Critiques Cinéma

X-MEN (Critique)

4 STARS EXCELLENT

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SYNOPSIS: 1944, dans un camp de concentration. Séparé par la force de ses parents, le jeune Erik Magnus Lehnsherr se découvre d’étranges pouvoirs sous le coup de la colère : il peut contrôler les métaux. C’est un mutant. Soixante ans plus tard, l’existence des mutants est reconnue mais provoque toujours un vif émoi au sein de la population. Puissant télépathe, le professeur Charles Xavier dirige une école destinée à recueillir ces êtres différents, souvent rejetés par les humains, et accueille un nouveau venu solitaire au passé mystérieux : Logan, alias Wolverine. En compagnie de Cyclope, Tornade et Jean Grey, les deux hommes forment les X-Men et vont affronter les sombres mutants ralliés à la cause de Erik Lehnsherr / Magnéto, en guerre contre l’humanité.

A la fin des années 90, excepté l’homme chauve-souris, rares sont les super-héros qui voient leur case de comics adaptées sur le grand écran. Sans même prendre en compte la lourde atteinte à la crédibilité du genre (le deuil de l’empreinte de Joel Schumacher étant toujours en cours…), les contraintes budgétaires, les effets visuels pas tout à fait au point, les craintes du bad-buzz et le souci de rentabilité représentent de nombreux obstacles, bien loin du statut de « succès garanti » que le genre a acquis dans les années 2010 grâce aux scores faramineux au box-office de l’écurie Marvel. Après plusieurs scripts soumis à la Fox (dont un de Joss Whedon), c’est finalement à Bryan Singer, jeune réalisateur acclamé pour Usual Suspects, que sont confiées les manettes du premier X-Men, d’après les célèbres personnages de Stan Lee et Jack Kirby.

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Le récit débute en 1944, dans un camp de concentration nazie : le pouvoir de manier le métal se manifeste chez Eric Lenssher après un choc émotionnel et alors qu’il est séparé de ses parents par des SS. Basculant rapidement dans un « futur pas si lointain », la question des mutants parmi la population est posée comme un danger au Sénat américain. Le sénateur Kelly, sorte de cousin prémonitoire de Donald Trump et ouvertement anti-mutant, soutient un projet de loi consistant à ficher les mutants sur le territoire pour des motifs purement sécuritaires. Le parallèle est vite établi entre les deux époques (1944 et aujourd’hui), l’idée est donc de déconstruire les discours racistes et d’examiner la montée de la discrimination. Le bad-guy se révèle rapidement en tant qu’Eric, alias Magnéto (Ian McKellen), qui voit ce projet de loi d’un très mauvais œil. Suite à ce qu’il a subi durant la Shoah, Magnéto reconnait dans ces discours politiques les mêmes signes que l’antisémitisme qu’il a connu et craignant que l’Histoire ne se répète, décide de ne laisser aucune chance aux humains en adoptant une vision plus pessimiste et violente que son camarade. Charles Xavier (Patrick Stewart), quant à lui, milite à sa façon avec des mots et considère qu’une coexistence est possible entre mutants et humains. Les deux écoles s’affrontent ainsi et on assiste à une captivante dualité entre les deux vieux amis devenus ennemis. Une lutte qu’on a souvent comparé aux méthodes très différentes de Martin Luther King et Malcolm X pendant la bataille pour les droits civiques des afro-américains, l’un prônant un militantisme pacifique et l’autre considérant que la reconnaissance ne sera possible qu’à travers une politique plus violente.

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En opposition par rapport à un Superman ou un Spider-Man, le super-pouvoir est admis dans X-Men comme une tare physique dans une société peu tolérante, presque comme un handicap, qui enfermerait l’individu au lieu de lui élargir le champ des possibles. C’est le cas de Malicia (Anna Paquin) qui a la faculté d’infliger une douleur aiguë au moindre contact de sa peau, sa mutation est le reflet de sa puberté et c’est bien le problème pour une ado en pleine découverte de son corps. Avec Wolverine (Hugh Jackman), ce sont deux personnages brisés et accablés par leur don qui vont représenter l’enjeu principal de l’intrigue de manière fascinante. Malicia donne l’occasion d’exposer les failles derrière les griffes d’un Logan bourru et coriace alors qu’on se laisse rapidement séduire par l’interprétation au cordeau de Hugh Jackman. Petite révélation du long-métrage, tout un teasing est construit autour du personnage à travers un dosage bien pensé et un background passionnant (prémices d’une variation de Frankenstein) mais qui n’ira pas jusqu’à voler la vedette au reste de la troupe. Car n’ayant pas eu de budget suffisamment confortable pour se défouler niveau action, Singer a la bonne idée de privilégier le traitement de ses personnages en leur donnant la forme d’un cadre familial touchant. Excepté Tornade (Halle Berry) légèrement négligée et mise de côté, chacun a droit à sa petite scène qui décerne toute l’incarnation au personnage et une affection particulière : les chamailleries entre Logan et Scott, la romance naissante et discrète entre Jean et Logan ou la brève discussion entre le sénateur Kelly « muté » et une Tornade toute flippée. Le plus admirable restera probablement la performance de Patrick Stewart, qui attribue avec aisance au professeur Xavier une aura de patriarche plein de sagesse et de bonté et scelle le visage de l’authentique père, celui qui guidera une famille rejetée par le reste du monde.

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La plus grande des difficultés était sans doute d’apporter un souffle nouveau au super-hero movie à une époque où le genre n’a pas été le mieux servi mais Bryan Singer parvient à livrer une œuvre divertissante et bien aboutie. Que ce soit en termes de propos et de lecture (racisme, discrimination et politique), d’écriture, de mise en scène (le fameux jeu d’échecs final lourd de sens) ou encore de spectacle, via des scènes d’action qui commencent à prendre leurs marques en termes d’inventivité (particulièrement les scènes impliquant Mystique et son pouvoir de métamorphe) bien qu’un peu molles et assez courtes sur l’ensemble du film. Malgré quelques personnages lisses et agaçants (Crapaud et Dent de Sabre, pour ne citer qu’eux), le cadre esthétique et les icônes sont installés avec brio, la présentation de l’école et le décollage du X-Jet y figurant d’ailleurs parmi les séquences les plus mémorables et joliment aidés par la composition musicale de Michael Kamen. Les bases pour édifier une nouvelle saga sont plus que correctement installées et serviront à donner le ton et la direction à un X-Men 2, pas loin du modèle parfait du film de super-héros.

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Titre Original: X-MEN

Réalisé par: Bryan Singer

Casting :  Patrick Stewart, Ian McKellen, Hugh Jackman,

Anna Paquin, Halle Berry, James Marsden…

Genre: Fantastique, Science fiction, Thriller, Action

Sortie le: 16 août 2000

Distribué par: –

4 STARS EXCELLENTEXCELLENT

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