres, leurs inventions étonnantes et leurs hectares irrigués de produits frais, Les Betterman sont bien au-dessus des Croods sur l’échelle de l’évolution. Ils accueillent les Croods avec joie, mais les tensions ne tardent pas à s’intensifier entre la famille des grottes et la famille moderne.
Mais une nouvelle menace va propulser les deux familles dans une aventure épique hors des murs, ce qui les obligera à accepter leurs différences et à se servir des forces des uns et des autres. 

Sorti en 2013, Les Croods, ou la Famille Pierrafeu réinventée par les studios Dreamworks, avaient convaincu le public, avec cette famille déjantée tentant de survivre à la fin du monde tout en essayant enfin de sortir de sa caverne, allégorie bien sûr évidente de la caverne de Platon censée représenter la connaissance. Doublé par Emma Stone et Nicolas Cage, tous deux formidables et bouillonnants d’énergie dans leurs rôles respectifs, le film se révélait profondément attachant, mené par des runnings-gags hilarants et une créature adorable. De quoi, pour une fois, justifier une suite, près de 8 ans plus tard, qui explore cette fois d’autres dynamiques, maintenant que la famille est sortie, enfin, de sa caverne. Reprenant quelques temps après le premier film, cette suite, sous-titrée Une Nouvelle Ère, explore ce qui se passe lorsque l’on est sur la route sans vrai foyer. En effet, le film pose intelligemment la question de savoir ce que représente un foyer, une maison, ou même une famille. L’occasion d’offrir à Guy plus de profondeur, lui qui se pensait orphelin avant que les Croods ne le recueillent, et qui retrouve ses proches, bien déterminés à le garder avec eux. Le problème, c’est qu’on offrant à Guy cette surexposition, le reste des Croods est quelque peu effacé. Le frère ado Thunk est réduit à un gag autour de l’ancêtre de la télévision inventé par la nouvelle famille au cœur de l’histoire ; les parents d’Eep sont toujours aussi hostiles envers Guy alors qu’il semblait accepté à la fin du premier volet ; enfin, la vaillante grand-mère des Croods sert de comic relief avec sa badasserie inattendue compte tenu de son grand âge. Chacun des personnages est enfermé dans une case, avec un contrat à remplir, avec l’obligation de ne pas sortir des sentiers battus. Toute la spontanéité du premier film semble s’être envolée au profit d’un cahier des charges plus sage, ne cherchant à aucun moment à questionner, en fin de compte, les notions de famille ou de foyer. Comme si la transgression ici était de ne pas avoir de foyer, et qu’il fallait en avoir un, adopter ses us et coutumes, pour offrir une morale « propre » (dans tous les sens du terme) à l’histoire.



Le film compte sur la présence moins invoquée mais persistante de Chris Sanders au scénario. Le réalisateur du premier volet n’a pas rempilé pour la suite, mais sa folie douce et son sens du cartoon sont intacts, voire même amplifiés. Le film passe son temps à voir ses personnages se crier dessus, à crier sur les autres, pour créer au final une cacophonie digne de n’importe quel film français se déroulant dans un dîner familial. Alors certes ici, ça fonctionne par intermittence, notamment au cours d’un repas crispant qui voit les langues se délier. Pour le reste, il devient très pénible de suivre les aventures de personnages dénués de leur charme se crier dessus sans trop de raison. Eep reste heureusement une héroïne pétillante et agréable à suivre ; son amitié instantanée avec Aurore, de l’autre famille, est sympathique et évite les pièges de rivalités féminines sans raison, comme le cinéma d’animation semble trop le faire ces derniers temps.



Mais le total des qualités est bien maigre et il faut compter péniblement sur la mise en scène divertissante pour ne pas trop regarder le temps défiler sur sa montre. Avec son bestiaire coloré et cartoonesque comme Sanders aime le faire, on retrouve brièvement, dans ces moments-là, l’esprit déjanté du premier film et ses bestioles délurées mais marquantes. Mais ça vaut bien peu, tout compte fait, car le résultat final des Croods : Une Nouvelle Ère  se révèle malgré tout extrêmement décevant, entre une mauvaise gestion de ses personnages, son discours sur la famille convenu, et un humour aux abonnés absents – ou alors, ce qui est parfois pire, fort répétitif et déjà ringard. Une Nouvelle Ère pour les Croods, sûrement, mais une grosse déception pour le spectateur, aussi et surtout.

Titre Original: THE CROODS : A NEW AGE

Réalisé par: Joel Crawford

Casting:  Antoine de Caunes, Emma de Caunes, Nicolas Cage…

Genre: Animation, Aventure, Famille, Comédie

Sortie le:  7 Juillet 2021

Distribué par: Universal Pictures International France

TRÈS MAUVAIS

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