Critiques Cinéma

VALMONT (Critique)

SYNOPSIS: Rien ne résiste aux entreprises de séduction de la Marquise de Merteuil et du Vicomte de Valmont. Ni la jeune vertu de Cécile de Volanges, ni la pruderie de la présidente de Tourvel, ni les purs sentiments du Chevalier Danceny. Sous les lustres de l’Opéra et sous les frondaisons des parcs, dans le secret des alcôves et dans les lettres remises en cachette, la comédie de l’amour déploie ses jeux, ses masques et ses pièges. Mais au-delà de l’échiquier des stratégies libertines se tisse un réseau de tendresses et de désirs plus profonds. Unis par leurs complots et leurs secrets, Merteuil et Valmont règnent sur les salons et les boudoirs de cette aristocratie qui ignore que sa fin approche. Tels deux seigneurs sur le même territoire, ces virtuoses de l’intrigue amoureuse finiront par s’affronter. Et dans ce duel sans merci, un sentiment sincère est une faille mortelle. 

C’est un grand, un très grand film, que l’on peut redécouvrir aujourd’hui grâce au travail de restauration que Pathé effectue sur son patrimoine et qui redonne de l’éclat à des œuvres sinon oubliées, à tout le moins qui nécessitent un coup de fraîcheur. Valmont de Milos Forman produit par Claude Berri et sa société Renn Productions sorti en 1989 n’eut pas le destin que son élégance, sa virtuosité et sa magnificence auraient pu et dû lui faire prétendre. La faute à un destin concurrentiel contraire qui le vit arriver sur les écrans à peine quelques mois après que Les Liaisons Dangereuses de Stephen Frears eut remporté un immense succès public. Adapté lui aussi des écrits de Choderlos de Laclos, le film de Milos Forman n’eut droit à aucune pitié de la part d’un public qui peut être impitoyable si il a le sentiment d’être floué, ce qui fut le cas ici. L’impression de se voir resservir le même plat fut sans aucun doute la raison majeure qui fit de Valmont un échec public sans appel. Et pourtant, ceux qui à l’époque firent l’effort d’aller admirer l’œuvre du réalisateur de Vol au-dessus d’un nid de coucou eurent la preuve éclatante que l’adaptation d’un même livre peut donner deux versions complètement différentes et que ce qui compte, au-delà du contenu, est le point de vue d’un metteur en scène, qui, par ses choix, imprime sa vision et sa sensibilité. Les versions de Frears et de Forman sont très différentes, l’ambiance, le ton et les angles ne sont absolument pas les mêmes et ils ont beau chacun être une éclatante réussite, l’injustice du cinéma aura fait qu’à l’époque il n’y eut qu’un seul élu.

En choisissant de traiter tous les personnages du récit à quasi égalité, Milos Forman offre un regard panoramique là où Stephen Frears faisait plus un focus sur un trio. Le Valmont de Forman est plus léger et tendre, il agit en séducteur impénitent mais est toujours complice avec ses maîtresses desquelles il ne se détache jamais totalement sentimentalement. Dans Valmont, les incarnations choisies par Milos Forman forment un casting hétéroclite: Annette Benning, Colin Firth, Meg Tilly, la toute jeune Fairuza Balk ou encore Henry Thomas (le petit Eliott de E.T). La jeunesse de cette distribution irrigue le film et lui donne sa vitalité. Chacun y déploie des trésors de jeu très éloignées des jeux non moins puissants mais plus théâtraux de ceux de la version de Frears.

La virtuosité des scènes et leur fluidité est aussi pour beaucoup dans le plaisir que l’on prend à suivre ce récit qui laisse passer une certaine légèreté inattendue comme un confort ouaté. Grâce à la formidable adaptation signée Jean-Claude Carrière le film trouve sa spécificité et sa singularité et bien sûr le talent de conteur de Forman, sa gestion opératique de plans majestueux, la douceur qu’il parvient à insuffler à une histoire qui n’a rien d’une comédie légère de prime abord font, qu’après l’immense Amadeus, Valmont aurait dû parachever une œuvre où modernité et classicisme se répondent sans cesse comme les deux faces d’une même pièce. Avec cette faculté à tisser l’humanité sur pellicule, à mettre en scène le mouvement et le chaos avec une délicatesse infinie, le réalisateur signe une œuvre élégante et belle, tendre et mutine, libre et virevoltante qui s’imprime pour toujours dans le cœur de ceux qui ne seront pas rétifs à découvrir la grâce.

Titre Original: VALMONT

Réalisé par: Milos Forman

Casting : Annette Benning, Colin Firth, Meg Tilly,

Fairuza Balk, Henry Thomas, Jeffrey Jones…

Genre: Drame, Historique, Romance

Date de sortie : 06 décembre 1989

Date de reprise le: 29 mars 2017

Distribué par: Pathé Distribution

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