Critiques Cinéma

ALABAMA MONROE (Critique)

5 STARS CHEF D'OEUVRE

ALABAMA MONROE AFFICHE

Le tweet de sortie de projo:

tweet alabama monroe

SYNOPSIS: Didier et Élise vivent une histoire d’amour passionnée et rythmée par la musique. Lui, joue du banjo dans un groupe de Bluegrass Country et vénère l’Amérique. Elle, tient un salon de tatouage et chante dans le groupe de Didier. De leur union fusionnelle naît une fille, Maybelle…

Parfois le cinéma accouche de moments de grâce qui vous terrassent d’émotion et vous laisse sur votre siège, exsangue, broyé par la force des sentiments que l’écran a renvoyée et que vous n’attendiez pas forcément. C’est le cas avec Alabama Monroe, le quatrième film du belge Felix Van Groeningen, remarqué par chez nous avec son précédent long métrage La merditude des choses et qui revient ici avec ni plus, ni moins qu’un film magnifique, une merveille esthétique et acoustique qui vous vrille le coeur, l’âme et le corps tout entier. Non seulement, c’est beau et c’est triste, mais ça respire la vie, ça aime, ça baise, ça rigole, le tout amplifié par un montage d’une finesse remarquable et par deux comédiens qui entrent instantanément dans l’Histoire du cinéma comme couple majeur d’un film admirable. Et encore, si tout cela ne suffisait pas à nous convaincre, Alabama Monroe peut se targuer de la plus belle des bandes originales entendues depuis longtemps, une musique bluegrass absolument emballante, œuvre du groupe belge The Broken Circle Breakdown Bluegrass Band dont le leader est l’acteur principal du film, Johan Heldenbergh, également co-auteur de la pièce dont est adaptée le film.

ALABAMA MONROE 1

L’une des grandes forces de Alabama Monroe, c’est de ne jamais céder aux sirènes du pathos qui lui tendaient bien grand les bras, mais au contraire, même si le récit est d’une tristesse infinie, de ne jamais s’y complaire et de toujours faire triompher l’amour et la vie. Alabama Monroe c’est une histoire d’amour à trois, tout d’abord entre Elise et Didier mus par une passion brulante, dévorante, un amour inconditionnel, puis entre Elise et Didier et la petite fille qui va naitre de leur amour: Maybelle. Lorsque Maybelle tombe malade c’est tout l’échiquier amoureux qui change et forcément les sentiments se déplacent, les reproches se font jour, la détresse laisse place à l’espoir qui s’efface derrière le doute. Tout cela au milieu des accords déchirants de la musique blugrass dont les notes confèrent au déluge de sentiments qui nous secoue un vibrato plus fort encore.

ALABAMA MONROE 3

Traversé de séquences alternant moments heureux et dramatiques par le biais d’un astucieux montage qui privilégie une narration éclatée à la continuité, le tout avec une telle fluidité que jamais le spectateur ne se sentira perdu, Alabama Monroe est une mécanique de précision et d’intelligence. Car cette déconstruction de la narration fait  résonner chaque moment avec encore plus d’intensité. La réalisation de Felix Van Groeningen ainsi que la multiplicité des thématiques abordées, l’interprétation fiévreuse de Johan Heldenbergh et de Veerle Baetens, tout cela concourt à ce que le film soit un véritable condensé de vie et d’émotions. Magnifique poème déchirant, c’est aussi à l’image de la myriade de tatouages qui recouvre le corps d’Elise, un shoot multicolore qui ravit nos pupilles et qui nous raconte plus encore l’évolution des personnages et leur histoire. Alabama Monroe flatte tous nos sens sans jamais s’abaisser à vouloir nous tirer les larmes de force, bien aidé en cela par la musique, qui désamorce par son engouement l’étau qui enserre nos gorges.

ALABAMA MONROE 2

Tout cela marche magnifiquement, grâce, on l’a dit, à un duo de comédiens merveilleux qui déborde de fougue, de sensibilité, de sensualité et qui, par l’intensité de leur interprétation, parviennent à déverser un torrent de sentiments qui transpire de l’écran. Alabama Monroe est d’une délicatesse inouïe tout en étant également d’une crudité infinie. Sans tamiser les ravages que la maladie occasionnent sur Maybelle mais en sachant garder une pudeur de chaque instant, Felix Van Groeningen réussit à conserver le délicat équilibre qu’il a mis en place dès le début de son histoire. De la même manière, rien n’est passé sous silence des difficultés que le couple finit par traverser, mais si le film est souvent très éprouvant, il charrie tellement de sensations différentes qu’il s’avère bien difficile de résister à ce bouillonnement de vie et d’amour. Empreint de moments magiques, d’images magnifiées par une lumière splendide, Alabama Monroe est un choc immanquable plein de douceur et de mélodies qui restent en mémoire et comme la musique adoucit les mœurs, ne passez pas à côté de ce petit bijou!

ALABAMA MONROE AFFICHE MINITitre Original : THE BROKEN CIRCLE BREAKDOWN

Réalisé par: Felix Van Groeningen

Casting: Johan Heldenbergh, Veerle Baetens

Nell Cattrysse

Genre: Drame

Sortie le: 28 Août 2013

Distribué par : Bodega Films/Help! Distribution

5 STARS CHEF D'OEUVRE

 CHEF-D’OEUVRE

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4 réponses »

  1. ah ben voilà un film que je veux absolument voir et que…je ne verrai pas. Ben oui, Dreux, non mais Dreux, quoi. La ville où seuls les blockbusters sortent en salle. Fin bref, je porte déjà au pinacle des films comme The fabulous Baker Boys ou Once, alors, un autre film d’amour sur fond musical ne peut que me tenter ! vivement le br !!!!

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