Critiques

THE TWILIGHT ZONE (Critique Épisode LIVING DOLL – 5×06)

4,5 STARS TOP NIVEAU

twilight zone affiche cliff and co

SYNOPSIS: Annabelle Streator vient d’acheter une poupée parlante « Talkie Tina » pour sa fille Christie, à l’occasion de son anniversaire. Erich, le mari d’Annabelle et beau-père de Christie, qui désapprouve cet achat, va découvrir que Tina n’a aucune intention de repartir dans son magasin.

Au début des années 60, le cinéma américain n’a pas encore pris le virage de la fin de la décennie, qui le verra gratter le vernis de l’American Way of Life, s’intéresser à ce qui se passe derrière les volets de ces maisons dans lesquelles vivent ces familles renvoyant l’image du bonheur. Cet épisode de La Quatrième Dimension, diffusé en 1963, est d’autant plus subversif dans son propos, qu’il détourne l’un des objets les plus emblématiques de la société consumériste américaine de cette époque: la poupée parlante Chatty Cathy de Mattel, laquelle était alors la poupée la plus vendue après la poupée Barbie. Pour la voix de Tina, Rod Serling a été jusqu’à faire appel à celle qui prêta la sienne à Cathy, poussant jusqu’au bout le malaise provoqué par cette adorable petite poupée, censée ne demander et ne prescrire que de l’amour et qui menace ici clairement de tuer le chef de famille. Cette poupée démoniaque, dont il est clair qu’elle a crée un sous genre du film d’horreur et été une grande inspiration pour les Chucky, fait dans la manipulation psychologique et va faire exploser le vernis déjà craquelé de cette famille recomposée.

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En 2 minutes, le temps du court prologue qui précède le monologue habituel de Ron Serling, le cadre de cet épisode est parfaitement posé. Telly Savalas (Erich) est un beau-père autoritaire dépassé par la demande d’affection de sa petite fille, enfermé dans ses principes et incapable de trouver sa place dans cette famille pourtant en apparence aimante et qui ne demande qu’à l’intégrer. L’achat de cette poupée va déclencher sa colère et une vive dispute avec son épouse, alors même qu’il ignore encore les tourments que va lui causer Tina. Cet épisode est à nos yeux particulièrement représentatif de ce qui constitue l’ADN de la série et fait que ses épisodes ont autant d’impact sur nous. En les confrontant à un événement extraordinaire, en les sortant de leur réalité, les épisodes de The Twilight Zone sondent les âmes et les cœurs de ses personnages. L’argument fantastique ou de science fiction est là pour révéler leur véritable nature. S’ils sont seuls dans la réalité alternative dans laquelle ils sont projetés, que ceux qui les entourent ne connaissent pas la cause véritable de leur panique et que personne ne les entend donc véritablement, tout le monde les entendra penser, verra éclater tout ce que le vernis social venait jusqu’alors recouvrir, toutes les peurs enfouies qu’ils tentent d’étouffer.

En 1964, Telly Savallas n’est pas encore l’inoubliable interprète de Blofield (Au Service Secret de Sa Majesté) ni d’Archer Maggott (Les Douze Salopards) mais sa carrière vient de décoller après qu’il ait reçu une nomination à l’oscar, deux ans plus tôt, pour avoir interprété un compagnon de cellule de Burt Lancaster dans Birdman Of Alcatraz (John Frankenheimer, 1962) Il campe ici avec beaucoup de justesse ce beau père dépassé, parfois à la lisière de la violence, qui va se confronter à une poupée qui sait pertinemment comment le pousser à bout et fragiliser encore plus sa position au sein de sa famille. La musique du grand Bernard Herrmann, compositeur le plus régulier de la série avec 74 épisodes à son actif, accentue encore l’admirable tension installée par la mise en scène de Richard C. Sarafian qui réalisera quelques années plus tard le cultissime Point Limite Zéro. Seul face à une poupée qui se joue de lui et du climat ambiant de ce foyer dans lequel il est perçu comme un beau-père strict, dépassé par la demande d’affection de sa fille, Erich a tout à perdre et ne peut que sombrer dans la paranoïa. En ne se livrant à aucune surenchère sur les « pouvoirs » de Tina, le scénario de Charles Beaumont (qui officia sur plusieurs films de Roger Corman mais aussi, quelques années plus tard, sur Braindead) permet au récit d’évoluer à la lisière du fantastique, les événements pouvant aussi être vus à l’aune de la possible crise de folie d’Erich, recette traditionnelle et si payante des meilleurs épisodes de la série.

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Titre Original: LIVING DOLL

Réalisé par: Richard C. Sarrafian

Casting : Telly Savalas, Mary LaRoche, Tracy Stratford …

Genre: Drame, Fantastique

Première diffusion le:  1er novembre 1963

4,5 STARS TOP NIVEAUTOP NIVEAU

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