Critiques

SENSE8 (Critique Saison 2) Suave et hypnotique…

SYNOPSIS: Par les créateurs de génie Lana Wachowski, Grant Hill (Matrix, Cloud Atlas) et J. Michael Straczynski (L’échange de Clint Eastwood, World War Z). Sense8 raconte l’histoire de huit personnes dans différents endroits du monde qui, après une violente vision collective, se retrouvent liées les unes aux autres par la pensée. Elles peuvent alors se voir et se parler comme si elles se trouvaient au même endroit et chacune à accès aux secrets les plus enfouis de toutes. Les huit doivent désormais s’adapter à ce nouveau don, s’habituer les uns aux autres, mais aussi comprendre pourquoi leurs vies sont en danger. Dans la Saison 2, des forces obscures continuent à les poursuivre. Les sensitifs vont en apprendre davantage sur le BPO, l’organisation secrète qui traque les individus comme eux. Ils n’auront de cesse de se protéger contre cette entité déterminée à les pourchasser et à les tuer.

La saison un avait eu son lot de problèmes (de rythme, notamment, parce que les Wachowskis ont un peu trop tendance à s’écouter parler et à traîner en longueur sur des séquences qui pourraient facilement accomplir leurs objectifs en moitié moins de temps), mais Netflix avait décidé de tenir la gageure et de renouveler la série. Nous voilà donc avec une nouvelle saison de Sense8, toujours sous la houlette de Lana Wachowski avec Grant Hill (Matrix, Cloud Atlas) ainsi que J. Michael Straczynski, (scénariste sur la série Arabesque, la saga Babylon V et l’apocalyptique World War Z). Pour ceux qui n’auraient pas vu la première saison, Sense8, c’est l’histoire de huit personnes qui se retrouvent un jour liées par l’esprit suite à la mort d’Angelica (Daryl Hannah), leur mère spirituelle. Parmi les membres de la  » grappe » (cluster en anglais), nous avons Will Gorski (Brian J. Smith), policier de Chicago, Sun Bak (Doona Bae), pro des arts martiaux, Wolfgang (Max Riemelt), héritier d’une famille mafieuse de Berlin, Nomi Marks (Jamie Clayton), transgenre et hacker de génie, Kala (Tina Desai), biochimiste indienne, Lito (Miguel Ángel Silvestre), star mexicaine de film d’action, Capheus (interprété par Aml Ameen dans la première saison et par Toby Onwumere dans la saison deux), chauffeur de bus à Nairobi et grand fan de Jean-Claude van Damme, et enfin Riley (Tuppence Middleton), un DJ qui nous vient tout droit d’Islande mais travaille à Londres.

Lana et Lilly Wachowski ont un sens de l’image que toute la planète leur envie, un goût pour la beauté visuelle qui se retrouve dans tous leurs films, que ce soit Matrix, V for Vendetta (qu’elles ont produit) ou Sense8. Chaque plan est pensé, cadré, éclairé comme une œuvre d’art dans un musée et cette attention portée à la composition se voit aussi bien dans leurs séquences d’action quasi-légendaire que dans les scènes plus intimes, même si ces dernières ne sont pas la tasse de thé des réalisatrices. Sense8 ne déroge pas à la règle et se présente avec toute la magnificence d’un album de photos du National Geographic. Cependant, s’il visuellement, il n’y a rien à redire, on ne peut pas dire que musicalement, ce soit toujours très subtil dans cette série et la célèbre faiblesse des Wachowski pour les ralentis dramatiques font que parfois, on a davantage l’impression de regarder un vidéo clip hipster-rétro-alternatif qu’un série de science-fiction. Dans l’ensemble, Sense8 est un magnifique désordre d’intrigues, de lieux et de personnages, certains complètement fascinants comme Max Riemelt, qui joue Wolfgang et illumine littéralement l’écran, d’autres nettement moins, et qui sont servis par des dialogues inégaux, parfois trop grandioses pour la situation et parfois tellement astreignants qu’il est impossible d’oublier qu’ils ont été écrits par des Américains qui ne parlent que l’Anglais. Bref, c’est un bon gros fatras de talents et d’idées tout ça, et on aurait bien du mal à dénouer tous les fils de cette pelote aux couleurs de l’arc-en-ciel, mais c’est justement ce chaos contrôlé qui fait qu’on ne peut pas lâcher Sense8 une fois qu’on l’a commencé. Les réflexions sur la fluidité de l’identité sexuelle sont extrêmement importantes, surtout en cette Amérique troublée et inquiète qui voit ses droits sociaux sur le point de reculer, et Sense8 n’a pas peur de s’exprimer là-dessus, ce qui est tout à son honneur. Gay, bisexuel, transgenre, hétérosexuel, Noir, Asiatique, Blanc, Indien, métisse… la série fait de son mieux pour représenter le monde d’aujourd’hui tel qu’il est vraiment et s’il est vrai que ses positions sur le sujet sont parfois ambigües et contradictoires (comme ces moments où l’on parle clairement des problèmes de la narration dominée par la vision masculine et qu’on juxtapose immédiatement à un plan de Sun qui se balade en soutien-gorge tout le temps et sans aucune raison apparente), la série dégage une espèce suavité hypnotique à laquelle il est difficile de résister. On vous aura prévenus.

Crédits : Netflix

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