Critiques Cinéma

OVNI(s) (Critique Saison 1) Dosage globalement réussi…

SYNOPSIS : 1978. Didier Mathure, brillant ingénieur spatial, voit son rêve partir en fumée lorsque sa fusée explose au décollage. Alors qu’il pensait avoir touché le fond, il est muté à la tête d’un bureau d’enquête spécialisé sur les ovnis géré par une équipe qui donne effectivement l’impression de vivre sur une autre planète. Sa mission : trouver des explications scientifiques aux apparitions de soucoupes volantes qui défraient la chronique. Un véritable enfer pour ce cartésien invétéré qui n’a plus qu’une idée en tête : se tirer de là au plus vite. Mais un événement extraordinaire va bouleverser ses certitudes, et lui ouvrir les portes d’un monde où plus rien n’est impossible. 

Nouvelle création originale de Canal+ après les récentes La Flamme et Possessions (déjà chroniquées en ces lieux par nos soins), créée par Clémence Dargent (Têtard), et Martin Douaire, et réalisée par Antony Cordier, OVNI(s) nous emmène en 1978 dans les pas de Didier Mathure (Melvil Poupaud), ingénieur spatial avec un melon aussi gros qu’une soucoupe volante. Récemment séparé de sa femme Elise (Géraldine Pailhas) avec qui il a collaboré des années sur l’élaboration d’une fusée, ledit engin finit inopinément par exploser après son lancement. Didier se retrouve dos au mur à contempler des années de travail parties en fumée, et malgré des calculs a priori tout à fait corrects qui le déresponsabiliseraient, Didier est muté à la tête d’un bureau d’enquête spécialisé sur les ovnis : le Groupe d’études des phénomènes aérospatiaux non identifiés (GEPAN). Le GEPAN était un véritable organisme officiel français, dépendant du CNES, chargé de l’étude des ovnis. A savoir que maintenant il existe un équivalent sous un nom presque identique : le Groupe d’études et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (GEIPAN). Didier, abattu mais toujours aussi intraitable, va ainsi se retrouver confronté à ce qu’il déteste le plus : des hurluberlus qui rêvent, et croient en l’irrationnel. Sa mission est claire : démontrer que chaque affaire est un cas d’affabulation ou d’erreur, l’existence des ovnis n’étant évidemment qu’une fable. Au GEPAN Didier va devoir collaborer avec Marcel (Michel Vuillermoz), un homme peu commode et légèrement paranoïaque, obsédé par les cartes postales envoyées par son ancien patron ; Véra (Daphné Patakia), une jeune femme perchée et lunaire ; ainsi que Rémy (Quentin Dolmaire) un bénévole rêveur et un poil candide qui ne songe qu’à trouver LA preuve d’une existence extraterrestre. Mais comme Didier va le découvrir, tant au sujet des ovnis que de celui de ses collaborateurs : les apparences cachent parfois des choses qui démontent les certitudes. Alors ovnis ou pas ovnis ?




Sur ses supports promotionnels, OVNI(s) arbore l’en-tête « Plus on regarde plus on a envie d’y croire« , et c’est on ne peut plus vrai car si Didier Mathure, éternel cartésien, débarque au GEPAN avec beaucoup d’à priori et de certitudes, celui-ci va vite se retrouver confronté à des choses qui méritent toute son attention, quitte à le faire douter : et si c’était vrai ? Le téléspectateur se retrouve petit à petit sensibilisé au même titre que Didier sans réellement savoir s’il a envie d’y croire pour rêver ou s’il a surtout envie que les personnages soient « récompensés » après tous leurs sacrifices, et que Didier n’ait pas viré sa cuti pour rien. Devant jongler entre son travail au GEPAN, l’étrange apparition du flamant rose Hatchepsout, l’émergence d’une secte, l’enquête liée à l’explosion de la fusée pour laquelle il risque d’être tenu responsable, ses enfants Diane (Capucine Valmary) et Bastien (Alessandro Mancuso) qu’il n’hésite pas à considérer parfois comme les erreurs de sa vie, son ex Elise, et le fissurage de tout ce qu’il pensait établi, Didier va vite se retrouver au cœur d’un engrenage aux ramifications complexes. Mais avant de nous attarder sur son intrigue en tant que telle, abordons ce qui fait le sel d’OVNI(s) : son ambiance. Visuellement la série est très colorée, elle fleure bon la fin des années 70 sans nous étouffer sous une ribambelle de clichés ; c’est aussi une série qui se donne les moyens de ses ambitions en proposant un certain nombre d’effets spéciaux. La musique s’avère quant à elle un personnage presque à part entière du récit : Thylacine s’occupe des compositions originales, mais nous retrouvons également des morceaux assez variés tels que des remix de Jean-Michel Jarre comme par exemple Glory (Steve Angello Remix) et Zero Gravity (Above and Beyond Remix) qui fait office de générique, ou même la mélodie sifflée de Coup de tête ou le générique de la fin des programmes d’Antenne 2. Le tout est véritablement agréable à appréhender et renforce le côté insouciant déjà inhérent à l’époque dans laquelle se situe la narration.




La série dispose de certains autres points forts comme sa galerie de personnages. Ceux qui forment le GEPAN sont bien entendu en première ligne. Daphné Patakia, que nous avions déjà croisée au sein de Paris-Brest dans les baskets d’un personnage bien peu intéressant se démarque ici d’emblée dans son interprétation : elle apporte de la poésie, dans sa façon de parler, dans sa façon d’interagir avec ses camarades, toujours avec ses yeux grands ouverts semblables à d’immenses billes. Les autres personnages ne sont bien sûr pas en reste avec un capital sympathie énorme qui porte leurs interventions. OVNI(s) se paie même le luxe de quelques surprises comme la présence du jeune Steven Spielberg, qui repartira avec suffisamment d’inspiration pour faire avancer sa prolifique carrière. L’intrigue s’avère quant à elle davantage perfectible. Si les aspects enquête et comédie sont appréciables et nous rappellent parfois quelques souvenirs de l’Exoconférence d’Alexandre Astier dans son rapport à la lutte du rationnel contre l’irrationnel, certains arcs manquent trop de liant entre eux, donnant parfois l’impression que l’ensemble patine un peu pour faire avancer les choses. Difficile néanmoins de s’y attarder sans révéler des pans de l’intrigue.



OVNI(s) est donc un spectacle mêlant à la fois comédie, enquête et science fiction. Si elle réussit globalement bien le dosage de ses différentes facéties avec un casting pertinemment choisi, nous regretterons cependant quelques divagations pas forcément toujours très bien raccordées au reste, comme l’intrigue de Zorel (l’excellent Jean-Charles Clichet) qui tombe un peu à plat ou le personnage du Commandant Delbrosse (Nicole Garcia) qui paraît un peu survolé. OVNI(s) débute ce 11 janvier à raison de trois épisodes par soirée et est disponible en intégralité sur myCanal, l’occasion de vous laisser tenter par quelques potentielles rencontres du troisième type.

Crédits: Canal+

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