Les kifs de Cliff

Tip/Top (Classement) Les Kifs de Cliff (Guest: MoovyMemory[Z])

Une sélection de films choisie par la rédaction ou un invité et ce afin de construire un top sans début ni fin, sans hiérarchie, dicté uniquement par l’envie et permettant de livrer en vrac les plaisirs coupables ou non qui ont forgés notre cinéphilie. Forcément subjectifs et ne reflétant qu’une vision parcellaire et personnelle, l’exercice du classement est souvent l’occasion de confrontations enflammées entre cinéphiles. Entre les pour et les contre, les absences inexcusables, les oublis ou le choix de certains titres qui feront hurler les puristes, chacun a son avis, souvent bien tranché… Voici mes kifs, nos kifs,  que nous livrons à la vindicte populaire…

Dans cet épisode:

LES KIFS DE CLIFF

 EPISODE 8

SPECIAL GUEST-STAR : MoovyMemory[Z]
moov
Moi c’est Joël. Cinéphile compulsif dans les années 80, j’ai gardé de cette période l’amour du cinoche sous toutes ces formes. Toujours à la recherche de la pépite cinématographique que personne n’a vu. Parle cinoche, pop-corn et esquimaux glacés chez www.moovymemoryz. Mais vous pouvez aussi me suivre sur Twitter @JoelCrest

Il y a des jours… et des lunes

(1990) Claude Lelouch

IL Y A DES JOUES ET DES LUNES

SYNOPSIS: De l’influence de la lune sur quelques personnages pour ce trente et unième film, tourné en trente et un jours pour les trente ans des Films 13. « Une histoire d’amour entre le quotidien et l’irrationnel ». Il y a des jours… et des lunes commence avec la séance c’est-a-dire un court metrage de treize minutes intitulé Un coup de foudre normand, suivi d’une minute de publicité et du film lui-même.

Le saviez-vous ? Lors de sa sortie en salle, ce film était présenté après une publicité pour une grande marque de voiture ainsi qu’un court métrage sous forme de documentaire présentant les amours naissantes d’un jeune couple. Et comme Lelouch ne fait rien par hasard, le tournage de la publicité en question était présenté dans une scène du film. De même, les amoureux du documentaire (le jeune homme étant interprété par un Jacques Gamblin alors inconnu) faisaient une apparition alors que leur couple connaissait des difficultés. En dehors de ce savoir inutile, Il y a des jours et des lunes est un film-synthèse de tout le cinéma de Lelouch : on y parle d’amour, de séparation, du temps qui passe et jamais ne reviens, de liens entre les hommes et aussi du changement d’heure. Message personnel à tous ceux qui ne savent jamais quoi faire de leur réveil lors du passage à l’heure d’été : écoutez attentivement le prologue du film interprété face caméra par Paul Preboist et vous saurez alors que ce jour-là, on perd une heure.

Tandem

(1987) Patrice Leconte

TANDEM

SYNOPSIS: Rien moins que vingt-cinq ans que Rivetot s’occupe de l’intendance, celle de Mortez, la star de « la Langue au chat », jeu radiophonique. Cela fait des années que Rivetot les conduit sur la route de ville en ville dans un éternel break Ford, des années qu’ils prennent une chambre a deux lits dans des hôtels miteux, des années que Rivetot porte les valises, installe les micros, les câbles, sélectionne les candidats, chauffe la foule. Et quand Rivetot apprend que « la Langue au chat » va etre supprimée, il n’en dit mot a Mortez. Que faire?

La première incursion de Patrice Leconte dans le genre tragi-comique est un coup de maître. Prenez deux acteurs de comédie, transformez-les en VRP radiophoniques sillonnant la France profonde, saupoudrez de mindfuck (apparition de chien rouge, de lanceurs de vélo par dessus les ponts autoroutiers et de théories démentes sur les chiffres du compteur kilométrique) et nappez le tout de la voix rocailleuse de Richard Cocciante. Plus qu’à déguster ! Bon appétit !

Le magnifique

(1973) Philippe De Broca

LE MAGNIFIQUE

SYNOPSIS : Un modeste écrivain tente d’achever le dernier épisode des extraordinaires aventures du héros qu’il a créé, celui d’un agent secret invincible, en prêtant à ses personnages les traits de ceux qu’il côtoie dans la réalité.

Choisir un seul Belmondo/De Broca, c’est déchirant. On hésite, on revient en arrière. On aimerait bien caser le sous-estimé L’incorrigible (Julien Guiomar y tient son meilleur rôle). Mais finalement, à tout prendre, c’est Le magnifique qui l’emporte. Bébél s’en donne à cœur joie dans ses deux registres de prédilection : le “tagadac-boumboum” pour les scènes imaginées par l’écrivain François Merlin ; la comédie pure pour décrire le quotidien du susnommé Merlin aux prises avec un électricien gêneur ou encore une machine à écrire récalcitrante. A noter que Philippe De Broca fait une courte apparition dans un rôle de plombier. Bref, François Merlin ou Bob Saint-Clair ? On ne choisit pas : on prend les deux !

Subway

(1985) Luc Besson

subway

SYNOPSIS: Après avoir dérobé des documents compromettants, un homme se réfugié dans l’univers fascinant et agité du métro parisien. Une impitoyable chasse à l’homme s’organise au cours de laquelle d’étranges liens se tissent entre le cambrioleur et sa victime.

Si Le Grand Bleu a été le déclencheur, la cocotte-minute Besson sifflait déjà à plein régime avec ce second long métrage (après Le Dernier Combat). Et déjà, le cinéaste déclenchait des polémiques : il y avait ceux qui prétendaient que le scénario était creux, que Subway était un immense clip esthétisant, se demandant que venait faire Isabelle Adjani dans cette affaire. Et puis il y avait les autres, ceux qui savaient que l’histoire se suffisait à elle-même, que Michel Galabru interprétait un rôle à sa démesure et que Jean-Pierre Bacri (l’inspecteur Batman !) montrait déjà des signes de talents évidents. A voir et revoir pour ceux qui ont oublié que Besson est un très grand cinéaste.

37°2 Le matin

(1986) Jean-Jacques Beinex

betty_blue

SYNOPSIS : Zorg, trente-cinq ans, commence à avoir une certaine expérience de la vie, il est revenu de beaucoup de choses et s’apprête à souffler un peu. C’est ce moment que choisit Betty pour débarquer avec ses valises, son coeur en « skai mauve » et même pas un ticket de train…

J’ai hésité à évoquer celui-ci, tant son rayonnement au panthéon des années 80 me paraît évident. Beineix adapte un roman de Philippe Djian (je vous invite à lire Maudit manège, superbe suite de 37°2 [NDCliffhanger: Il faut lire TOUT Djian]) : les mots de Djian en voix-off en guise d’introduction, des bungalows sur la plage, et puis Zorg, et puis Betty. La version longue apporte encore plus de force au récit et aux personnages secondaires. Jean-Jacques Beineix n’a jamais fait mieux depuis.

A suivre…

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5 réponses »

  1. Très bonne idée de prendre des films français. Par contre, question pour mes aînés: vous pensez faire partie d’une « génération » Subway, film qui ne touche pas du tout la génération Y?

    • Pour ma part, je ne me sens pas faire partie de la « génération Subway »! A mon sens, mais je peux me tromper, Besson a fédéré les jeunes gens au milieu des années 80 avec une esthétique très pub et léchée, mais c’est plus Le grand Bleu qui a fait figure de film générationnel. Perso, ce sont des films que j’aimais beaucoup mais qui ne me donnaient aucun sentiment d’appartenance. Un monde sans pitié de Rochant m’a plus conféré ce sentiment, avec des dialogues et une interprétation en prise directe avec la vie et la jeunesse de l’époque, et finalement pas très éloignée de celle de maintenant: Désenchantée et paumée!

  2. Personnellement, je me suis plus senti attiré par l’univers décrit dans Subway, à la fois interlope et onirique, que celui humide et soulant du Grand bleu…
    Quant à Rochant, n’oublions pas qu’il a tourné Total Western, un des polars les plus barrés qui soient ^^

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