Critiques Cinéma

SONS OF PHILADELPHIA (Critique)

SYNOPSIS: Philadelphie. Il y a trente ans, la famille de Michael a recueilli Peter à la mort de son père, dans des circonstances opaques. Aujourd’hui, Peter et Michael sont deux petits malfrats aux tempéraments opposés. L’un est aussi violent et exubérant que l’autre est taciturne. Quand Michael est désigné comme « gênant » par la mafia italienne », le passé trouble de la famille ressurgit… 

Si il est un auteur confirmé dont la plume atypique et le style puissant a déjà donné lieu à plusieurs ouvrages (dont le récent Les âmes sous les néons), Jérémie Guez n’est pas un inconnu au cinéma. Il est crédité depuis sept ans à plusieurs scénarios (Yves Saint Laurent, La nuit a dévoré le monde,Carnivores, La terre et le sang…) et Bluebird son premier long métrage, démontrait un talent et une appétence pour le film de genre et plus particulièrement le film noir, qui malgré les défauts d’un premier film, auguraient d’un véritable tempérament et de la promesse d’une œuvre en devenir extrêmement intéressante. Avec Sons of Philadelphia, il creuse le sillon de sa précédente tentative, avec un thriller parsemé d’éclairs de violence. Tout comme pour Bluebird, il est intéressant de constater qu’il adapte un roman dont il n’est pas l’auteur (ici Un amour fraternel de Peter Dexter) et pour autant il parvient à se l’approprier totalement et à donner la sensation que cette histoire de deux cousins aux relations fraternelles émane de sa personnalité et de son savoir faire.

Tourné aux Etats-Unis, avec un casting globalement américain si l’on excepte Matthias Schoenaerts, Sons of Philadelphia démontre que Jérémie Guez semble armé pour challenger les cadors du genre et qu’en tout cas il n’a pas froid aux yeux en allant jouer sur leur terrain. Son film est ambitieux et témoigne d’un véritable respect du genre et il n’hésite pas à se frotter à une narration sophistiquée où deux chronologies s’entremêlent, celle du passé explicitant en creux la psychologie des personnages principaux au présent. Guez est doué pour caractériser ses personnages rapidement et en peu de scènes, il choisit savamment les situations qui les définissent le mieux et les décors dans lesquels ils évoluent et qui les racontent plus que de longs dialogues. Ses choix esthétiques, la mélancolie prégnante qui enveloppe son récit, l’atmosphère lourde qu’il laisse infuser sont ses points forts. En se privant de séquences d’action gratuites et spectaculaires, il prend le risque de passer à côté d’un public friand de ce type de gourmandise, mais il ne cède jamais à cette tentation et reste fidèle à sa ligne de conduite de raconter des destins familiaux à la fois liés et opposés par le prisme du genre.

Les éclats de violence du film arrivent par conséquent souvent de manière inattendue et nous secouent dans une possible léthargie que l’intrigue peut favoriser, par le désir du cinéaste de ne jamais être trop démonstratif ou de surligner les situations. C’est ce qui fait que l’on a parfois un peu de mal à s’immerger totalement dans l’histoire et surtout d’en ressentir le côté viscéral alors qu’on aurait voulu se sentir totalement impliqué. Rayon mise en scène, Jérémie Guez tient son cahier des charges, insufflant un rythme certes languissant mais fluide. Son casting impeccable lui permet d’avoir devant sa caméra Matthias Schoenaerts toujours aussi envoûtant et dont le jeu intériorisé et tout en silence le rend magnétique contrastant avec la personnalité électrique et inquiétante d’un excellent Joel Kinnaman. Son duo central éclipse malheureusement le seul rôle féminin du film, interprété par Maika Monroe dont la présence se révèle particulièrement anecdotique. Jérémie Guez réussit pourtant une proposition singulière qui confirme qu’il sait embrasser avec brio certaines composantes du film noir même si il lui manque encore la charpente nécessaire au très grand film qu’on l’imagine réussir bientôt. Mais il faut souvent passer par quelques brouillons avant qu’un artiste ne trouve sa réelle plénitude et on mettrait bien un billet sur le fait que Jérémie Guez ne soit plus très loin de la croiser.

Titre Original: THE SOUND OF PHILADELPHIA

Réalisé par: Jérémie Guez

Casting : Matthias Schoenaerts, Joel Kinnaman, Maika Monroe  …

Genre: Drame, Thriller, Action

Sortie le: 26 mai 2021

Distribué par: Les Bookmakers / The Jokers

BIEN

 

 

 

 

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