Critiques

PEAKY BLINDERS (Critique Saison 4) Beau, sombre et sanglant…

SYNOPSIS: Dispersé et meurtri, le clan Shelby revient à ses sources pour survivre aux assauts de la mafia new-yorkaise. Une quatrième saison magistrale, avec Adrien Brody en vengeur glacial.

Le temps paraît s’allonger de façon exponentielle entre deux saisons de Peaky Blinders. Depuis que Tommy Shelby et sa famille ont pris possession des rues de Birmingham en 2013, l’empire des visières aveuglantes n’a fait que grandir, fructifier et s’étendre: dans la première saison, ils prenaient la ville, dans la seconde, Londres, dans la troisième, l’Europe et dans la quatrième (débarquée sur la BBC le 15 novembre 2017 et sur Netflix le 21 décembre), les voilà confrontés au reste du monde, puisque Shelby Inc. est devenue une organisation mondiale, une organisation tellement bien montée d’ailleurs, qu’elle commence à attirer l’attention de la mafia. Ces messieurs ne voient pas l’influence des Shelby d’un bon œil, d’autant plus qu’il y a une dette de sang entre les Italiens et les Anglais, un vieux compte à régler, qui, on le sait, ne pourra que se résoudre dans la violence. Steven Knight signe les six scénarios de cette nouvelle saison, sans doute épaulé par une bordée d’assistants et une bouteille de whisky. Cet homme est un vrai bourreau de travail: il est non seulement à la tête de Peaky Blinders, mais également le créateur et principal scénariste de Taboo avec Tom Hardy et planche en ce moment même sur les scripts de cinq films. Les acteurs sont de retour une fois de plus, enfilant leurs magnifiques manteaux de laine noire et leurs chapeaux cultes, lames de rasoir incluses, même si le passage du temps se fait sentir entre les tempes grisonnantes de Tommy Shelby et la taille de Finn, qui n’a plus rien du petit garçon que l’on a connu dans la première saison. La guerre fait rage entre gangs rivaux (comme d’habitude), mais cette année, la menace est beaucoup plus sérieuse, puisque les Shelby ne s’attaquent plus à un petit gang de quartier, mais à la mafia italienne, avec tout ce que ça comporte de symbolique et de cruauté. Côté nouveauté, on remarquera l’arrivée d’Aiden Gillen (le Littlefingers de Game of Thrones) dans le rôle d’Aberama Gold, allié équivoque de la famille Shelby, Charlie Murphy, qui joue Jessie Eden, membre du parti communiste bien décidée à améliorer les conditions des travailleurs dans les usines des entreprises Shelby, et Adrien Brody (Luca Changretta) qui a un tout petit peu trop tendance à se prendre pour Al Pacino.

Cette quatrième saison est un succès incontestable, avec une moyenne, de 3,3 millions de téléspectateurs par épisode, ce qui en fait la série la plus regardée de la chaîne BBC Two, et la saison la plus regardée de la série. Et si le public s’est entiché de la famille Shelby et de leurs aventures, c’est avec raison: c’est beau, c’est sombre, c’est sanglant, c’est photographié comme un long-métrage (Cathals Watters fait des merveilles!) et il n’y a pas assez d’adjectifs dans la langue française pour décrire le travail des acteurs. Cillian Murphy (Tommy Shelby) est complètement habité par son rôle, jusque dans le moindre battement de cil, la plus petite contraction de la mâchoire, à un tel niveau que ça devient difficile à décrire, on a l’impression que les mots ne suffisent plus. Chapeau bas également à Helen McCrory (Polly) et Paul Anderson (Arthur), qui jouent la tante et le frère aîné de Tommy, qui ont toujours été impeccables, mais qui se démarquent cette année encore plus que d’habitude. On remarquera aussi la présence plus prononcée de Sophie Rundle, qui interprète Ada Shelby, la petite dernière du clan, précédemment reléguée aux virées shopping et aux amours tragiques, et celle de Natasha O’Keefe dans le rôle de Lizzie, ancienne prostituée reconvertie en trésorière de la compagnie.

Mais si les acteurs sont excellents, c’est surtout grâce à un scénario du tonnerre. Loin des alambics et du symbolisme extrêmement peu subtil de Taboo (son autre série actuellement sur les ondes), Steven Knight brode une tapisserie de la vie criminelle d’entre-deux guerres, pleine de vie, de violence et de désir sous toutes ses formes, absolument fascinante. La tension monte en crescendo, au fil des épisodes bien sûr, mais également au fil des saisons, alors que l’ambition dévorante de Thomas Shelby, qui veut à tout prix s’élever, toujours s’élever, entraîne tous ses proches dans une danse avec la mort qui frôle sans cesse la catastrophe, ne peut malheureusement pas éviter la tragédie à chaque détour, et amène le spectateur au bord de la crise cardiaque, tant on se demande comment, aux grands dieux comment, il va réussir à sortir de ce pétrin. Mais puisque la série est d’ores et déjà renouvelée pour une cinquième saison prévue en 2019, on peut sans doute parier sans crainte sur l’ingéniosité des Peaky Blinders qui, c’est certain, retomberont toujours sur leurs pattes.

Retrouvez la critique des saisons 1 & 2 ici

Retrouvez la critique de la saison 3 ici

Crédits: Arte / BBC Two

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