Critiques Cinéma

GREEN ROOM (Critique)

3,5 STARS TRES BIEN

SYNOPSIS: Après avoir assisté à un acte de violence horrible, un jeune groupe de punk rock se retrouve piégé dans un lieu isolé. Pour survivre, ils vont devoir lutter contre une bande de skinheads bien décidés à éliminer tous les témoins.

Deux ans après son passage à la Quinzaine des Réalisateurs avec l’excellent Blue Ruin (un film de vengeance bourrin, doté d’un humour noir piquant), le cinéaste américain Jeremy Saulnier est de retour au festival de Cannes avec Green Room, un thriller gore précédé d’un joli buzz critique à la suite de la première projection au théâtre croisette. Green Room met en scène un jeune groupe de punk rock qui se retrouve piégé dans une salle de concert isolée, assaillie par une bande de skinheads prêts à les massacrer. Green Room est un film transgenre (teen-movie/slasher, survival en huis-clos/film de siège, redneck thriller) efficace et plutôt malin sur certains points, mais un peu surévalué par la presse. S’il est en effet fun dans sa démesure – les décharges inattendues d’ultra violence devraient ravir les amateurs de grosse boucherie hardcore – ou encore à travers le personnage de bad guy néo-nazi interprété par un Patrick Stewart excellent (mais sous-exploité) et à contre-emploi total avec son look à la Walter White (Breaking Bad), le second long-métrage de Saulnier est à mille lieux du chef-d’œuvre de genre décrit ici et là. En fait, presque tous les personnages de Green Room sont vraiment débiles et cette caractérisation est souvent gênante. On comprend aisément l’intention initiale de Saulnier, qui utilise à bon escient un humour sarcastique jouissif dès les premières minutes pour définir ses « héros » assez finement et poser les enjeux du film. Des adulescents punks, gentiment rebelles, envoient bouler leur public néo-nazi sur scène à l’aide de punchlines provocantes, événement-déclencheur de ce qu’ils subiront ensuite, avec la dimension punitive propre au slasher que cela implique. Témoins involontaires d’un meurtre dans les loges de la salle de concert de ce bled pourri, ils seront en effet éliminés tour à tour par les tarés super vénères qui gèrent le bouge. L’idée est bonne, mais on a du mal à comprendre les agissements de certains protagonistes après cette ouverture. GREEN ROOM 1

Pourquoi une des victimes s’acharne-t-elle par exemple à vouloir sortir dehors alors qu’elle sait pertinemment que l’espace est envahi d’agresseurs barbares ? Pourquoi les ados enfermés se défendent-ils avec mollesse au début, comme s’ils s’en foutaient royalement de mourir ? Pourquoi Patrick Stewart, le patron du bistrot, choisit-il de se retirer avant d’avoir constaté le décès de tous ses gêneurs ? Pourquoi un des bourreaux change-t-il aussi subitement de camp ? La tension étouffante instaurée au début entre punks et néo-nazis est plutôt originale et bien vue, mais les comportements aberrants évoqués viennent en partie annihiler la crédibilité liée à cette opposition. Sans compter que le casting n’est pas toujours à la hauteur : Anton Yelchin et Imogen Poots assurent le job sans forcer, mais personne ne sort réellement du lot chez les autres membres de la bande de punks ou chez les ploucs.  Saulnier se rattrape heureusement par quelques bonnes idées scénaristiques (les pitbulls tueurs, l’homme de main qui passe l’aspirateur, le côté glauque et rebutant du lieu, avec ces murs remplis de graffitis nazis…) et lorsqu’il se lâche complètement dans la sauvagerie et les effusions d’hémoglobine, avec des mises à mort efficaces, à défaut d’être réellement inventives. Saulnier agit avec plaisir lorsqu’il dézingue ses personnages, la complicité avec le spectateur est évidente, et cela transparaît à l’écran. Dans Green Room, personne n’est à l’abri de crever salement – aussi bien dans le clan des punks que chez les skins – ceux qui survivent perdent leur innocence (évolution logique des teens dans le teen-movie). La mise en scène est par ailleurs satisfaisante sans toutefois briller de mille feux : les espaces ne sont pas toujours bien gérés (la cave notamment), la caméra est parfois mal placée, mais Saulnier fait tout de même preuve d’ingéniosité sur d’autres plans (sens du rythme, utilisation du ralenti et montage sonore notamment), et finit par convaincre. Avec Green Room, Jeremy Saulnier réalise un film de genre plaisant mais pas franchement inoubliable. Mais ne mentons pas : le plaisir de trouver ce type d’œuvre au Festival de Cannes est là, et c’est en soi déjà pas mal.

Titre Original: GREEN ROOM

Réalisé par: Jeremy Saulnier

Casting: Patrick Stewart, Anton Yelchin, Imogen Poots,

Mark Webber, Joe Cole, Macon Blair…

Genre: Thriller, Action

Sortie le: 27 avril 2016

Distribué par: The Jokers / Bac Films

3,5 STARS TRES BIENTRÈS BIEN

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