Critiques Cinéma

SEVEN SISTERS (Critique)

SYNOPSIS: 2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparait mystérieusement…

Mais enfin… What Happened To Monday ?
C’est LA question qui se pose et, soit dit en passant, le titre original du film, savamment rebaptisé chez nous Seven Sisters… au cas où, sans doute, l’on douterait de sa santé mentale à la vue de ces septuplées aux looks très affirmés se donnant la réplique. D’emblée, avant même d’avoir vu le film, on a envie de saluer la prestation hallucinante de Noomi Rapace, qui est parvenue à gérer sept rôles – enfin, huit en fait – différents sans jamais virer schizo, à l’instar de James McAvoy chez Shyamalan pour Split. D’ailleurs, le sachiez-tu ? Pour ne pas s’emmêler les pinceaux avec ses identités multiples, elle avait choisi un parfum différent pour chacune d’entre elle, dont elle s’imprégnait avant chaque changement de look… Malin. Mais alors, pourquoi le schizo de Shyamalan est-il meilleur que les septuplés de Wirkola ?

On s’étonne déjà de ce que Tommy Wirkola à qui l’on doit, entre autre, l’assez beûrk Hansel & Gretel : Witch Hunters ait pu réunir un casting aussi fiable que celui-là. On s’étonne encore plus quand le postulat de départ, anticipatif à souhait, pose les bases d’un monde surpeuplé dans lequel la politique de l’enfant unique est devenue la solution incontournable pour assurer la survie de notre espèce (mais qui ne résout en rien la crise du logement ou le chômage). On s’étonne bien moins, en revanche, quand ce postulat passe à la trappe une fois l’intro expédiée. A partir de là, on ne s’attache plus qu’au quotidien exigu de cette fratrie dysfonctionnelle dans laquelle chacune cherche sa place, avec quelques flashbacks très à-propos pour illustrer la construction de ce groupuscule saturé de rancœurs, condamné à partager la même identité. Pourtant, face à l’adversité, elles vont devoir resserrer les rangs. C’est tellement dommage que tout le pan dystopique ait été si futilement abandonné pour servir la traque de ces sœurs illégales, pourchassées par de vilains agents aux méthodes aussi brouillonnes que tapageuses qui n’encouragent pas la crédibilité de l’ensemble. On tente un effet de levier avec le complot gouvernemental autour d’elles, mais l’effet est quand même bien appauvri par l’esquisse incomplète de cette société ultra-répressive sur laquelle les Settman s’interrogent quand même bien peu. Le dernier tiers du film renforcera la sensation de temps perdu face à une menace qui, abordée autrement, aurait pu être résolue bien avant (c’est difficile de pas spoiler, là). Quant à la promesse faite lors de la promo de ne pas deviner la fin… à vos chronos, quoi.

En somme, le film vaut beaucoup et surtout pour la prestation de Noomi Rapace, sur laquelle Wirkola a concentré tous ses espoirs, et dépensé tant d’efforts. Noomi le lundi, Noomi le mardi… Noomi le dimanche aussi. Sept fois plus de Noomi, ça fait sept bonnes raisons d’aller voir le film. Encore que le développement des sœurs soit très inégal : Wirkola instaure la semaine de cinq jours en moins de temps qu’il n’en a fallu à Dieu pour créer le monde. Pourquoi pas ? De toutes les manières on se régale des multiples visages privés de la publique Karen Settman, et plus encore lorsqu’ils se combinent pour lutter contre l’oppresseur, nous donnant droit à quelques scènes de baston assez jouissives, qui font bien bobo quand même. En résumé, Seven Rapace est une très, très belle vitrine pour la comédienne, sublime, mais une assez pauvre réflexion sur le monde dans lequel le film prétend placer son intrigue. Un thriller S.F. efficace sur la forme, mais insuffisant sur le fond.

Titre Original: WHAT HAPPENED TO MONDAY ?

Réalisé par: Tommy Wirkola

Casting : Noomi Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe …

Genre: Science fiction, Thriller

Date de sortie: 30 août 2017

Distribué par: SND

3 STARS BIEN

BIEN

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