ENTRETIENS

TABLE RONDE AVEC ALEXANDER PAYNE (Entretien) « Je crois au cinéma… »

Le nouveau film de Alexander Payne, Nebraska, est dans les salles depuis le 2 avril. Tournée en noir et blanc, cette comédie dramatique qui a valu à Bruce Dern le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes en mai 2013 est un vrai petit bijou (Critique du film ici) . De passage à Paris il y a quelques jours pour la promotion de son film, le réalisateur, originaire du Nebraska, s’est prêté avec gentillesse aux questions réponses autour d’une table ronde qui réunissait quelques blogueurs, dont votre serviteur.

rencontre alexander payne 1

C’est dans un hôtel de luxe parisien, niché au cœur de la capitale que le réalisateur de The Descendants nous reçoit. Il semble décontracté et sympathique, malgré certaines réponses courtes et sèches qui peuvent décontenancer…jusqu’à ce qu’il reprenne le fil de sa pensée et finisse après réflexion par développer sa réponse dans un sourire alors que vous cherchiez frénétiquement la question suivante à poser. Alexander Payne n’hésite pas à rompre avec la promotion habituelle et la langue de bois de nombre de ses confrères. A la question de savoir si le film était dès le départ prévu pour être tourné en noir et blanc il répond par l’affirmative et précise que le scénario de Bob Nelson de par son austérité ainsi que la caractérisation des personnages induisait cette façon de filmer. Pour le réalisateur, le noir et blanc est à la fois plus beau mais également universel. Lorsqu’on lui fait remarquer qu’il est justement originaire de cet état et qu’on lui demande si cela a été une source d’inspiration pour le film, il explique qu’il n’a pour une fois pas écrit le script mais qu’il est connu comme un metteur en scène originaire de cette région et qu’il accepte cet état de fait. Pour Nebraska, Alexander Payne nous confie que Bruce Dern était attaché au projet dès le début et que le seul autre comédien qu’il aurait pu envisager pour le rôle était Gene Hackman, mais que ce dernier étant retraité, Bruce Dern s’est naturellement imposé. En parlant de June Squibb, il nous rappelle qu’elle jouait déjà dans Monsieur Schmidt dans lequel elle interprétait la femme de Jack Nicholson et qu’elle est une professionnelle exemplaire. Pour la savoureuse scène du cimetière, et alors qu’elle doit prononcer des dialogues assez crus, le réalisateur nous confie qu’elle a été tournée seulement au troisième jour de tournage et que les comédiens n’étaient pas encore très complices. Lorsqu’on lui pose la question des souvenirs qu’il conserve de la présentation du film à Cannes, il insiste sur le plaisir de voir comment Bruce Dern était heureux et comment sa fille l’était pour lui et qu’il aime beaucoup le festival de Cannes.

nebraska affiche

Si on lui demande ce qu’il pense de l’évolution de la carrière de Shailene Woodley qu’il dirigeait dans The Descendants, il répond qu’elle est une actrice formidable et pleine de talent et qu’il est heureux pour elle. En ce qui concerne le cinéma en général, il confie avoir adoré Amour et Ida qu’il considère comme des Masterpiece et dit avoir été surpris d’apprécier Intouchables qu’il craignait d’être trop commercial pour lui mais qu’il a aimé. A la question de savoir s’il souhaiterait comme de nombreux réalisateurs développer des séries télé, il répond sans ambages que non, qu’il aime les films, même s’il y a plus de liberté et d’argent à la télévision mais qu’il croit au cinéma. Il confie néanmoins aimer des séries comme Breaking bad qu’il trouve miraculeuse ou The Killing et indique dans un sourire que sa mère aime Downton Abbey. En ce qui concerne ses futurs projets, il nous dit travailler sur un nouveau scénario mais qu’il ne peut en dire plus pour le moment et précise ne pas penser à un comédien en particulier lorsqu’il écrit. The Judge’s Will est bien un de ses projets à venir, basé sur un article de Ruth Prawer Jhabvla qui se passe en Inde mais qu’il va transposer aux Etats-Unis. Lorsqu’on lui demande s’il a des rêves de cinéma, le metteur en scène nous dit qu’il espère réussir un jour un bon film et pourquoi pas réaliser un western par exemple. A la question de savoir quels réalisateurs l’inspire,  il avoue son admiration pour des cinéastes aussi différents que Kurosawa, Hal Hashby, Luis Buñuel, Ernst Lubitsch. En lui rappelant son travail sur Jurassic Park 3, il nous précise que en 4 semaines, il a gagné plus d’argent qu’en réalisant trois films et conclue que les séries B d’antan n’existent plus et que ce sont désormais les films comme Nebraska qui sont définis ainsi.

RENCONTRE ALEXANDER PAYNE 4

Remerciements à Claire Chevalier de Cinefriends, Diaphana Distribution ainsi qu’aux autres blogueurs participants : Cloneweb, Salles Obscures, Evene

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s