Critiques Cinéma

GREENLAND – LE DERNIER REFUGE (Critique)

SYNOPSIS: Une comète est sur le point de s’écraser sur la Terre et de provoquer un cataclysme sans précédent. John Garrity (Gerard Butler) décide de se lancer dans un périlleux voyage avec son ex-épouse Allison (Morena Baccarin) et leur fils Nathan pour rejoindre le dernier refuge sur Terre à l’abri du désastre. Alors que l’urgence devient absolue et que les catastrophes s’enchainent de façon effrénée, les Garrity vont être témoin du meilleur comme du pire de la part d’une humanité paniquée au milieu de ce chaos

En ces temps de salles obscures désertées (par les spectateurs autant que par les films), il est rare de voir des produits américains formatés blockbusters estivaux, d’autant plus que les grosses attentes sur lesquelles les studios misaient sont pour la plupart reportées. Alors, si Mulan et Tenet -entre autres- n’ont pas encore trouvé leurs places en salles, on aperçoit un film catastrophe pointer le bout de son nez pour offrir la dose d’action que le grand public cherche en ces périodes de vacances et de fortes chaleurs. Greenland raconte l’histoire de John Garrity, un ingénieur spécialisé dans la construction d’immeubles à Atlanta. Son mariage avec Allison semble battre de l’aile, ce qui l’amène à vivre loin de leur fils diabétique, Nathan. Mais la famille se réunira lorsqu’une comète capable de décimer la planète sera aperçue. En route vers un espoir de survie dans un refuge hypothétique, les Garrity feront face à l’anarchie qui gronde soudainement, lorsque le monde s’aperçoit qu’il est à la porte de la mort. La première chose à noter concernant Greenland, c’est qu’il choisit de focaliser son point de vue sur cette famille, sur ces personnages. Il est moins question d’offrir du grand spectacle et du sensationnalisme au spectateur avide de feux d’artifice que d’étudier l’humain, avant tout. Étudier l’humain dans un contexte de chaos, oscillant entre moments de bienveillance et de fraternité autant qu’anarchie, égoïsme et folie destructrice dont est capable l’humanité mise face à sa propre fin. En s’attardant sur ses personnages, Ric Roman Waugh, le réalisateur du film, adapte sa mise en scène pour créer une ambiance intimiste autour de cette famille quelque peu dysfonctionnelle pour établir clairement les liens qu’ils entretiennent entre eux. Greenland choisit peu ou prou le même axe que Spielberg lorsqu’il mettait Tom Cruise et sa famille face à une attaque d’extraterrestres particulièrement véhéments dans son adaptation de La Guerre des Mondes, si bien que le film semble s’en inspirer, sans rentrer pour autant dans une redite. Cette façon de faire voyager les protagonistes à la manière d’un road movie permet de leur faire rencontrer pléthore de personnages secondaires, chacun mettant en scène une face différente de l’humanité, allégorisant soit ce qui se fait de meilleur, soit ce qui se fait de pire. Mais Ric Roman Waugh évite justement de tomber dans le manichéisme pratiquement systématique de ce genre de démarche en trouvant un équilibre assez juste, rendant l’ensemble riche en terme d’émotions.


Alors oui, Greenland est un pur produit hollywoodien qui répond à un cahier des charges et à plusieurs décennies de blockbuster d’action, et il n’est pas exempt de clichés et de facilités scénaristiques. Certaines scènes se voulant très émotionnelles se retrouvent parfois un peu trop soulignées, quitte à rentrer dans du pathos à certains instants. Mais le film nous rappelle alors constamment qu’il a avant tout la volonté d’être humain, et on finit par pardonner ces excès pour se laisser prendre par l’émotion qui s’en dégage. En terme d’action, le quota « film catastrophe » est rempli. Alors, c’est vrai, nous ne sommes pas dans un Armageddon ou dans un film de Roland Emmerich n’hésitant à aucun moment à faire du sensationnalisme tape-à-l’oeil pour sustenter le spectateur venant chercher sa dose de destruction massive. Dans Greenland, l’action est disséminée à certains points clés du film, rendant les scènes plus impactantes alors, car plus rares. Et même si la catastrophe imminente est le centre le l’intérêt des personnages et des spectateurs, la caméra reste toujours sur ses protagonistes. Ce sont eux le cœur du film, pas cette comète. Et cela passe également par le jeu de ses comédiens, qui créent une identification et dégagent une humanité aussi rayonnante que brutale. En tête d’affiche, on retrouve Morena Baccarin, Gerard Butler et le jeune Roger Dale Floyd incarnant les Garrity, famille qui va retrouver des liens pendant cette course vers la survie.


Film catastrophe aux questionnements intimistes plus que spectacle pyrotechnique, Greenland est un moment très sympathique, qui coche les cases qu’il a à remplir, en étant un blockbuster estival frais et impactant. Il tire parfois trop sur la corde de l’émotion, les effets spéciaux pâtissent souvent d’un manque de budget, mais Greenland reste un film catastrophe centré sur l’humain, sur les choses affreuses dont il est capable quand il panique autant que sur la bienveillance dont il sait parfois faire preuve. Au final, il aurait pu être raccourcir d’une dizaine de minutes, mais le film dans son ensemble fait ce qu’on attend de lui et ne prétend pas être plus qu’un divertissement estival apportant un joli spectacle et des moments d’émotion dans les salles obscures.

Titre Original: GREENLAND

Réalisé par: Ric Roman Waugh

Casting : Gerard Butler, Morena Baccarin, Scott Glenn

Genre: Science fiction, Action

Sortie le:  05 août 2020

Distribué par: Metropolitan FilmExport

TRÈS BIEN

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s