Critiques Cinéma

DERNIER TRAIN POUR BUSAN (Critique)

3,5 STARS TRES BIEN

dernier train pour Busan affiche cliff and co

SYNOPSIS: Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l’état d’urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu’à Busan, l’unique ville où ils seront en sécurité…

La foule était surexcitée dans le Grand Théâtre Lumière pour accueillir Train To Busan, le premier long-métrage live du coréen Yeon Sang-ho après deux premiers essais en animation. Projeté en séance de minuit au 69ème festival de Cannes, le film a plu si on en croit les petits cris stridents entendus dans la file d’attente, la salve d’applaudissements résonnant pendant la séance, ou encore la longue standing-ovation post projection : l’ambiance y était, le cœur des festivaliers a vibré. Le pitch de ce film fantastique est simple : un père divorcé et sa fille embarquent à bord d’un train à Séoul pour rejoindre la maman de la petite à Busan, une petite ville côtière en bordure de la capitale. Problème : une invasion de zombies débute à l’extérieur, et une morte-vivante a eu le temps de monter dans un wagon. Avec Train To Busan, Yeon Sang-ho signe un zombie movie haletant, d’une efficacité certaine, qui joue avec ingéniosité des codes du genre dans un cadre géographique original – un train à grande vitesse – et bien utilisé (gestion adéquate de chaque recoin de cet espace exigu).

TRAIN TO BUSAN 1

Passé une introduction rapide, exposant simplement la situation familiale du papa et de sa bambine ainsi que celle de quelques passagers que nous reverrons ensuite – dont un couple incluant un homme nonchalant et son épouse enceinte – Train To Busan démarre en trombe avec une première morsure, à quai, suivie par l’infestation progressive des occupants du train. Première super idée narrative du cinéaste sud-coréen : avoir choisi le décor du train comme unité de lieu pour le récit, soit un véhicule à grande vélocité qui contraste complètement avec la lenteur habituelle des zombies (tels qu’ils ont été définis par George A. Romero en tout cas). Une façon habile de jouer avec les codes, de nous surprendre et d’enchaîner quelques morceaux d’anthologie admirablement bien mis en scène. On retient essentiellement une partie de cache-cache des passagers avec les zombies, séquence qui joue complètement avec nos nerfs. Yeon Sang-ho sait créer la tension à partir de pas grand chose (passage sous un tunnel, ouverture automatique d’une porte coulissante, fermeture des toilettes, étagères porte-bagages qui se renversent, voire carrément sonnerie de téléphone qui retentit !), dans un espace étroit, qu’il gère à la perfection (la progression de compartiments en compartiments n’est jamais gênante, bien au contraire), et offre de véritables moments de suspense.

train to busan 2

Dans les wagons, les créatures affamées à yeux blancs circulent à toute blinde derrière leurs proies, à l’instar des zombies du 28 jours plus tard de Danny Boyle, et s’avèrent suffisamment angoissantes pour nous faire frissonner. Les maquillages sont réussis, le casting investi, et même si on regrette que certains personnages soient si grossièrement caractérisés (le « méchant » notamment), on devine aisément l’amusement collectif des comédien(ne)s à bord de ce train en partance de Séoul. Train To Busan se concentre dans un second temps, puis lors du dernier acte, sur un petit groupe de survivants, dont le père divorcé et sa fillette, le fameux couple marié, deux lycéens et un businessman. Ces personnages permettent à Yeon Sang-ho de créer quelques ruptures de ton bienvenues, qui aèrent le récit, mais aussi et surtout, de livrer une parabole sociétale intéressante (on se retrouve là face à un rassemblement d’êtres humains venant d’horizons divers et aux valeurs parfois contraires). Le réalisateur en profite dès lors pour glisser un propos touchant sur la nécessité de s’entraider pour survivre, doublé d’un (petit) message d’alerte écolo (lorsqu’il nous révèle le fautif de l’invasion) et d’un discours touchant sur l’importance pour un père d’être présent pour son enfant en cas de crise (et pas que). L’émotion jaillit ainsi de quelques rebondissements successifs face à l’identité des rescapés. Train To Busan est un midnight movie parfait pour Cannes : une série B fantastique sud coréenne percutante et jouissive, qui ravira à coup sûr les amateurs du genre.

dernier train pour Busan affiche cliff and co

Titre Original: BUSANHAENG

Réalisé par: Sang-Ho Yeon

Casting : Gong Yoo, Dong-seok Ma, Yu-mi Jeong,

Choi Woo-Shik …

Genre: Epouvante, Horreur

Sortie le: 17 août 2016

Distribué par: ARP Sélection

3,5 STARS TRES BIENTRÈS BIEN

 

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2 réponses »

  1. Plus qu’une excellente série B, un film qui parvient avec autant de fluidité, à passer de l’émotion au frisson, à générer une empathie pour des personnages dont la mort n’est pas une péripétie de plus dans un récit mené tambour battant mais un déchirement qui nous laisse le souffle coupé alors que l’action reprend, est un GRAND film.

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