Critiques

SENSE8 (Critique Épisode Final) Un dernier voyage dans un univers hypnotique, planant et violent …

Les vies personnelles des 8 membres du cercle sont mises de côté tandis que leurs acolytes et de nouveaux alliés se joignent à eux pour une ultime mission qui vise à mettre un terme à la BPO afin de protéger le futur des « sensates ».

Nous sommes le 2 juin 2017 lorsque la nouvelle tombe: après deux saisons et moult péripéties dans les tréfonds du cerveau humain, Netflix annule Sense8, la série des Wachowski, leur délire sensuel libidineux déluré suivant un groupe de huit individus dispersés sur la planète reliés les uns aux autres par un lien mental inexpliqué. Difficile de savoir le pourquoi du comment, puisque la plateforme de streaming américaine ne publie pas ses chiffres, mais on se doute que les parts d’audience étaient certainement insuffisantes, surtout si l’on prend en compte le budget faramineux de la série (huit acteurs qu’on fait voyager aux quatre coins de la planète pour une scène ou deux, ça vide rapidement les poches). Les fans, eux, ne l’entendent pas de cette oreille, et à l’issue d’une longue campagne sur les réseaux sociaux, #RenewSense8 finit par faire plier Netflix: pas de saison trois, mais un épisode de deux heures trente pour permettre aux créateurs de conclure leur histoire. Intitulé Amor Vincit Omnia (L’Amour Conquiert Tout) et réalisé par Lana Wachowski, le dernier volet nous replonge une dernière fois dans l’univers hypnotique, planant et violent qui a fait le succès de la série.

Tout le monde a répondu présent pour le grand bouquet final: notre “grappe” de “sensates” favorite (cluster en anglais) composée de personnages aux fonctions bien définies: il y a le cerveau Will Gorski (Brian J. Smith), les combattants Wolfgang Bogdanow (Max Riemelt) et Sun Bak (Doona Bae), la pro du hacking, Nomi Marks (Jamie Clayton), le conducteur Capheus (Toby Onwumere), l’acteur Lito Rodriguez (Miguel Ángel Silvestre), le docteur Kala Dandekar (Tina Desai) et la DJ Riley Blue (Tuppence Middleton). Soutenus par les humains qui comptent, tels que Hernando Fuentes (Alfonso Herrera), le petit ami de Lito, Amanita Caplan (Freema Agyeman) la fiancée de Nomi, ou Mun (Sukku Son), le policier coréen qui avait croisé la route de Sun dans la deuxième saison. Vous avez le tournis? C’est normal. Sense8 s’appuie énormément sur le principe que tous les êtres humains sont connectés de façon sensorielle, télépathique, sentimentale ou autre, et la distribution reflète cette idée à merveille. Tous les noms cités sont ceux des “gentils”, ceux à qui on s’est attachés durant les deux premières saisons, et qui font face maintenant à Whispers (Terrence Mann), un sensate cruel et insondable qui travaille pour BPO, une multinationale dangereuse et sans merci aux motivations mystérieuses. Au cours de ce dernier voyage qui nous entraîne entre Paris et l’Italie, nos sensates vont s’allier à d’autres “clusters”, obtenir quelques réponses de Jonah (Naveen Andrews), leur père spirituel qui leur a servi de guide depuis leur éveil dans la saison un, faire de leur mieux pour battre les méchants à plate couture, résoudre le mystère des sensates et célébrer l’amour sous toutes ses formes. Parce que la force première de la série, au-delà de son intrigue tarabiscotée (pour ne pas dire franchement chancelante), c’est son message peace and love qui célèbre l’humanité dans tout ce qu’elle a de plus beau. Sense8 est encore à ce jour la série la plus représentative des différentes identités sexuelles (vous en voyez beaucoup des hommes bisexuels à la télé ces derniers temps? Ben là vous en avec plusieurs!), et si elle est si chère au cœur des fans, c’est parce que de nombreux groupes qui ne se voient jamais à l’écran y sont (enfin) représentés, et de façon sincère, même si elle n’est pas toujours parfaite.

Les Wachowski ont toujours, toujours eu des problèmes de rythme, des problèmes qui se retrouvent intensifiés par le format de la télévision. L’avantage de ce genre d’amour des longueurs étalé sur plusieurs épisodes, c’est qu’on a tout à fait le temps de mariner en plein dans la lumière crépusculaire et les interludes musicaux qui se mêlent à l’intrigue et la diluent à coups de détours épicuriens et de ralentis orgiaques. L’inconvénient, c’est que, pour ceux qui veulent des réponses à leurs questions et une histoire qui tient la route, ce dernier épisode est quelque peu décevant. Mais bon, les fans ont le droit à leur adieu en bonne et due forme et sur ce point, Sense8 remplit son cahier des charges à la perfection. So long you guys!

La critique de la saison 1 ici

La critique de la saison 2 ici

Crédits: Netflix

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