Critiques Cinéma

PADDINGTON 2 (Critique)

SYNOPSIS : Paddington coule des jours heureux chez les Brown, sa famille d’adoption, dans un quartier paisible de Londres, où il est apprécié de tous. Alors qu’il recherche un cadeau exceptionnel pour les cent ans de sa tante adorée, il repère un magnifique livre animé, très ancien, chez un antiquaire. Pas de temps à perdre : il enchaîne les petits boulots pour pouvoir l’acheter ! Mais lorsque le précieux ouvrage est volé, Paddington est accusé à tort et incarcéré. Convaincus de son innocence, les Brown se lancent dans une enquête pour retrouver le coupable…

Il y a 3 ans, la création poilue de Michael Bond débarquait à Londres à la rencontre de la famille Brown ainsi que sur les écrans du monde entier pour un film live action étonnant et unanimement salué par la critique et le public pour son humour familial et son message d’ouverture adressé aux enfants. Est ce que la suite, toujours signée Paul King, arrive à maintenir le niveau de réussite de ce succès surprise ? Pas besoin de faire durer le suspense, la réponse est oui et largement même. Paddington 2 est un sublime feel good movie familial de fin d’année avec sa part d’humour, d’action et de bons sentiments. Le seul reproche que l’on pourrait faire à ce film est d’avoir une intrigue légèrement cousue de fil blanc mais hormis cela, on s’abandonne avec plaisir dans le Londres carte postale du film (à se demander si le film n’a pas été commandé directement par la ville pour faire venir les touristes) et les péripéties de notre nounours préféré. On sent que le film a profité du succès du premier et que King et ses équipes ont eu les coudées franches et le budget adéquat pour laisser libre cours à toutes leurs idées farfelues.

Si Paddington 1er du nom avait été une surprise pour son esprit cartoon renouant avec l’esprit de l’âge d’or des comédies hollywoodiennes, ou les cascades délirantes et les gags millimétrés étaient à l’œuvre, King surenchérit ici et n’hésite pas à convoquer le cinéma de Chaplin, Keaton, Laurel et Hardy et plus généralement un esprit slapstick beaucoup trop oublié désormais. Les gags sont d’une efficacité renversante, que cela soit une course poursuite en plein Londres digne d’un James Bond pour kids à un climax n’hésitant pas à lorgner du coté du Mécano de La Générale, le film est d’une générosité sans limites dans ses idées visuelles. King chorégraphie à merveille ses gags visuels entre cadres fixes en scope et mouvement de caméra audacieux pour livrer des sketches ou des scènes d’action toujours lisibles et profitant au mieux du gros travail apporté sur les décors et les FX animant Paddington. A l’instar du scrapbook servant de Mcguffin, le film est un pur produit artisanal, fait avec amour et une sincérité totale envers son public. La direction artistique fait énormément penser à Wes Anderson et son Grand Budapest Hotel (toutes les scènes dans la prison) et ses personnages hauts en couleurs pourraient évoquer les personnages improbables qui peuplent la filmographie d’un Jean Pierre Jeunet.

Le casting s’en donne d’ailleurs à cœur joie, entre la famille Brown (formidables Hugh Bonneville, Sally Hawkins et Julie Waters), les persos secondaires truculents (Jim Broadbent, Peter Capaldi) et les nouveaux venus (Brendan Gleeson hilarant en bad boy au cœur d’or, Noah Taylor). Mais si l’on ne devait en retenir qu’un (hormis Paddington bien évidement), se serait le nouveau méchant campé par un Hugh Grant ayant retrouvé le feu sacré. C’est bien simple, son personnage, c’est lui même, un acteur, ancienne gloire cherchant à tout prix à remonter sur les planches, étant prêt à tout pour atteindre son but. Voir Grant s’auto-parodier en vilain pathétique et limite schizo à quelque chose de réjouissant, livrant une multitude de clins d’œil à sa carrière et au grand répertoire théâtral anglais. D’ailleurs, restez pendant le générique si vous êtes fan (ou pas) des musicals du West End, le film leur rend un hommage loufoque.

On retrouve bien là la patte de son producteur, David Heyman (Harry Potter c’est lui) qui continue son travail d’ambassadeur du cinéma anglo-saxon mais aussi de l’esprit multiculturel londonien. On retrouve toujours le message d’ouverture d’esprit, d’acceptation de l’autre, d’honnêteté et de droiture qui constitue l’ADN de ses productions et du personnage de Paddington qui, couplé à son esthétique passéiste (bien que la mise en scène soit moderne) donne au film un arrière goût old-school paradoxalement rafraîchissant ! Pour conclure, on est toujours heureux de retrouver les aventures de l’ourson gaffeur mais au grand cœur dans ce Londres pastel (on notera d’ailleurs une séquence d’animation incroyable de poésie) et Paddington au cinéma s’inscrit, tranquillement mais sûrement comme une saga à suivre de près et un rendez vous cinéphile de Noël qu’on attend avec impatience, pour les petits comme les grands.

Titre Original: PADDINGTON 2

Réalisé par: Paul King

Casting : Hugh Bonneville, Sally Hawkins, Hugh Grant ….

Genre: Animation, Comédie

Sortie le: 06 décembre 2017

Distribué par: StudioCanal

EXCELLENT

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