Critiques Cinéma

LOST RIVER (Critique)

CANNES 2014 AFFICHE MINI

un-certain-regard2014

3,5 STARS TRES BIEN

lost river affiche

Le tweet de sortie de projo:

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SYNOPSIS: Dans une ville qui se meurt, Billy, mère célibataire de deux enfants, est entraînée peu à peu dans les bas-fonds d’un monde sombre et macabre, pendant que Bones, son fils aîné, découvre une route secrète menant à une cité engloutie. Billy et son fils devront aller jusqu’au bout pour que leur famille s’en sorte.

Qui l’eût cru ? Ryan Gosling qui enfile la casquette de réalisateur pour les besoins de Lost River, un premier film étonnant en forme d’hommage au giallo, projeté au festival de Cannes section Un Certain Regard. Si l’acteur canadien a largement prouvé qu’il était bien plus qu’une belle gueule de cover boy en prêtant ses traits à des personnages complexes et extrêmes dans des films diversifiés, le metteur en scène a encore tout à démontrer. Lost River a rassemblé les foules, mais a nul doute, divisé la croisette. Forcément attendu au tournant, à l’instar d’un autre it-boy de sa génération en décembre dernier (Joseph Gordon-Levitt, Don Jon), la star de la bombe Drive ne démérite pourtant pas en livrant une première œuvre intéressante, ultra-référencée et prometteuse pour la suite, à défaut d’être véritablement concluante.

lost river 1Rien à redire sur la forme : Ryan Gosling possède une certaine sensibilité, ainsi qu’une maîtrise incroyable des couleurs (merci Benoît Debie, le directeur photo attitré de Gaspar Noé et tout juste auréolé de son superbe travail sur Spring Breakers, ceci explique cela), des espaces (les décombres de Détroit, ville symbole de la crise économique) et de l’imaginaire (un monde cauchemardesque, hanté par des spectres). On est ainsi subjugué face à l’esthétique visuelle de Lost River, qui offre plusieurs beaux morceaux (toutes les scènes au cabaret) et des images hypnotisantes à la pelle (la maison en flammes, la limousine décapotable surmontée d’un siège en velours…) Donnons également du crédit à Gosling pour avoir sélectionné avec élégance et intelligence le musicien Johnny Jewel, membre du groupe Glass Candy, pour composer l’excellente et envoûtante bande-son du film. Jewel participe grandement à créer l’ambiance si singulière de Lost River. Bénéfices enfin du côté des inspirations de Ryan Gosling, s’agissant du domaine cinématographique : l’influence de Nicolas Winding Refn est partout (logique!), des néons Driviens et Only God Forgivesiens à la mise en scène atmosphérique, en passant par l’ultra-stylisation de la violence. Derek Cianfrance (Blue Valentine, The Place Beyond The Pines) est là lui aussi, avec le côté pictural de la lower-class à travers le personnage de Hendricks, mère célibataire qui se bat pour continuer à élever ses deux enfants.

lost river 2Deux metteurs en scène pour qui Gosling a roulé et qu’il a manifestement longuement observé sur les tournages. Plus surprenantes sont les références à David Lynch et à Dario Argento, deux cinéastes cultes, à la patte artistique unique (une ambiance identifiable entre milles). Ryan Gosling a révisé ses classiques (Bue Velvet, Mulholland Drive, Suspiria) et rend gracieusement hommage aux deux hommes avec une multitude de clins d’œil et de plans volés. Enfin, notons que Guillermo del Toro est également remercié au générique de fin : partage de la passion pour les créatures, les fantômes et les monstres sans doute. Seulement voilà, Lost River est tellement truffé de références qu’il en perd parfois sa propre identité, quoique on retrouve ici et là quelques obsessions de l’artiste (il n’y a qu’à observer les clips et le visuel de son groupe musical Dead Man’s Bones pour s’en convaincre). La mise en scène, particulièrement brillante, est en revanche franchement plombée par un scénario qui manque de profondeur, de cohérence et de force. Avouons-le, on a même parfois du mal à suivre l’acteur – réalisateur dans ses envolées oniriques et comprendre où est-ce qu’il veut en venir, même si les bonnes idées foisonnent (la peur primitive du gamin qui cherche un monstre sous le lit ou les visions fantasmagoriques qui cohabitent avec le réalisme social par exemple). C’est dans le story-telling que le bât blesse en fait : la progression narrative est maîgrichonne, les personnages sont des archétypes, le message de fond peu clair.

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Côté casting, Gosling a convoqué plusieurs de ses ex-partenaires – Christina Hendricks campe avec métier une mère au bout du rouleau mais courageuse, Eva Mendès s’amuse comme une folle à se faire faussement poignardée dans des numéros macabres, Ben Mendelsohn est performant en banquier pervers – mais aussi quelques nouveaux visages : Saoirse Ronan est touchante, comme à son habitude, en jeune ado inquiète pour son petit ami, interprété par un Iain De Caestecker excellent. Enfin, Matt Smith incarne avec brio un Bully flippant et fou. Pour son premier passage derrière la caméra, Ryan Gosling impressionne davantage sur le plan formel (éclairages, BO, images) que pour son scénario, torturé et sinueux, en forme de conte noir surréaliste. Mais ne faisons pas les fines bouches, pour un premier essai, c’est déjà pas mal.

lost river affiche

Titre Original: LOST RIVER

Réalisé par: RYAN GOSLING

Casting: Christina Hendricks, Eva Mendès, Ben Mendelsohn,

 Saoirse RonanIain De Caestecker Matt Smith

Genre: Thriller, Fantastique

Sortie le: 08 avril 2015

Distribué par : The Jokers/Le Pacte

3,5 STARS TRES BIENTRÈS BIEN

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