Critique Blu-Ray

LE FLINGUEUR (Critique Blu-Ray)

3,5 STARS TRES BIEN

SYNOPSIS: Tueur à gages méthodique, Arthur Bishop prépare chacun de ses contrats sans rien laisser au hasard. Ni plainte. Ni indice. Ni témoin. Lorsque l’«Organisation» lui demande d’exécuter son mentor, Bishop n’hésite pas. Pourtant, la lassitude le gagne. Souhaitant raccrocher, cet éternel solitaire prend sous son aile le fils de sa dernière victime et l’initie aux secrets du métier. Cette décision va lui réserver bien des surprises…

Le Flingueur marque la seconde collaboration entre Charles Bronson et le réalisateur d’origine anglaise Michael Winner qui deviendra son metteur en scène fétiche avec le succès énorme de Le justicier dans la ville en 1974. Le film marque le retour définitif  de Bronson aux USA après sa période européenne et tente de donner une personnalité plus sophistiquée au monolithique M. Buchinsky. Il incarne ici Arthur Bishop , un tueur professionnel pour la pègre qui répugne à pratiquer son « art » comme un cow-boy , c’est un véritable artiste de la mort passé maître dans l’art de la planification de décès qui apparaissent accidentels. Il vit dans un luxe ostentatoire dans une magnifique villa des collines de Hollywood avec une piscine dans son salon et un Bosch authentique au mur qu’il aime contempler en sirotant des vins fins tout en planifiant son prochain meurtre.

Mais ce luxe ostentatoire masque un dérèglement , à l’approche de la cinquantaine (ses cheveux noirs de jais montre que le passage du temps le préoccupe) le poids de la solitude se fait sentir – la seule romance dans sa vie étant un fantasme élaboré pour lui par une prostituée (Jill Ireland madame Bronson à la ville)  – Bishop est saisi de violentes crises crises d’angoisses. Pour les apaiser il décide, après avoir travaillé seul pendant toutes ces années de prendre sous son aile un jeune apprenti. Ce sera Steve (Jan-Michael Vincent avant Supercopter et l’alcoolisme) le fils de son ancien partenaire qu’il a été contraint d’éliminer, chez qui il sent des capacités à exercer « son art ». Comme il se doit cette rencontre va précipiter sa chute quand son élève s’avère encore plus amoral et cynique que lui.

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Au delà de l’action roborative pour l’époque l’intérêt du film tient beaucoup  à cette relation étrange et finalement mortelle entre le professeur et son élève, qui se jaugent comme deux cobras, le script de  Lewis John Carlino suggère non seulement une rivalité père-fils mais fait quelques  allusions à une tension homosexuelle latente entre les deux assassins. Le film est  typique de son époque, ébranlée par le désastre de la guerre du Viet-Nam et le Watergate période qui marque l’effondrement des valeurs américaines. Le monde de la pègre est ici une métaphore de la société américaine où s’est évaporé le mythe du code de l’honneur chez les hors-la loi, un monde cynique sans valeurs morales  émerge. Dans ce nouveau monde déshumanisé, aucune amitié ou transmission n’est plus possible, pour  survivre le personnage de Bishop doit  rester une « mécanique », sans affects ni sentiments. La mise en scène de Winner adopte la même froideur méthodique dans la représentation de la violence dés l’ouverture du film, quinze minutes dénuées du moindre dialogue qui montrent comment Bishop exécute méthodiquement un contrat. C’est justement parce que sa mise en scène  ne porte aucun jugement ni ne condamne ses personnages qu’elle semble cautionner leurs agissements. C’est ce procès qui sera fait à Michael Winner et Bronson deux ans  plus tard avec Le justicier dans la ville. On garde de sa fin de carrière à la Cannon une image caricaturale du Bronson vieillissant. Le Flingueurun des meilleurs de sa grande décennie des années 70, une époque où il était l’égal d’un Clint Eastwood (lui aussi passé par l’Europe avant de connaitre le succès aux USA) est emblématique du charisme stoïque et des nuances que le grand Charles pouvait apporter  à ses personnages de « tough-guy », leurs fêlures mais aussi l’ironie dans son regard et sa science du « jeu sans le ballon » : ses silences et sa qualité de réaction.

 

COMPLÉMENTS :
AMERICAN SAMOURAI (30’) : entretien avec Dwayne Epstein, historien du cinéma et biographe de Charles Bronson.
HIRED HAND: L’HOMME DE MAIN (10′), ou comment le cinéaste Monte Hellman a failli réaliser Le Flingueur
– le livret de 48 pages spécialement écrit par Samuel Blumenfeld, accompagné de photos d’archives.

Titre Original: THE MECHANIC

Réalisé par: Michael Winner 

Casting :  Charles Bronson, Keenan Wynn, Jill Ireland…

Genre: Policier, Action, Thriller

Date de sortie : En édition Blu-ray+DVD+Livret le 15 novembre 2017

Distribué par: Wild Side

3,5 STARS TRES BIEN TRÈS BIEN

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