Critiques Cinéma

TOTAL RECALL : MÉMOIRES PROGRAMMÉES (Critique)

2,5 STARS MOYEN

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SYNOPSIS:  Modeste ouvrier, Douglas Quaid rêve de s’évader de sa vie frustrante. L’implantation de souvenirs que propose la société Rekall lui paraît l’échappatoire idéale. S’offrir des souvenirs d’agent secret serait parfait… Mais lorsque la procédure d’implantation tourne mal, Quaid se retrouve traqué par la police. Il ne peut plus faire confiance à personne, sauf peut-être à une inconnue qui travaille pour une mystérieuse résistance clandestine. Très vite, la frontière entre l’imagination et la réalité se brouille. Qui est réellement Quaid, et quel est son destin ?

L’idée de s’attaquer à un remake de Total Recall, le second chef-d’oeuvre de SF de la période américaine du « hollandais violent » Paul Verhoeven et de le confier au réalisateur d’Underworld et du quatrième Die Hard est une de ces fulgurances qui traversent l’esprit des producteurs hollywoodiens de façon régulière. Le film de Len Wiseman a pour lui par le travail  impressionnant de « production design » (terme désignant la conception visuelle des décors et de l’univers du film) signé du  français Patrick Tatopoulos (les premiers blockbusters de Roland Emmerich ou Batman v Superman) . On est complètement immergé dans un univers  SF digne des meilleures BD du genre, avec ses deux mégapoles : une ville orientale à la Blade Runner surpeuplée, rincée par un crachin permanent et un hyper Londres  hi-tech avec ses autoroutes de voitures volantes. Le travail de design est conséquent, des véhicules aux armes futuristes, des troupes d’élite aux robots de combat, l’ampleur de l’univers de Total Recall se rapproche de celle de la prélogie Star Wars avec lequel le film partage le superviseur d’effets visuels Doug Chiang. Revers de la médaille on frise parfois la démo de jeu vidéo tant le nombre d’éléments de synthèse est important. Quoi qu’il en soit on n’est pas dans un direct to video, le budget se retrouve bel et bien à l’écran. Solidement épaulé par deux collaborateurs réguliers de Tony Scott, le directeur de la photo Paul Cameron et le monteur Christian Wagner, Len Wiseman signe de loin sa mise en scène la plus réussie : fluide, hyperkinétique, elle maîtrise parfaitement son univers pour nous offrir des scènes d’action mémorables. Même si Wiseman semble adorer l’effet ‘lens flare’ des films de JJ Abrams et a tendance à en abuser. Le film partage avec son modèle un rythme trépidant et de roboratives scènes d’action : gunfights homériques contre humains ou « synthétiques » de combat (dont un en gravité zéro !), combats sévères à mains nues et une poursuite en voitures volantes assez destructrice. Ce second Total Recall remplit donc au moins son contrat de blockbuster de SF-Action. Colin Farrell s’acquitte bien de ce rôle d’action hero et Jessica Biel surprend par la qualité de son jeu dans un rôle limité.

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On aurait pu s’attendre avec cette relecture de Total Recall a un retour au sources de la nouvelle originale de Philip K.Dick ou à une approche développant l’ambiguïté entre le réel et le rêve à la manière d’Inception. Hélas les créateurs de ce remake se contentent de décalquer l’intrigue du film de Verhoeven (toutes les scènes clés y figurent) l’expurgeant de tous les éléments relatifs à la planète Mars et ses mutants. C’est d’ailleurs quand ils sont contraints de s’en éloigner dans le climax du film (lié dans l’original à la technologie martienne) que le film est le plus faible. Le dispositif de compte à rebours choisi ici est moins organique et l’on se retrouve avec une succession de scènes d’action sans réelle portée dramatique. De même les aspects les plus ambigus du personnage de Quaid/Hauser sont absents dans cette version rendant son protagoniste moins intéressant. Len Wiseman tente bien au détour de certaines scènes de brouiller les pistes entre réel et imaginaire mais il manque de subtilité le doute ne parvenant jamais à s’immiscer dans l’esprit du spectateur. Kate Beckinsale (alors épouse du réalisateur) et Bryan Cranston (et sa moumoute !) sont des méchants bien falots face à la malfaisance du trio Ronny Cox /Sharon Stone/Michael Ironside de l’original. La belle Kate s’acquitte bien des taches physiques qu’impose son rôle mais s’avère plus limitée dans l’acting (comme dirait Jean Claude Van Damme), tandis que le héros de Breaking Bad il ne parvient jamais à rendre réellement menaçant son Coohagen. L’échec au box office US de ce remake non désiré aura scellé sa réputation pourtant bien loin du navet dénoncé par certains. Reste un summer blockbuster honorable , visuellement impressionnant qui remplit le quota de spectacle qu’on attend de ce type de film. Pour filer la métaphore culinaire on n’a pas tous les jours un repas gastronomique mais on peut apprécier un burger correct et un bon milk-shake et dans le cas de Total Recall on est dans un fast-food honorable.

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Titre Original: TOTAL RECALL

Réalisé par: Len Wiseman

Casting : Colin Farrell, Kate Beckinsale, Jessica Biel …

Genre: Action, SF

Sortie le: 15 Aout 2012

Distribué par: Sony Pictures Releasing France

2,5 STARS MOYENMOYEN

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